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Voici le résumé du livre fait par le logiciel "Summarizer"
Jetez un coup d'oeil avant de télécharger pour voir, en le feuilletant, s'il y a des choses qui vous intéressent.
Concepts:
suggestopédie, Lozanov, suggestion,
parapsychologie, apprentissage, expression, mémoire, ensuite, enseignement,
conscience, guérisons, seulement, étudiants, réaction, enfants.
Énoncés:
Imaginez une grande salle claire presque
carrée.
Au mur, des affiches montrent des paysages de Finlande, de Suisse
ou d'Afrique.
Devant vous, pour tout mobilier, une douzaine de fauteuils
de relaxation sont organisés en cercle.
Vous vous retournez : encadré par
deux enceintes acoustiques, un tableau noir, ou plutôt vert sombre, trône au
milieu du mur, un peu comme à l'école.
Pourtant cela ne peut pas être une
école : il n'y a ni pupitre, ni chaise.
D'ailleurs des personnes entrent
maintenant dans la salle : des hommes, des femmes de tous âges, ils s'assoient
et bavardent avec bonne humeur.
Vous êtes dans un centre de
suggestopédie, au coeur d'une des plus passionnantes aventures qu'il ait été
donné à l'homme de connaître : la conquête de son cerveau.
La
suggestopédie est une méthode d'enseignement qui permet d'accroître tout
apprentissage dans des proportions inconnues jusqu'alors.
Basée sur la
mobilisation des réserves cérébrales inutilisées, elle met en oeuvre des moyens
très originaux, comme l'expression artistique, l'écoute de la musique ou le
chuchotement.
Révélée par le livre de Sheila Ostrander et Lynn Schroeder,
"Prodigieuses découvertes parapsychiques en U.R.S.S.", cette méthode a suscité
un intérêt immense à travers le monde.
Des entreprises commerciales, des
individus ont dépensé des sommes colossales en voyages pour visiter le centre de
Sofia, en Bulgarie, où la méthode a été mise au point.
L'inondation de
visiteurs a été telle que le gouvernement bulgare a pris des mesures
draconiennes pour l'arrêter.
Des milliers de lettres venant du monde
entier parviennent au centre et restent, le plus souvent, sans
réponse.
Des congrès, des conférences ont été organisés sur le
sujet.
Des articles (le plus souvent erronés ou incomplets), des
chapitres de livre y ont été consacrés.
Il y a finalement très peu
d'informations sur ce qui se passe dans cette salle de
suggestopédie.
Pourtant, dans quelques minutes, vous saurez ce qui s'y
passe, et vous en saurez plus sur la méthode que n'importe lequel des
participants qui en bénéficient.
Lorsque le Docteur Georgi Lozanov,
psychothérapeute et parapsychologue bulgare, de renon, commença à s'intéresser à
un phénomène paranormal : l'hypermnésie, exaltation de la mémoire survenant
fréquemment dans des cas pathologiques ou des situations exceptionnelles, comme
l'approche de la mort.
temps d'apprendre un poème avant de retourner en
classe.
Le Dr Lozanov ajouta, au suggestions classiques, des suggestions
concernant sa mémoire.
L'étudiant revint le lendemain, stupéfié par ce
qui venait de lui arriver : il avait pu réciter tout le poème sans faute, après
l'avoir entendu une seule fois!
L'hypermnésie l'intéressait d'ailleurs
d'autant plus qu'il avait eu l'occasion de provoquer sous hypnose une forme
particulière d'hypermnésie : la régression, qui permet de faire ressurgir de sa
mémoire les souvenirs les plus profondément enfouis et de les exprimer
verbalement et même physiquement.
Georgi Lozanov, pour en savoir plus sur
ces phénomènes hypermnésiques, étudie le cas de plusieurs personnes douées d'une
mémoire prodigieuse, et notamment de yogis.
Ses premières constatations
sont étonnantes : l'hypermnésie ne serait pas un don réservé à certains, mais
pourrait se développer en chacun.
De là, ses travaux et sa
méthode.
La suggestopédie : entretien avec Gabriel Râcle Christian
Godefroy - Gabriel Râcle, qui êtes-vous?
Gabriel Râcle - Je suis
directeur des programmes de suggestopédie à la commission de la fonction
publique du Canada.
J'étais auparavant chargé de tous les programmes
d'enseignement du français à la commission de la fonction publique.
J'ai
eu l'occasion d'aller à Sofia, à l'institut de suggestologie avec deux
collègues, étudier sur place la méthode du Dr Lozanov, travailler avec lui,
enseigner le français à des bulgares avec la méthode suggestopédique à titre
d'expérience.
développement d'un programme qui soit adapté aux conditions
spécifiques qui sont les nôtres au Canada, avec nos problèmes de
bilinguisme.
C.G. Qui a eu l'idée d'introduire la méthode Lozanov au
Canada?
G.R. Eh bien c'est un peu un concours de circonstances: le
directeur général d'un service voisin, qui s'appelle le bureau de
perfectionnement du personnel, qui s'occupe de formation professionnelle a
entendu parler de cette méthode, a eu des contacts.
Il a réussi à
susciter l'intérêt du Dr Lozanov lorsqu'il est venu aux Etats-Unis.
Il a
réussi à le rencontrer et à l'intéresser pour une participation du Canada à la
suggestopédie.
Et après des négociations assez longues, il a été possible
d'aller sur place, de travailler.
C.G. On a dit que le gouvernement
canadien avait déjà dépensé un million de dollars pour cette expérience et que
le coût par enseignement était entre 5.000 et 30.000 $.
G.R. Jusqu'à
présent on a pas établi de coût du programme.
Il est bien difficile
d'évaluer les coûts, d'autre part il a été nécessaire de créer tout au départ,
donc il est normal qu'il faille un certain investissement, qui se rentabilise au
fur et à mesure, dès qu'on élargit l'utilisation du matériel mis au
point.
Dr Lozanov lorsque je l'ai vu à Paris, sa réponse a été : "Oui, en
effet, je connais certains textes, comme ceux de Jane Bancroft, où est-elle
allée chercher cela ?"
Les techniques de yoga ne font pas partie de
l'enseignement suggestopédique à Sofia.
Elles n'y étaient pas en 1972
lorsque j'y suis allé pour la première fois, et ensuite en 1974 et 1975 lorsque
j'y suis retourné.
Le Dr Lozanov a fait des expériences avec des
techniques de yoga et il en est arrivé à la conclusion que l'état de réceptivité
psychologique que l'on pouvait obtenir avec les formes supérieures de yoga
(elles sont d'ailleurs à distinguer de la décontraction musculaire) pouvait
également être obtenu tout simplement par une approche suggestopédique sans
s'embarrasser de techniques spécifiques.
C.G. En pourcentage, par rapport
aux méthodes traditionnelles, quelles améliorations de résultats
enregistrez-vous?
G.R. C'est difficile à évaluer en termes de
pourcentage.
D'autre part le Dr Lozanov s'est aperçu que tout ce qui est
artistique a une influence émotionnelle considérable.
On reçoit
énormément de signaux émotionnels de l'environnement artistique.
La
suggestion non-verbale est bien plus importante qu'on ne le croit C.G. Comment
situez-vous la suggestologie par rapport aux lois classiques de la
suggestion?
Au lieu de fouiller dans les 4 %, où il y a des problèmes, il
développe tout un champ nouveau, et par là-même, tire la personne du contexte du
cercle vicieux dans lequel elle pouvait se trouver.
G.R. Je vais vous
citer un exemple.
En 1974 on avait une étudiante dans un cours de
français.
Quelques temps après, j'ai rencontré son patron qui me dit "Ah
c'est vous qui utilisez cette méthode qui vient de Hongrie!".
"C'est
vous, eh bien il y a une de mes employées qui a suivi ça chez vous : qu'est-ce
que vous lui avez fait ?"
"Qu'est-ce que vous voulez dire par là
?"
- "Voici : cette personne était non seulement extrêmement agressive
vis-à-vis des canadiens d'expression française, mais aussi extrêmement
désagréable avec ses collègues".
(A cette époque les étudiants
travaillaient 3 h le matin, retournaient travailler au bureau
l'après-midi).
Ses collègues se sont dit, en la voyant changer : qu'estce
qui se passe?
Et à la fin lorsqu'elle est revenue elle était aimable avec
tout le monde, sans complexes etc.
Il me disait "Qu'est-ce qu'on lui a
fait ?"
Je lui ai répondu : "On lui a simplement appris le français",
mais ce faisant, des complexes d'infériorité qu'elle avait - souvent
l'agressivité et une extraversion d'un problème - tout a disparu dans ce
processus d'apprentissage.
Elle s'est sentie bien, épanouie,
valorisée.
Sa créativité a été mise à contribution et finalement,
inconsciemment, elle a eu la perception qu'elle était une personne tout à fait
valable, elle se sentait valorisée, et à ce moment là, ce n'était plus la peine
d'attaquer les autres.
C.G. C'est cet aspect là qui est presque le plus
intéressant.
traitements, des guérisons d'ulcères d'estomac, de maux de
tête, de troubles psychosomatiques, qui sont guéris non pas en les attaquant de
front, jamais.
On n'en parle pas ; mais en apprenant une langue, par
exemple.
C'est en ce faisant que le problème disparaît.
C.G. Le
simple fait d'éliminer les complexes d'infériorité, de prendre conscience des
valeurs positives, créativité, de se libérer des conditionnements négatifs, cela
entraîne une plus grande confiance en soi et par là même, la libération de
complexes.
Si ces derniers se sont somatisées sous forme de maux de tête
etc., ils disparaissent.
C.G. A propos d'hypermnésie, votre méthode
développe principalement la mémoire auditive.
Comporte-t-elle aussi des
moyens pour développer la mémoire visuelle?
G.R. La mémoire visuelle se
trouve utilisée parce que les étudiants qui apprennent le français ont à leur
disposition des textes qui sont utilisés à certains moments, dans certaines
phases de lecture, ce qui fait que là encore, l'apport de la mémoire visuelle
est joint à l'apport de la mémoire auditive.
Dans certaines phases, on
cumule les deux processus : en même temps que l'étudiant entend une lecture avec
intonation particulière, il lit son texte et les deux mémoires se cumulent pour
faciliter la rétention des matériaux qui sont présentés.
C.G. Il paraît
que le développement des facultés de visualisation, d'imagination est très
important dans votre méthode.
G.R. On n'entraîne pas, en fait,
particulièrement les étudiants à faire ceci ou à faire cela.
On leur
propose énormément d'activités qui font appel à leur imagination, à leur
créativité, à leur sensibilité, qui les accrochent à un niveau émotionnel parce
qu'ils sont intéressés.
Ils exprimeront ainsi un message, un comportement
en communiquant et ce faisant, ils vont utiliser la langue qu'ils apprennent,
leur outil.
communiquer, le problème à résoudre, le concours à
gagner...
c'est l'activité qui doit jouer.
C.G. Tout cela ne vient
donc qu'entraîné par la motivation principale.
G.R. Bien sûr, cela a un
effet sur l'étudiant parce qu'il peut amener tout ce qu'il veut, il est même
poussé par le groupe, par l'environnement, par la situation dans laquelle il se
trouve, à développer son imagination, proposer des choses qui sortent de
l'ordinaire, à se valoriser de cette manière-là.
Des améliorations
psychosomatiques spectaculaires C.G. De quelle façon la suggestopédie
affecte-t-elle la santé des étudiants?
G.R. Le Dr Lozanov a fait beaucoup
d'expériences et de mesures dans ce secteur là : questionnaires etc...
Et
il a constaté que la suggestopédie avait une influence pour guérir des troubles
psychosomatiques : maux de tête, crampes d'estomac, états d'angoisse, d'anxiété,
états d'agressivité etc...
Et d'après lui, c'est un critère
important.
G.R. D'abord on ne peut pas s'occuper d'enseignement sans
s'intéresser au développement personnel, c'est une première chose.
La
partie la plus intéressante des cours suggestopédiques n'est peut-être pas
seulement l'assimilation de nouvelles connaissances -linguistiques par exemple-
mais ce sont les effets secondaires de la méthode sur le développement de la
personnalité : l'intérêt, la motivation ...
G.R. Evidemment la
suggestologie apporterait certainement des éléments qui pourraient être utilisés
en publicité.
D'un autre côté, une meilleure connaissance de ce que sont
ces moyens de suggestion inconsciente amènerait sans doute les gens auxquels la
publicité s'adresse à réagir d'une manière beaucoup plus consciente, et à moins
se laisser prendre à certains pièges publicitaires.
Il a d'abord utilisé
les données de la suggestologie pour des traitements thérapeutiques.
Il
devait utiliser le chuchotement comme méthode persuasive, qui lui permettait de
passer certaines suggestions, certains messages sans recourir à
l'hypnose.
Il ne faut pas confondre suggestopédie et hypnose C.G. Quelles
sont vos impressions sur le premier congrès international d'hypnopédie auquel
nous avons assisté ensemble?
La distinction n'est pas clairement faite
dans l'esprit de tout le monde.
Et quant à la sophrologie, elle me semble
diverger avec chaque individu qui la représente.
Il considère la
suggestion comme indépendante de l'état de conscience.
l'auditoire le Dr
Cherchève en parlant du Tai-Chi-Chuan.
Les sujets extrême-orientaux
semblaient tous captiver l'audience.
G.R. C'est l'attrait de
l'inconnu.
O.G. Le Docteur Lozanov n'essaye-t-il pas d'utiliser un
système bien occidental, pragmatique, basé sur des recherches expérimentales qui
écarte toute la partie "traditionnelle" de toutes ces disciplines qu'il a
étudié, qu'il connaît bien et qu'il essaye de ramener à l'essence même du
phénomène?
G.R. Oui, il est allé aux Indes étudier la question sur
place.
C.G. Le parallélisme entre les préoccupations et la démarche du Dr
Caycedo et du Dr Lozanov est étonnant.
C.G. En résumé, pour le congrès,
quelle a été votre impression générale?
G.R. Il me semble que l'aspect le
plus intéressant a été la finale, avec l'intervention du Dr Lozanov, les
précisions qu'il a apporté.
C'est d'ailleurs à peu près le seul moment où
l'on a débouché également sur les questions d'éducation ou d'enseignement, parce
qu'avant on s'en tenait à un secteur très général et flou sans toucher la
pédagogie.
Ce qui a d'ailleurs provoqué immédiatement la réaction de
l'inspecteur général.
On touchait là un secteur réservé, ou qu'il
interprétait comme réservé et il s'est efforcé d'éteindre tout de suite
l'enthousiasme naissant.
Je ne pouvais pas ne pas intervenir d'autant que
l'organisateur m'y avait invité.
Monsieur Toraille, qui a d'ailleurs pris
peur!
Il a dit "je suis épouvanté" en croyant qu'il s'agissait d'une
remise en cause totale des méthodes d'enseignements traditionnelles.
G.R.
J'ai trouvé que la réaction de l'auditoire était dans l'ensemble très favorable
à Lozanov et ma remise en place a été chaudement applaudie alors que Monsieur
Toraille, lui, a été accueilli tièdement.
C.G. Mes contacts avec la
minorité m'ont montré que le grand reproche qui est fait au Dr Lozanov est le
suivant : "Je suis venu à ce congrès pour en savoir plus sur le plan pratique et
il n'a rien dit sur ce plan, ses films sur l'hypnose ne m'ont pas convaincu,
bien au contraire, sur le plan de la suggestopédie.
Il a certainement
quelque chose à cacher s'il ne fait que parler théorie sans application
pratique".
G.R. Il y avait une ambiguïté au niveau du congrès
luimême.
Il a demandé à Monsieur Galvez quel type d'auditoire il y
aurait.
Ce dernier lui a répondu : "Des scientifiques, surtout des
médecins, des gens de ce genre".
Il s'est donc automatiquement placé sur
un plan théorique.
Si certaines personnes avaient voulu en savoir plus
sur le plan pratique, ils auraient dû poser la question.
C.G. On peut se
demander de quel type d'auditoire il s'agissait : une vingtaine de personnes
avaient déjà participé au séminaire alpha de dynamique mentale : des personnes
qui sont ouvertes aux nouvelles méthodes d'enseignement et de développement
personnel ...
il y avait quelques médecins, notamment des
chirurgiens-dentistes.
La dernière catégorie de participant semblait
surtout intéressée par tout ce qui est occulte, mystérieux,
ésotérique.
Mais dans l'ensemble, tous ont été surtout intéressés par la
présentation du Dr Lozanov.
l'intervention de Monsieur Jost sur la
musicothérapie?
G.R. C'est un domaine que je connaissais
déjà.
Nous sommes en relation avec son centre et ses
collaborateurs.
Eux ne font pas d'applications pédagogiques mais les
recherches qu'ils font sur les applications de la musique nous
intéressent.
Il a été dommage que cela n'ait pas été plus développé dans
le congrès.
Ou en sont-ils arrivés dans leurs travaux?
C.G. Je
vous ai entendu dire, à propos de la suggestopédie aux U.S.A. : "Là, c'est une
autre histoire".
La suggestopédie aux USA : des problèmes G.R. Nous avons
un problème avec les Etats-Unis sur cette question de suggestopédie parce qu'il
y a plusieurs écoles.
Il y a un des groupes qui s'est constitué autour de
Ostrander et Schroeder, et qui pense que la méthode est basée directement sur le
yoga, que le fait de ne pas utiliser le yoga est une lacune.
D'autre
part, il y a un centre qui s'appelle Mindkind Research Enlightment.
En
fait, ce n'est pas un centre.
Ils ont utilisé les droits et les vendent
sous forme de franchise.
L'importance de la motivation G.G. Le Dr Lozanov
a beaucoup parlé de motivation, en disant qu'il y a d'une part le changement
d'environnement et la suppression des suggestions négatives qui viennent inhiber
le processus d'apprentissage, et d'autre part une motivation plus forte au
travers de jeux, d'exercices, de façon à ce que les deux effets, l'un dynamique,
la motivation, l'autre écartant l'inhibition, permettent d'aller plus loin, plus
vite et mieux.
Il y a la lenteur du processus d'apprentissage qui le
décourage, la monotonie du système etc...
G.R. Oui, c'est peut-être
difficile pour l'étudiant parce qu'il n'est pas absolument conscient de ce qui
se passe, mais ça l'est plus pour le professeur ou l'organisateur.
Les
problèmes d'enseignement ou de formation suggestopédiques sont bien moindres
avec des enfants qu'avec des adultes parce que le processus de désuggestion à la
base n'est pas le même.
Tout le problème, avec les adultes, c'est la
partie désuggestion.
G.G. Le même phénomène se produit dans mes
séminaires.
G.R. Je ne sais pas ce qui se fait en France par exemple pour
la lecture chez les jeunes enfants, chez les très jeunes enfants.
Je suis
parti avec des mots à valeur affective, ce qui l'intéressait : papa, maman, les
noms de ses frères, ensuite les objets qui suscitaient chez lui des réactions
émotionnelles.
Au niveau de la prise de conscience, l'information bien
souvent ne suffit pas.
J'ai vu des changements extraordinaires de parents
après un travail au magnétoscope Ou une prise de conscience au travers d'un
groupe, leurs attitudes étaient modifiées.
G.R. Même au point de vue de
la langue orale, il y a des parents qui ne parlent pas au bébé, sous prétexte
qu'il ne peut pas comprendre.
On attend 6-8 mois avant de commencer à lui
parler.
Ceci entraîne un retard considérable dans le processus et vous
avez des enfants qui, à deux ans, ne parlent quasiment pas.
Les parents,
la mère en particulier, doivent commencer à parler à l'enfant dès le
départ.
C.G. Même si le langage n'est pas tout de suite perçu, tout le
reste passe.
G.R. Il est perçu comme appartenant à tout un environnement
auquel il se sensibilise.
commencer à réagir aux couleurs, à la lumière,
à l'obscurité
G.R. L'enfant réagit très vite activement.
Dans son
comportement physique, quand on lui parle, très très jeune, on voit que ça
provoque en lui une réaction, qu'il réagit ensuite expressivement par des sons
qui sont spécifiques et qui se distinguent complètement des cris de l'enfant qui
a faim, des cris de l'enfant qui est malade etc.
Il y a une forme de
dialogue qui n'est que des cris.
J'ai vu des enfants à un mois et 10
jours commençant à dialoguer avec la mère.
G.R. Oui, à peu près vers la
même période, il y a le sourire, et cette communication sonore qui est un
véritable échange.
Il répond à sa manière à lui.
C.G. A-t-on une
idée des résultats qu'on peut obtenir en élevant un enfant de la
sorte.
G.R. A l'heure actuelle il n'y a pas de données scientifiques sur
la question, il y a juste des expériences.
C.G. Cela peut remettre en
question en grande partie l'idée du don.
Quand on voit des familles
(comme celle des Bach, Mozart etc.) où l'on voit l'enfant montrer, dès la
naissance, un don.
Le creuset familial, l'environnement facilitent bien
sûr l'éclosion de ce don.
G.R. Si on créé un environnement musical, si on
fait écouter de la musique à des bébés (ce qui me semble très important), si on
chante, si on les fait ensuite chanter, il est inouï de voir la capacité
d'absorption d'un jeune enfant.
On se demande où cela s'arrête!
Il
faut le faire dans la mesure où ça l'intéresse, où c'est un jeu.
Très
souvent au départ, si le père ou la mère commence les phrases, l'enfant les
termine et on s'aperçoit qu'il les connaît par coeur!
La chanson a une
place importante en suggestopédie C.G. La chanson a une place dans
l'enseignement suggestopédique?
Elle met en branle un ensemble de
facultés qu'on n'utilise pas ordinairement?
G.R. Oui, on utilise le
chant, on leur apprend à chanter
... à Sofia on avait remarqué que, dans
le cours, dans la 1ère leçon, le Pont d'Avignon est tout de suite introduit et
ils apprennent évidemment à chanter.
On s'était demandé si on pouvait
l'utiliser avec des anglophones, qui ont un tempérament évidemment très
différent.
Et dans notre 1ère expérience, en 1973, on a beaucoup hésité
en se demandant "Est-ce qu'on la met ou est-ce qu'on ne la met pas
?".
Des fonctionnaires adultes, chanter sur le Pont
d'Avignon!
Est-ce qu'ils ne vont pas réagir?
Et puis, comme on
voulait changer le moins de choses possibles, on s'est dit "On va essayer, on va
bien voir ce qui va se passer, qu'est-ce que l'on risque après tout
?"
Ils se sont même mis à composer d'autres paroles : "Les professeurs
font comme ça".
Ils ont même modifié les paroles dans une présentation
banale, cela donnait «Au garage d'Avignon on répare les voitures
etc.».
Introduire l'expression non verbale G.R. Dans l'enseignement des
langues traditionnelles, il y a des tentatives pour introduire la
gestuelle.
En suggestopédie, on place cela dès le départ, et c'est relié
à ce que Lozanov disait : l'expression artistique.
Le premier plan c'est
le fait que l'étudiant qui ne connaît pas une langue, qui débute, a peur de
s'exprimer dans cette langue.
Il saute là-dessus et va s'exprimer
gestuellement d'une manière très poussée.
Guérison et suggestion G.R. La
sophrologie s'intéresse aux maladies psychosomatiques.
Il apportait un
élément curatif extrêmement important dans le processus de guérison : ce que le
malade recherche, ce qu'il veut avant tout, c'est exprimer son besoin.
Il
est bien évident que l'aspect curatif qu'obtiennent certains guérisseurs n'a
plus lieu maintenant dans la médecine officielle.
G.R. Parle-t-on aussi
en France des guérisseurs des Philippines?
Le pouvoir suggestif des
religions G.R. Une étude que j'aimerais faire, c'est le lien entre religion et
suggestion.
En voyant ces rituels, on ne peut s'empêcher de penser "il
n'est pas étonnant que la suggestopédie ait pris naissance ici".
C'est un
véritable théâtre, une mise en scène extraordinaire, avec changement de costumes
de différentes couleurs, avec décor comme dans un théâtre, des rideaux qui se
ferment comme par enchantement...
Les critiques de la mnémotechnie ne
connaissent pas les processus de la mémoire C.G. Que pensez-vous de méthodes de
mnémotechnie basées sur le développement des sensations, de la visualisation et
des associations?
G.R. Ceux qui les critiquent ne connaissent pas les
processus de la mémoire.
Une association peut se réaliser avec un
développement anatomique.
Des liens anatomiques vont se créer, qui
ensuite deviendront des centres de connexion.
On multiplie les circuits
de connexion, donc on multiplie les circuits intégrés alors que si on ne fait
rien il ne se développe qu'une association sur le terminal de l'axone et il s'en
développe peu au niveau intermédiaire.
C.G. Le même mécanisme apparaît en
lecture rapide, par exemple, on s'aperçoit que lisant plus, ayant plus
d'informations, plus de références dans le cerveau, l'acquisition des nouvelles
connaissances entre en résonance immédiate avec tout un ensemble d'éléments
préexistants, ce qui permet une association plus facile, puisque entre
l'information nouvelle et ce qui existait, toute une série d'associations et de
connexions vont se réaliser.
G.R. Il y a des connexions, des liens
anatomiques qui s'établissent parce que finalement tout ça a un fondement
anatomique et physiologique, il n'y a pas de doute là-dessus.
Il y a aux
Etats-Unis un neurochirurgien extrêmement intéressant parce qu'il a réalisé un
travail au niveau des gens qui sont écervelés ou qui ont les hémisphères droit
et gauche séparés, à la suite d'un accident.
Il a été amené à faire
énormément de recherches sur le rôle des hémisphères.
J'ai fait sa
connaissance au congrès de Los Angeles.
et hémisphères cérébraux", sur le
rôle des hémisphères cérébraux dans les processus de
l'apprentissage.
Cela nous apportera d'éventuelles connaissances nous
permettant de mieux comprendre ce qui se passe avec la
suggestopédie.
Comment expliquer, par exemple, l'hypermnésie?
Il
est possible que dans l'apprentissage de type suggestif (c'est une hypothèse qui
a été soulevée) il y ait des associations qui se fassent entre les deux
hémisphères et qu'il y ait donc pas seulement un hémisphère siège de la logique,
de la raison, de la conceptualisation qui fonctionne.
C.G. On retrouve le
mythe de la volonté opposé à l'imagination, que Coué a formulé en disant
"lorsque volonté et imagination sont en conflit, c'est toujours l'imagination
qui l'emporte".
D'un coté il y a les fanatiques de Coué qui formulent
leurs croyances d'une façon inadmissible pour le commun des
mortels...
Les 3 barrières suggestives G.R. Qui heurtent des préjugés qui
sont enracinés profondément et qui se heurtent à ces barrières dont parle
Lozanov : barrières de la raison, barrières émotionnelles et éthiques, qui
rejettent toute suggestion contraire à ces principes.
La théorie
suggestopédique, en ce qui concerne les 3 barrières par exemple, les barrières
suggestives, explique énormément de réactions.
Cela permet de comprendre
énormément de choses sans avoir recours comme on peut le croire dans certains
cas à des théories psychanalytiques.
Dans bien des cas il n'est pas
nécessaire d'aller aussi loin.
Ce sont des réactions qui s'expliquent
d'une toute autre manière.
C.G. Quelle est la position de Lozanov par
rapport à Freud?
Maintenant, reste, comme dit Lozanov, que dans bien des
cas les psychanalystes créent des problèmes pour avoir ensuite la facilité de
les résoudre, même si c'est inconscient.
C.G. Sur le plan psychologique,
je crois que le début de l'enseignement suggestopédique est très
important.
G.R. La personne qui apprend une langue reçoit une nouvelle
identité.
Un nouveau nom, une nouvelle adresse, une nouvelle profession
etc.
C'est un effort de masque qui permet de dissimuler la vraie
personnalité au moment où la personne balbutie dans une nouvelle langue
...
mais tout cela joue à un niveau inconscient.
Au départ
l'étudiant Joue ce rôle inconscient et ensuite (on a fait une courbe) il part
donc dans un monde absolument fictif puis il redescend au niveau de la réalité
(le début du cours est structuré de cette manière-là) tout en conservant son nom
d'emprunt.
De cette façon, il peut quand même accommoder la réalité à ses
besoins.
Je me souviens, en Bulgarie, il y avait un dialogue sur la
famille et une de mes étudiantes m'a manifestement raconté des choses
fausses.
Elle m'a dit qu'elle avait cinq enfants, ce qui, vu son âge,
était utopie réelle, mais néanmoins pour des raisons personnelles, elle se
valorisait peut-être, elle se présentait de cette façon.
Et personne ne
faisait la distinction entre ce qui était vrai et ce qui était faux.
On a
des étudiants qui nous parlent de voyages qu'ils ont fait dans tel ou tel pays,
on pense "ah oui, il y était", et ensuite on s'aperçoit que c'était purement
imaginaire, mais l'imaginaire a un rôle psychologique.
Lozanov fait appel
à Moréno pour l'expression dramatique d'une situation, les jeux de rôles qui
tiennent toute la place dans ce type d'apprentissage.
Il y a un phénomène
très intéressant de défoulement dans une langue seconde.
Les gens disent
dans une langue étrangère des choses qu'ils ne diront jamais dans leur propre
langue.
Ils vont parler de situations dont ils ne parleraient
jamais.
Ils font faire des allusions scabreuses quelquefois qu'ils ne
feraient jamais.
Etant à Sofia, nous avions appris un bagage de bulgare
permettant de se débrouiller dans l'existence.
Je me souviens d'un
collègue qui était là, assis à une table de restaurant ; à la table d'à côté
s'est assis une jeune fille, une bulgare, très jolie, et il est allé lui dire
"Nogos te crassiva" ce qui veut dire : "vous êtes très jolie", ce qu'il n'aurait
jamais dit dans sa langue.
Il y a 3 types de réaction.
On a eu une
ou deux questions demandant s'il s'agissait de "lavage de cerveau", mais cela a
été extrêmement rare.
Le Dr Lozanov évite toute confusion entre
parapsychologie, science encore un peu maudite et suggestopédie.
Sachant
qu'il était parapsychologue, et le mot parapsychologie lui a sans doute évoqué
une des critiques qu'il doit avoir, du genre "oui, mais tout ça c'est de la
parapsychologie".
G.R. Certaines choses pourraient présenter un intérêt
pour certaines catégories de personnes, comme la lecture avec les doigts par
exemple.
Je me souviens de nombreuses fois où l'un des participants
essayait d'expliquer quelque chose et utilisait brusquement une expression très
sophistiquée.
Saisis d'admiration, nous nous arrêtions
...
Récemment dans une discussion animée, avec quelques amis français, je
faisais de mon mieux et à un moment, en argumentant, je dis brusquement : "ça,
c'est une autre paire de manches!"
... J'ai eu l'impression que cette
expression ne venait de nulle part, que je ne la connaissais pas.
Mais
sous le coup de l'émotion, elle est venue quand il fallait.
Un des
problèmes ici, est la différence d'accent d'un canadien français à
l'autre.
D'autant que nos professeurs n'ont, eux, pas d'accent.
Il
y a d'autres facteurs de stress.
Par exemple, je me souviens dans notre
groupe, nous étions vers la fin vraiment anxieux de passer le test du
gouvernement.
En plus ce test est fait dans un laboratoire de langues,
avec les écouteurs.
Quand on a vu tout ce matériel, c'était pour la
première fois.
Nous n'avions jamais utilisé de laboratoire de
langues.
Tout le monde dans notre groupe était très content d'apprendre
le français de cette façon.
Au début, on pensait que c'était une méthode
comme les autres, et puis l'une des leçons consiste à visiter le centre en
expliquant l'intérêt de la suggestopédie (une de ces suggestions positives sur
la méthode dont le Dr Lozanov a le secret).
Là nous avons pris conscience
des différences avec les méthodes comme "Dialogue Canada" par exemple.
Je
pense qu'il y a de bons professeurs partout, mais là le professeur est comme un
guide.
Par exemple, si le professeur nous demandait : travaillez deux à
deux, elle marchait derrière nous.
Lorsque je parlais avec un autre
participant, elle était présente.
Au bout d'un certain temps, vous y êtes
habitué, et cela donne une grande confiance.
On n'a jamais demandé à qui
que ce soit de répéter.
Dans l'autre système, c'est normal de répéter :
"Non, non, non" même le mot "non" est très démotivant.
On perd la face
facilement, ce qui entraîne des implications pour le courage, la confiance en
soi.
Il y a une espèce de doute qui recouvre tout le système, c'est du
moins ce que j'ai vécu...
et même l'atmosphère dans la pièce est très
différente.
D'après mon expérience, l'enthousiasme est la grande
différence en suggestopédie.
On ne sait jamais ce qui va
arriver...
il y a toujours du nouveau!
Un jour, c'est un téléphone
au milieu de la pièce, on commence : le téléphone sonne, et on démarre une
petite conversation en français.
Il y a toujours un autre jeu d'un genre
nouveau.
Certaines personnes entendent des choses étranges à propos de
cette méthode.
Ils me disent : "Et la musique?
Pour nous, c'était
seulement une façon bien agréable d'entendre les mots nouveaux.
Nous ne
savions pas si cela nous faisait quelque chose jusqu'à ce que l'un d'entre nous
manque une matinée où étaient introduits des mots nouveaux.
Je lui
demandais : "As-tu trouvé une différence ?"
Elle me dit, "Oui une très
grande!"
"Pourtant j'ai lu la leçon plusieurs fois moi-même".
Je
ne sais pas s'il s'agit du pouvoir de la suggestion ou d'un effet physiologique
quelconque, mais ça marche!
On nous a demandé de lire le texte une fois
avant d'aller nous coucher, une fois en nous levant.
Je pense que Gabriel
Râcle a raison de vouloir organiser le système de façon à ce que les étudiants
soient libres de tout travail pendant leur formation.
C'est peut-être de
là que ça vient.
Ou de la musique qui évoque l'idée de la
relaxation.
En d'autres termes, l'attitude vis-à-vis du centre elle-même
est une suggestion.
Lorsque vous y regardez de près, cela représente des
économies considérables : les salles sont juste utilisées une demijournée, il
n'y a qu'un professeur.
Là on fait apprendre, par coeur, puis on arrive
ensuite à une systématisation, alors que les autres méthodes sont des méthodes
globales.
Prenons le premier jour, par exemple, le professeur qui est là
est très présent, mais n'établit pas de communication avec l'étudiant.
Et
ce dernier n'a pas de communication dans ce sens, dans le sens vertical, il est
forcé d'en établir avec les autres membres du groupe, ne fut-ce que pour dire :
"Mais qu'est-ce qu'il a le professeur ?".
La deuxième journée qu'on
appelle le jour 1 parce que la première journée, c'est le jour O, à partir de là
tout devient naturel.
Dès qu'il a accepté de devenir l'ingénieur en télé
communications alors que dans la vie il est chef de personnel ou qu'il a accepté
d'être ambassadeur alors que dans la vie il est économiste, c'est
gagné.
Je parlais de la force du groupe ...
du fait que la classe
n'est pas homogène, les étudiants se rendent tout de suite compte "on n'est pas
d'égale force" c'est la surprise au début, les étudiants essayent de progresser
avec toute la classe.
Les plus forts aident les plus faibles.
Il
est rare de voir cela dans d'autres systèmes.
C.G. Le professeur
contribue-t-il à cela?
Oui d'une part comme je vous l'ai dit en
facilitant les communications inter-personnelles et puis par la suite, par une
série d'activations.
Après avoir pris connaissance d'un nouveau matériel,
il y a des expériences, des jeux en groupe.
Alors ils sont toujours
obligés de s'adapter à un groupe, à un interlocuteur.
Au lieu de leur
demander d'utiliser des structures on les met dans une situation où ils sont
obligés de les utiliser.
Personne n'est indifférent à s'intégrer à un
groupe.
Peu de gens disent "cela ne m'intéresse pas".
C.G. Etre
refusé, exclu du groupe est une situation extrêmement frustrante.
Oui et
tantôt c'est par petits groupes de 2 ou 3.
Dans une autre situation, ce
sera par 5 ou 6.
Dans une situation plus globale tout le monde, donc ils
s'intègrent peu à peu.
En le faisant progressivement, il en arrivera à
parler devant tout le monde.
On s'aperçoit que ces étudiants plus
débutants ou plus timides vont peut-être prendre un certain temps avant de
parler devant tout le monde.
J'ai vu une étudiante qui un jour s'est mise
à parler.
Je me suis dit : il s'est passé quelque chose.
C'est
arrivé vers la fin de la deuxième semaine.
Un jour, elle a coupé la
parole à quelqu'un et elle s'est exprimée.
Pendant ces deux semaines,
elle écoutait, elle regardait.
Le jour 1, lorsqu'un étudiant lui a dit
"enchanté" en lui serrant la main, elle lui a dit "Help me, help me".
Le
groupe se soude aussi beaucoup à la fin de la première session, lorsqu'il y a la
présentation finale.
Vous faites ce que vous voulez, mais vous parlez
C.O.
Nous, les professeurs, nous n'en savons rien.
Ils ont choisi
leur sujet, ils ont distribué les rôles.
On leur dit "La fin de la
première session sera tel jour.
Ce jour-là il n'y a pas de cours
proprement dit.
Il y aura d'autres professeurs, peut-être le directeur
sera-t-il là.
Cela peut être une histoire que vous recréez.
Vous
faites ce que vous voulez, mais pendant 30 à 40 minutes, vous
parlez".
C.G. Chacun va parler pendant 30 minutes?
Non, toute la
présentation pour une classe entière doit durer - on leur dit 30 à 35 minutes -
mais on ne va pas les arrêter.
La dernière fois, un groupe a fait une
présentation qui a duré une heure et quelque chose ; mais à ce moment-là, il se
passe quelque chose.
après, ils doivent se quitter parce que c'est la
semaine intercalaire et ils ont hâte de se retrouver.
Ils se sont quittés
à un moment fort, un moment où ils avaient construit quelque chose
ensemble.
Se parler français comme ça, ça paraît très simple, mais pour
eux de l'avoir réalisé, d'avoir pensé, d'avoir distribué les rôles.
Ils
le font d'ailleurs avec psychologie.
C.G. Chacun a un rôle à sa mesure
qui lui correspond.
C.G. En résumé, les étudiants parlent, il y a la
force du groupe ...
Alors que dans les autres méthodes, quand un exercice
marche bien, on continue.
Dans la transposition, ils vont peut-être
parler de la marque de voiture qu'ils ont mais c'est tout ce qu'ils peuvent
dire.
Déjà à la première leçon, ils peuvent utiliser tout
cela.
C.O. Là, je dois dire que la première présentation est conduite
d'une façon un peu particulière, très dynamique.
Il n'y a pas de
déchiffrement.
Ils reçoivent leur identité, puis je prends contact avec
eux d'une façon plus dynamique que la veille ou j'étais assez
distante.
Je montre une envie de nouer connaissance.
Je me
présente, puis je dis : "Vous êtes ambassadeur, oui je suis ..."
A la fin
de cette première présentation, ils sont capables d'évoluer dans une situation
assez complexe comme celle d'un congrès.
C.G. J'ai cru comprendre qu'il y
avait du mime pour la présentation des professions.
Non, ça c'est au jour
2.
Le second jour, le jour 2, tout le dialogue est découpé, haché en
mini-situations crées d'abord 2 par 2, ensuite un peu plus complexes.
Par
exemple, si on a vu dans la première journée "Qui êtes-vous, quel est votre nom,
je m'appelle ...
On a appris à employer tout ça, chaque élément un a
un.
Tout sera repris dans une situation plus globale qui sera par exemple
le congrès, où on lui demande qui il est, d'où il vient, quel est son travail,
quelles langues il parle, etc...
Ca c'est la grande situation qui oblige
à tout reprendre.
Un autre exemple : chez le médecin.
Je dis en
douce aux médecins, tous les maux qu'ils ont viennent de ce qu'ils fument
trop.
Ils trouvent toujours en plus quelque chose d'humoristique,
d'amusant.
Ils le pratiquent 2 par 2 ou 3 par 3 quelques minutes, et
ensuite ils vont le faire devant les autres.
Les autres qui ont préparé
une même situation mais qui ont crée une situation différente vont profiter de
ce qui est dit.
Il y a des répétitions, mais différentes.
A ce
moment là, il y aura le mime.
C.G. Donc, jour 1 présentation du matériel
nouveau, phase pseudo passive, jour 2 découpage et activation et au jour
3?
Juste avant la première période avant la pause, c'est une situation de
synthèse.
On présente une situation beaucoup plus vaste où ils seront en
mesure d'utiliser tout ce qu'ils ont retenu et le professeur va voir ce qui
finalement a été retenu.
C.G. Cela se fait en individuel, en
groupe?
C.O. Préparé en sous groupes, donné en groupe.
Prenons
l'exemple d'une leçon sur un inventeur qui réinventait tout ce qui existait
déjà.
Comme mini-situation, chacun a inventé quelque chose.
Ils
ont pris une feuille de papier et je leur ai demandé de le dessiner.
Ils
ont donc tout le vocabulaire dont ils ont besoin pour gérer cette
situation.
Il y en avait un qui avait inventé un livre où lorsqu'on
tournait les pages, on entendait de la musique.
Et au moment où il tourna
la page, la musique de pause démarra.
Dans le jour 3, ce que l'étudiant a
pu faire chez lui est très important parce que l'on ne sait pas le temps qu'il a
mis.
L'étudiant plus faible peut passer beaucoup de temps pour présenter
un travail de synthèse aussi bon que le plus fort qui y aura passé peu de
temps.
Il peut réussir deux fois même devant tout le monde parce qu'il y
a mis plus de temps.
Mettons qu'ils aient à faire le plan de leur
maison.
C.G. Comment voyez-vous le futur de la suggestopédie?
On
accorde beaucoup d'importance à la suggestion verbale parce que c'est la seule
qui reste efficace lorsque le sujet a les yeux fermés.
Quand on est
malade, il est bon de s'intéresser à la périphérie et de ne pas seulement se
focaliser, comme la médecine officielle, sur le mécanisme
pathologique.
Les différentes barrières qui peuvent limiter notre
utilisation des 96 % de réserve mentale dont nous pouvons disposer : barrières
suggestives, barrières de la raison, barrières émotionnelles, barrières
éthiques.
La réponse passe par la brillante carrière de ce bulgare connu
dans le monde entier, le Dr Georgi Lozanov.
Lorsque vint leur tour, Vanga
commença par son ami Sasha, lui dit son nom, son lieu de naissance, son
domicile, en lui décrivant son appartement.
Il se livra alors à
l'expérience suivante : mobilisant toute sa volonté et son imagination, il
essaya d'influencer télépathiquement Vanga en s'identifiant mentalement à l'un
de ses amis, qu'il connaissait parfaitement.
L'expérience se déroule de
la façon suivante : un sujet qui a l'habitude d'être hypnotisé sur simple
injonction de son hypnotiseur et éveillé de la même façon est mis dans une pièce
isolée, et bardé d'appareils de contrôle physiologiques : ondes cérébrales
(E.E.G.) tension musculaire (E.M.G.) résistance électrique de la peau (G.S.R.)
etc.
On demande ensuite à l'hypnotiseur de l'endormir télépathiquement en
suggérant mentalement à plusieurs reprises le signal - réflexe habituel, et ce,
à un moment précis déterminé aléatoirement.
Au début de sa carrière,
Georgi Lozanov passa près de la moitié de son temps en recherches sur la
suggestion à distance, la télépathie et la vision paraoptique des couleurs dont
nous reparlerons, sous la direction du professeur Emmanuel Sjarankov, à
l'institut universitaire de médecine.
Il fit aussi des recherches sur la
régression hypnotique, les thérapies hypnotiques, et mit au point un système de
reconstruction psychologique par la pensée positive qu'il appela au début
«suggestologie».
ses patients sans que ses paroles ne soient parfaitement
audibles consciemment, opérant ainsi des guérisons spectaculaires, et même des
anesthésies qui permettaient l'opération chirurgicale, parfaitement éveillé et
lucide.
Pendant son passage à Paris, Lozanov projeta un film sur
l'opération d'une hernie sur un patient anesthésié de cette façon.
Cette
grande première internationale eut lieu le 24 août 1964 à Bykovo.
Des
films, des démonstrations, publiques, des commissions d'étude, tels ont été les
moyens utilisés par Lozanov pour promouvoir ses idées.
C'est ainsi qu'il
parvint à monter son institut de suggestologie et de parapsychologie, véritable
centre de recherche regroupant une équipe pluridisciplinaire de 30 chercheurs,
et tout un matériel de laboratoire, le tout financé par le gouvernement
bulgare.
Il est vrai que certains événements paranormaux sont en fait la
réalisation de suggestions à l'état de veille.
Mais nos expériences
montrent que l'on peut augmenter les facultés paranormales des gens par la
suggestion.
Avec son équipe, Lozanov étudia Vanga, qui devint ainsi le
première voyante salariée par un organisme gouvernemental pour exercer son
don.
Il vérifia toutes les données psychophysiologiques, et leurs
rapports avec la qualité de ses prédictions.
Il fut l'un des premiers à
utiliser la télépathie comme outil de communication fiable, en utilisant la
technique du «vote majoritaire».
Le percipient (celui qui reçoit le
message) a devant lui deux appareils de codage télégraphique, un pour chaque
main.
A des kilomètres de là, l'agent, (celui qui émet) suggère
télépathiquement au percipient d'appuyer à droite ou à gauche, au rythme d'un
métronome.
Chaque message est répété dix fois, et doit être reçu au moins
6 fois pour être considéré valable.
Lozanov présenta un rapport à la
conférence parapsychologique de Moscou en 1966, montrant qu'il était facile de
transmettre ainsi des mots ou des phrases en code morse.
Il refit cette
expérience de nombreuses fois devant des commissions ou des congrès
scientifiques.
«La télépathie peut être utilisée d'une façon pratique»
dit-il.
Toutes ces expériences sont bien loin de la pédagogie,
semble-t-il.
L'enseignement des exercices de suggestologie appliquée à la
guérison mentale étaient un premier effort pédagogique.
La psychothérapie
elle-même est une démarche proche de la pédagogie.
En parapsychologie
enfin, notamment en s'intéressant à la vision paraoptique, ou vision dermique,
Lozanov commença à appliquer les principes de la suggestologie, science de la
suggestion, à l'enseignement d'une faculté paranormale.
Il prit 60
enfants aveugles de naissance, leur mit un écran devant les yeux et commença à
tester leur vision paraoptique.
Trois enfants parvinrent immédiatement à
des résultats, reconnaissant couleurs et figures géométriques quasiment sans
entraînement.
Mais le plus important, ce furent les résultats que put
obtenir Lozanov en développant cette faculté chez les 57 autres
enfants.
«Peu à peu, ces enfants aveugles ont été entraînés à reconnaître
les couleurs, les figures géométriques et même à lire».
paranormales
connues bien au-delà de ce qui semblait possible.
Or une autre faculté
intriguait Lozanov, pour ce qu'elle recelait de possibilités incroyables : la
mémoire, ou plutôt l'hypermnésie.
En se rendant en Inde, il avait eu
l'occasion de rencontrer des yogis qui avaient suivi un entraînement spécial
pour développer leur mémoire.
En Inde, comme dans de nombreux cas de
tradition orale, un enseignement particulier qui consiste à apprendre les védas,
dont le plus ancien, le Rig-véda, ne fait pas moins de 1.017 hymnes qui comptent
10.550 versets pour un total de 153.826 mots.
Si l'on ajoute les trois
autres védas, les Upanishads, le Mehabharata et les nombreux autres documents,
on se rend compte de l'incroyable mémoire développée par les initiés.
Le
Dr Lozanov avait aussi étudié des cas de calculateurs et de mémoires prodiges,
dans le cadre de son institut.
Les conclusions de ses recherches
tendaient à montrer qu'il ne s'agit là que du développement de facultés
normales, en réserve ordinairement.
Des découvertes anatomiques et
physiologiques récentes tendent à montrer que nous n'utilisons que de l'ordre de
4 % des capacités de notre cerveau, les 96 % qui restent constituant des
«réserves» inutilisées.
Lozanov se livra à une expérience sur des groupes
de suggestopédie, qui est un bon exemple du pouvoir de la
suggestion.
L'hypnopédie est une méthode d'apprentissage pendant le
sommeil.
Le texte à mémoriser est écouté juste avant de dormir, un
magnétophone se met en marche pendant la nuit et le répète plusieurs fois, puis
l'étudiant le réécoute le matin au réveil.
L'écoute du soir et du matin
sont théoriquement là pour préparer et renforcer, le véritable travail se
faisant pendant la nuit.
hauts-parleurs d'un des groupes pendant leur
sommeil.
Le lendemain matin, les deux groupes avaient mémorisé le texte
de la même façon.
Cette expérience, répétée plusieurs fois, montra bien
l'effet placebo mis en oeuvre dans cette méthode pour mobiliser les réserves
memniques.
De son expérience parapsychologique, le Dr Lozanov a du tirer
des leçons sur la mobilisation des réserves psychiques : la phase de
dé-suggestion, par exemple.
En parapsychologie, l'influence sociale,
culturelle, est prépondérante.
Ce n'est pas par hasard que la recherche
dans ce domaine a eu très vite droit de cité en Bulgarie.
Depuis la
renaissance, ce pays regorge de sociétés religieuses mystiques, de mouvements
occultes.
L'élément parapsychologique a filtré peu à peu dans la culture
bulgare.
Le Dr Lozanov, en parapsychologie comme en suggestopédie,
passait plus de temps à aider ses sujets à sortir de suggestions sociales,
familiales, ou d'autosuggestions négatives, qu'à enseigner la matière
elle-même.
Comme le faisait remarquer le Dr Milan Ryzl, éminent
parapsychologue tchèque, après avoir rendu visite au Dr Lozanov et pris
connaissance de ses travaux parapsychologiques : «L'accroissement de motivation
a un effet stimulant sur la manifestation paranormale, ainsi que sur les autres
facultés psychiques».
Il est fortement conseillé de le passer
gratuitement à vos amis intéressés.
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obtenir une autorisation.
Pour toute question, écrivez à :
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