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Voici le résumé du livre fait par le logiciel "Summarizer"
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Concepts:
volonté, vie, esprit, exercices, habitudes,
enfants, conscience, maladies, efforts, contrairement, caractère, physiques,
essentiellement, psychologiques, émotions.
Énoncés:
Qu'est-ce que la volonté ?
Le professeur Robert Tocquet a écrit
55 ouvrages scientifiques, psychologiques et parapsychologiques dont la plupart
ont été traduits et édités dans les pays suivants: Angleterre, Allemagne,
Espagne, Portugal, Italie, Hollande, Pologne, Tchécoslovaquie, Mexique, Brésil,
Argentine, Canada, Etats-Unis, Afrique Australe.
Premier prix du Concours
idéiste 1979-1980; Ouvrage sélectionné et recommandé par l'Office chrétien du
livre; Médaille de vermeil de «Arts, Sciences et Lettres».
La volonté est
incontestablement la principale faculté qui oriente la destinée
humaine.
Elle est indispensable dans votre édification psychologique,
morale et même physique et elle est la clef de votre succès.
A cet égard,
les pages de l'histoire sont remplies d'exemples de l'influence dominatrice de
certains hommes, qu'il s'agisse d'Alexandre, qui, parti d'une situation
inférieure, s'éleva au sommet de la puissance, de Louis XI, de Sully, de
Richelieu, d'Olivier Cromwell, de Colbert, de Washington, de Napoléon 1er, de
Bismarck, de Churchill, d'Adenauer, du Général de Gaulle et de combien
d'autres.
Tous ces grands hommes étaient pourvus d'une forte volonté,
innée ou acquise, qui leur a permis de dominer les autres hommes, et, par voie
de conséquence, de diriger dans une certaine mesure les événements.
les
Charles Richet, les Einstein, qui, par leur travail obstiné, ont mis à jour
certains secrets de la nature et qui, pour imposer leurs conceptions, ont
généralement dû combattre les opinions régnantes et adverses du moment, étaient
des hommes volontaires et souvent courageux.
Enfin, il n'est pas jusqu'à
la pensée philosophique qui ne s'oriente vers l'action créatrice.
Les
jeunes générations surtout, puisant à même l'intuitionnisme bergsonien et le
pragmatisme américain de William James, préfèrent nettement, aux données de la
raison pure, celles de la raison pratique.
recèlent et l'on peut admettre
que nos perceptions et nos pensées n'existent qu'en vue de
l'action.
William James fait d'ailleurs remarquer dans Volonté de croire
que l'intelligence est entièrement édifiée sur des intérêts
pratiques.
L'activité a pour seul but d'éclairer la conscience cognitive
par ses résultats.
Sensations et émotions sont des modes troubles et
confus de ce qui, clarifié, s'appelle conscience intelligente.
Bien sûr,
lorsque nous disons que la volonté est la clef enchantée qui vous ouvre la voie
de la réussite ainsi que celle de la sagesse et du bonheur et qui contribue à
vous assurer la santé, nous ne prétendons pas qu'elle soit la seule
qualification dont vous ayez besoin pour obtenir ces biens précieux, mais nous
voulons dire que, sans la volonté, votre intelligence, votre savoir-faire, les
connaissances que vous avez acquises, les occasions qui vous sont offertes,
votre résistance physique naturelle, sont beaucoup moins
efficaces.
L'occasion de la développer se présentera à tout instant en
exécutant chaque jour, ponctuellement et convenablement, ce que vous avez à
faire, en vous efforçant de lutter contre vos mauvais penchants, vos mauvaises
habitudes, contre votre paresse, et, en général, contre vos défauts.
Et
ainsi vous créerez en vous de bonnes et de saines habitudes qui, dans la
conduite de la vie, sont beaucoup plus précieuses que les maximes.
Ce
sont, en effet, des maximes vivantes devenues chair et instinct.
Modifier
et réformer les principes qui dirigent votre comportement est certainement utile
et même indispensable, mais c'est tout simplement changer leur titre.
En
revanche, prendre de nouvelles habitudes, c'est atteindre la vie dans sa
substance.
Vous cultiverez aussi votre volonté en subissant de bon gré
les souffrances inévitables telles que certaines douleurs physiques, contre
lesquelles la science est impuissante, et les peines morales provoquées, en
particulier, par la perte d'êtres chers.
En ce qui concerne ces dernières
épreuves, ne vous révoltez pas contre la destinée, car les plaintes et les
gémissements n'évitent pas l'inévitable et ne réparent pas
l'irréparable.
Sans doute, vous devez pleurer vos parents et vos amis
disparus parce que vous les aimez et parce que vous les regrettez, mais il est
vain et il serait déraisonnable de vous rebeller contre les lois inéluctables de
la nature.
Vos peines, vos afflictions ne sont pas toujours, bien
entendu, l'oeuvre de la nature; elles sont souvent aussi celles des
hommes.
C'est le fait par exemple de l'industriel ruiné par la
concurrence et de l'élève puni par son maître.
Il consiste
essentiellement, et c'est là l'objet principal de notre livre, à vous rendre
maître de vos muscles, de vos gestes et de vos pensées.
Et aussi à
cultiver et à développer vos forces corporelles grâce à une alimentation
correcte, à une éducation physique bien dirigée, à des exercices respiratoires
appropriés, à l'action de l'air, de l'eau et du soleil.
voulez obtenir
des résultats solides et définitifs dans le domaine de la pensée, de la volonté
et de l'action.
Il faut toutefois souligner que l'éducation de la volonté
ne consiste pas à faire des hommes capables de mettre partout et toujours le
calcul à la place de l'impulsion.
Conformément à cette définition, on
distingue généralement, dans tout acte volontaire complet, 4 phases successives:
la conception du but à atteindre, la délibération, la détermination,
l'exécution.
Notons, à propos de cette phase de l'acte volontaire, que
les hommes délibèrent plutôt avec leur intelligence et les femmes avec leur
sensibilité.
Cette phase de l'acte volontaire implique une intelligence
vive et prompte, une force de caractère assez développée et assez sûre
d'ellemême pour résister à l'entraînement des passions, des préjugés, de la
routine, de l'exemple et de la tradition.
Ces points sont les suivants:
les éléments psychologiques de la volonté; la volonté et l'habitude; les
défauts, les maladies et les limites de la volonté.
Enfin, le désir
représente en nous la nature et ses appétits alors que la volonté exprime la
maîtrise de soi qui, suivant les cas et les circonstances, satisfait, amortit ou
contrarie les appétits naturels.
Sans intelligence, c'est-à-dire sans
l'intervention de la réflexion et de la raison, la volonté ne pourrait
s'exercer.
Vouloir, c'est, avant tout, réfléchir, juger, raisonner et
délibérer.
Il s'ensuit que l'une des caractéristiques de l'activité
volontaire, c'est l'importance de ses éléments représentatifs.
Aussi,
certains auteurs, et tout particulièrement les Socratiques et la plupart des
Cartésiens, ont-ils tenté de ramener la volonté à l'intelligence.
En
fait, comprendre et vouloir, bien qu'inséparablement unis, sont deux opérations
distinctes.
L'intelligence c'est la connaissance et la volonté c'est
l'action.
L'intelligence obéit à des lois qui sont les mêmes chez tous
les esprits sains et normaux; elle est impersonnelle.
En revanche, la
volonté est personnelle car elle exprime le tempérament de chacun et chaque
tempérament a sa nature propre.
Concevoir et se représenter une série
d'actions ce n'est pas nécessairement les accomplir.
Entre l'idée et
l'acte, il y a place pour la délibération et la résolution sur lesquelles
influent les sentiments, les passions; aussi il arrive bien souvent que l'on
«voit» le bien et que l'on «fait» le mal.
Il est indispensable de voir le
bien pour le faire.
Mais cela ne suffit pas; il faut aussi l'aimer et
avoir la ferme intention de le réaliser.
On peut ajouter à ces
considérations que l'intelligence a pour domaine le présent ou le passé et pour
objet le vrai alors que la volonté a pour champ d'action le présent ou le futur,
et, pour but, le plaisir, l'intérêt ou le bien.
Le devoir lui ordonne de
subordonner le plaisir et l'intérêt au bien désintéressé.
Certains
auteurs, tels que Wundt et Rignano, ont vu dans la volonté un prolongement et
une complication de la vie affective.
De son côté, Rignano affirme que,
«au fond, la volonté n'est pas autre chose qu'une tendance affective véritable
et propre, inhibitrice des autres en ce qu'elle est à plus longue portée, et
qui, à son tour, pousse à l'action comme toute autre tendance affective en
général».
En réalité, bien que la volonté soit inséparable de certains
états affectifs, il est difficile d'y voir, comme le fait Wundt, un simple
prolongement de l'affectivité qui est ce qu'il y a de moins discipliné en
nous.
D'autre part, la volonté n'est pas, comme le pense Rignano, dans
l'opposition des tendances qui conduit à l'incertitude et à l'indécision, mais
elle est dans l'acte qui règle cette opposition.
Comme nous l'avons
souligné, les considérations précédentes sont insuffisantes, surtout si on les
envisage isolément, pour interpréter l'acte volontaire et des psychologues
classiques ne s'en sont pas, à juste titre, contentés.
La volonté
n'existerait pas sans eux, mais elle est elle-même autre chose
qu'eux.
Ainsi s'est-on trouvé conduit à faire de la volonté une puissance
à part parmi les autres fonctions de l'esprit, une entité simple, agissant pour
ainsi dire tout d'un bloc et sans que son exercice puisse comporter des
degrés.
L'origine de l'activité volontaire est, pour lui, l'acte
idéo-moteur.
Mais ce qui caractérise la volonté proprement dite, c'est le
fiat* volontaire, et celui-ci consiste essentiellement en un effort par lequel
se trouve assurée la prépondérance dans la conscience.
Comme nous le
verrons dans le chapitre VII, l'éducation de la volonté est complétée par la
création de bonnes habitudes.
Il convient donc de préciser dans ce
chapitre ce qu'est l'habitude.
Il s'ensuit que cet acte primordial peut
être laborieux à cause de l'effort qu'il provoque et des insuccès auxquels il
expose.
A vrai dire, Leibnitz et de nombreux philosophes ont soutenu que
l'habitude se forme dès le premier acte.
Ce sont celles de la plupart des
animaux, chez lesquels l'habitude se greffe immédiatement sur l'instinct sans
que la volonté intervienne, et telles sont aussi quelques habitudes néfastes de
certains hommes qui, à cet égard, ne se comportent guère comme des êtres
pensants et libres.
Comme on le voit, l'habitude s'applique à toutes nos
facultés de sorte que son rôle est des plus importants.
Elle est, en
effet, à la fois, la condition de l'éducation et du progrès ainsi que le
principe de la passion et de la routine.
En ce qui concerne cette
dernière occurrence, lorsque l'habitude se développe sans rencontrer de
contrepoids, ni dans l'intelligence ni dans la volonté, elle ne tarde pas à
dégénérer en passion ou en routine.
Ainsi, au départ, fidèle servante,
utile intermédiaire, l'habitude va devenir cette «étrangère» que flétrit le
poète.
La volonté n'est pas toujours une puissance souveraine et l'on
doit compter avec ses défauts, ses maladies et ses limites.
Il en est de
même pour les capricieux qui, sans qu'on sache exactement pourquoi, abandonnent
subitement une position prise et s'installent sur une autre position d'une
nature différente ou même opposée.
Elles sont dominées, non par des
raisons claires, mais par des tendances affectives générales, fortes et obtuses,
aussi échappent-elles complètement à l'influence de la persuasion
raisonnée.
Cet aspect particulier de l'aboulie constitue, en quelque
sorte, un terme de transition entre les cas précédents et ceux dans lesquels
l'affaiblissement de la volonté tient à un excès d'impulsion.
En
l'occurrence, celle-ci est trop forte, et, contrairement à ce qui se passe dans
l'aboulie, elle s'oppose à la réflexion.
Les sujets qui en souffrent,
c'est-à-dire les impulsifs, agissent immédiatement, sans aucun temps
d'arrêt.
C'est le cas, par exemple, de quelques criminels et de certains
candidats au suicide.
Il y a également affaiblissement de la volonté dans
les obsessions dans lesquelles une image, une idée, un mot, un acte s'imposent à
l'esprit malgré la volonté et bien que le malade les juge
déraisonnables.
Elles sont très fréquentes et prennent tantôt la forme
d'une crainte que l'on désigne sous le nom de phobie comme celle de se laver et
de relayer les mains.
Parfois l'obsession se rapproche de la folie du
doute qui consiste à ne pas se fier aux données des sens les plus
évidentes.
Ainsi, une malade de Lévy-Valensi doutait, tous les soirs,
d'avoir éteint sa lampe et la rallumait plusieurs fois afin de l'éteindre et de
se rassurer ainsi.
Cette lutte se terminait toujours de la même façon: la
malade descendait dans la cour, regardait sa fenêtre, n'y voyait pas de lumière
et regagnait son lit apaisée.
L'observation suivante, due au docteur
Marcel Nathan, montre les rapports étroits qui unissent le scrupule à
l'obsession et à la phobie.
Ses scrupules sont surtout d'ordre religieux;
elle a fait, dit-elle, une confession incomplète, donc sacrilège; sa communion
est nulle, elle demeure donc en état de péché.
tous les cas de ce genre,
elle est incapable de spécifier le péché omis; aussi, toujours inquiète,
va-t-elle de confesseur en confesseur, les trouvant toujours trop indulgents à
son égard.
Plus graves encore sont les idées fixes impulsives qui, le
plus souvent, ne font qu'opposer la volonté du malade à une volonté en quelque
sorte parasite, mais qui, parfois aussi, aboutissent à des actes répréhensibles
ou même criminels comme c'est le cas par exemple pour le kleptomane* qui vole
non pour se procurer ce dont il a besoin mais pour voler, et le fait du pyromane
qui met le feu à une maison non pour se venger mais pour assister à un bel
incendie.
Quelquefois le malade suscite et organise, si l'on peut dire,
ses propres tourments.
C'est ce que montre l'exemple suivant rapporté par
H. Claude et Lévy-Valensi dans leur ouvrage Les États Anxieux.
Il s'agit
d'une jeune fille belge qui décrit l'état dans lequel elle est tombée à la suite
de chocs émotionnels provoqués par une mésentente familiale.
Si je vois
qu'une pensée ne procure en moi aucune souffrance, je l'abandonne; si je sens
qu'elle doit me porter préjudice, m'empêcher d'arriver à un but, de prendre un
plaisir, mon esprit s'y cramponne comme pour me torturer, et, quoi que je fasse,
je ne puis détacher ma pensée de cette idée torturante.
Mon esprit se
complaît ainsi à se torturer malgré ma volonté consciente.
Toutes les
fois que ce dernier venait me voir, mon esprit ne pouvait s'abstenir de chercher
quelque chose pour m'empêcher d'être normale; la plupart du temps je choisissais
l'obsession de bégayer, toujours malgré ma volonté; je cherchais de toutes mes
forces à repousser cette idée, rien n'y faisait.
la visite, l'obsession
(si je peux appeler cela une obsession) disparaissait d'elle-même sans que je
tisse pour cela le moindre effort.
L'affaiblissement de la volonté peut
se traduire également par un défaut d'attention comme cela a lieu à un degré
élevé chez les idiots et chez les crétins.
Sous la dénomination «le règne
des caprices» Théodule Ribot a placé les malades qui agissent sans réfléchir et
dont les actions sont par conséquent automatiques et en quelque sorte
réflexes.
On assiste alors, chez eux, à une véritable dissolution de la
volonté ou à une impuissance de celle-ci à se constituer.
Cette maladie
du vouloir se rencontre particulièrement chez les hystériques qui passent avec
une incroyable rapidité de la joie à la tristesse ou du rire aux
pleurs.
L'exagération de cet état conduit aux phénomènes hypnotiques*, au
somnambulisme* et à l'extase dans lesquels il y a, semble-t-il, anéantissement
de la volonté.
Mais, comme nous l'avons abondamment montré dans
quelques-uns de nos ouvrages, il convient d'être extrêmement prudent dans
l'examen et dans l'interprétation de ces phénomènes où se mêlent souvent, et
parfois d'une façon inextricable, le trouble névropathique réel, le pithiatisme*
et la simulation consciente.
Ce qui n'empêche pas d'ailleurs, loin de là,
l'existence d'un hypnotisme «vrai» et de «purs» états somnambuliques et
extatiques.
Quoi qu'il en soit, on peut dire, en règle générale, que les
maladies de la volonté (qu'elles soient réelles ou plus ou moins simulées) vont
de pair avec l'affaiblissement de la synthèse mentale.
Elles sont un
stigmate essentiel de la psychasthénie.
Les malades savent vouloir
intérieurement, mentalement, selon les exigences de la raison, mais ils sont
incapables de passer à l'exécution des actes projetés.
Dans un ordre de
faits voisins, les automatismes confusionnels, de l'alcoolique par exemple ou de
l'épileptique, malgré l'étrangeté, l'incohérence, la brutalité, et, par
conséquent, le caractère évidemment morbide des actes qui les manifestent,
démontrent l'extrême complexité des mécanismes de tout ordre que la vie
collective avec ses exigences est capable de monter en nous, puisque, livrés à
eux-mêmes, alors que la conscience est assoupie ou absente, ils peuvent se
dérouler intégralement et même se composer entre eux, pour donner une activité
se prolongeant dans le temps et se développant dans l'espace.
En ce qui
concerne cette dernière occurrence, il est banal que le rappel des souvenirs
peut nous échapper malgré la volonté que nous avons de nous les
remémorer.
On conçoit dès lors, dans l'exercice de la volonté,
l'importance du raisonnement qui n'est autre que l'intelligence elle-même
envisagée dans sa fonction supérieure, et le rôle de la réflexion qui est un
retour de l'esprit sur lui-même.
Cette maxime de Juvénal, qui a été
détournée par l'usage de son sens primitif et qui, dans son acception courante,
signifie que la santé du corps est une condition importante de la santé de
l'esprit, trouve ici sa pleine application.
Les facultés intellectuelles
ou morales, et en particulier la volonté, sont en effet étroitement solidaires
de l'organisme.
A ce point de vue, une mauvaise alimentation ou une
hygiène déplorable sont des obstacles que des méthodes purement éducatives ont
de grandes difficultés à surmonter.
Sans doute, nous ne voulons pas
prétendre qu'il suffit d'être un homme robuste pour avoir, par cela même, de la
volonté, du caractère et de l'énergie morale.
En effet, il arrive parfois
qu'un corps chétif ou maladif enferme une volonté héroïque.
Mais un homme
robuste est certainement dans les meilleures conditions voulues pour avoir une
volonté puissante, d'abord parce qu'il peut dépenser sans fatigue une grande
somme d'activité physique, ensuite parce que le plaisir est en raison directe de
l'énergie emmagasinée ou disponible et il est connu que le plaisir pousse à
l'action.
L'être, qui trouve du plaisir à agir parce qu'il a la force
d'agir, recherche les occasions d'agir.
Le premier soin de celui qui
désire développer sa volonté, et, en général, ses facultés psychiques, est donc
de tendre vers un équilibre organique aussi satisfaisant que possible.
En
outre, il doit s'assurer un sommeil réparateur, et, s'il y a lieu, consulter le
médecin en cas d'asthénie (manque de force) persistante qui constitue un
obstacle majeur au développement de la volonté.
Examinons successivement
le rôle de ces différents facteurs en commençant par le problème de
l'alimentation.
L'étude de la nutrition montre que l'organisme subit deux
sortes de pertes, les unes énergétiques, les autres substantielles.
Pour
les compenser, il doit recevoir, d'une part, des principes énergétiques qui
seront la source de l'énergie nécessaire à l'accomplissement des phénomènes
vitaux, et, d'autre part, des éléments matériels bien définis.
Pour un
travail moyen, comme celui d'un menuisier, il faut apporter 3 000
calories.
Pour un travail de force, comme le travail d'un forgeron ou
d'un bûcheron, il convient de fournir une quantité d'énergie supérieure à 3 000
calories.
Connaissant les besoins énergétiques globaux, il est facile de
calculer le poids des aliments capables de les couvrir sachant que 1 g de
protéines (albumines) dégage 4,05 calories, 1 g de lipides (graisses), 8,75
calories, et 1 g de glucides (sucres et amidons), 4,1
calories.
évaluation, il faut tenir compte du besoin minimum d'albumine
qui est, comme nous l'indiquons plus loin, de 70 g par jour.
Voici, par
exemple, une ration équilibrée à 2 500 calories environ.
Bien entendu,
les calculs portent sur des produits purs.
Le poids des aliments
correspondants est plus élevé.
Ainsi, 1 kg de viande contient en moyenne
de 100 à 170 g de protéines et 150 g de graisse; 1 kg de pain renferme de 70 à
80 g de protéines, 520 g de glucides et 2 g de matières grasses; 1 kg de pommes
de terre contient 20 g de protéines, 200 g de glucides et 5 g de corps
gras.
Notons au passage que, pendant la dernière guerre, la carte
d'alimentation donnait à peu près 1 200 calories, ce qui était notoirement
insuffisant.
En revanche, actuellement, la ration moyenne dans les
grandes villes, qui se situe aux environs de 3 500 calories, constitue une
ration de «luxe» susceptible d'entraîner des désordres organiques: les citadins
mangent trop.
Dans l'établissement des rations alimentaires, on peut se
demander s'il est indifférent de fournir à l'organisme l'une ou l'autre des
trois catégories d'aliments pourvu que les besoins calorifiques soient
satisfaits.
Autrement dit, peut-on donner soit des protéines (matières
albuminoïdes), soit des lipides (corps gras), soit des glucides (sucres et
amidons)?
Dans le cas des protéines, il en faudrait 564 g ce qui
correspond à 2 ou 3 kg de viande.
Pour les glucides, le chiffre serait le
même, et, pour les lipides, il en faudrait 260 g.
D'après la théorie de
l'isodynamie, proposée autrefois par Rubner, la substitution serait
possible.
Il faut d'abord remarquer que l'isodynamie ne concerne que la
valeur énergétique des aliments et non leur valeur plastique.
D'un autre
côté, trop de lipides fatigue le foie et provoque de l'acétonurie*, alors qu'un
régime trop riche en glucides et pauvre en lipides ne peut être longtemps toléré
car il entraîne une carence en vitamines A et D, souvent en vitamines B, et une
déficience d'acides gras indispensables tels que les acides linoléique,
linolénique et arachidonique.
On ne peut pas trop élever le taux de
glucides, car les aliments riches en ces substances sont généralement pauvres en
calcium.
On pèse le carbone des déchets (gaz carbonique, urée, acide
urique), l'azote (urée, acide urique), le phosphore, le calcium, le fer, etc.,
et l'on trouve que l'homme rejette en moyenne par 24 heures: 235 g de carbone,
16 g d'azote, 1,5 g de phosphore, de 0,5 à 1 g de calcium, 8 mg de fer,
etc.
Il est de 3,5 à 4 g par kilo de poids corporel pour les bébés de 0 à
3 ans, de 2,5 à 3 g par kilo de poids pour les enfants de 3 à 10 ans, et de 1,5
à 2 g par kilo de poids pour les adolescents et les jeunes gens de 10 à 20
ans.
Enfin, le régime des personnes âgées, dont le rein fonctionne
normalement, doit comprendre de 1,4 à 1,5 g de protéines par kilo de poids
corporel et par jour sinon on assiste à une fonte musculaire progressive, à une
altération de la trame protéique du squelette, à une moindre résistance aux
infections de tout genre, cependant que la fatigue physique et la fatigue
psychique s'accroissent et que la volonté faiblit.
Pratiquement, une
ration en protéines est correcte si les calories qu'elle fournit apporte 13 à 15
p. 100 des calories totales.
Le besoin journalier en calcium chez
l'adulte étant d'environ 800 mg et celui en phosphore étant approximativement de
1 140 mg, le rapport calcium/phosphore est à peu près de 0,70.
Durant
l'enfance et l'adolescence, la grossesse, l'allaitement (production de lait dont
la teneur en calcium est élevée), chez les vieillards, les besoins en calcium
sont plus grands et la valeur du rapport oscille entre 1 et 1,5.
Il en
résulte qu'il convient d'ajouter un supplément de lait et de fromage (gruyère
surtout), qui sont des aliments riches en calcium, aux menus habituels s'ils
sont destinés aux enfants, aux adolescents, aux futures mères, aux nourrices et
aussi aux vieillards afin d'éviter les fractures spontanées et les
décalcifications limitées, partielles ou généralisées.
D'autre part,
c'est commettre une erreur fondamentale que de gaver les tuberculeux et les
rachitiques de viande et d'oeufs, lesquels sont des aliments très phosphorés
mais pauvres en calcium.
A tout excès de phosphore qui, répétons-le, joue
un rôle important dans le fonctionnement du système nerveux, et, en particulier,
dans l'exercice de la volonté, doit correspondre un appoint
calcique.
Signalons ici que l'on peut aujourd'hui, grâce à la
thérapeutique calcique et opothérapique, diminuer l'hyperémotivité des uns et
augmenter l'émotivité des individus inertes comme les myxoedémateux*, donc agir
favorablement sur leur volonté.
Avec le magnésium nous abordons un
élément qui peut être déficient dans l'alimentation courante.
Il a
prétendu, d'autre part, que les sels halogénéo de magnésium freinaient le
phénomène de cancérisation, mais, à vrai dire, cette affirmation a soulevé de
nombreuses critiques et des résultats contradictoires ont été publiés de
différents côtés.
En tout cas, en ce qui concerne notre propos, il est
certain que le magnésium est un revitalisant.
Il accroît la résistance à
la fatigue, crée une sensation d'euphorie et de bien-être général.
Si
l'on en fournit à une personne âgée, elle accomplit plus facilement des efforts
physiques ou intellectuels et son énergie, sa volonté, son optimisme se trouvent
considérablement renforcés.
Malheureusement, notre régime alimentaire
transformé par la civilisation est carencé en magnésium.
La farine qui
est trop blutée, le sel de cuisine qui est raffiné, les eaux captées par la
consommation n'en contiennent qu'une quantité insuffisante.
Et les
engrais chimiques ne rendant pas au sol cultivé le magnésium absorbé par les
végétaux, il en résulte que la teneur en magnésium des légumes, des céréales,
des herbages, et, par voie de conséquence, de la chair des herbivores servant à
l'alimentation humaine diminue progressivement.
Mais on peut, dans une
certaine mesure, remédier à l'insuffisance magnésienne de notre nourriture
habituelle en consommant du pain complet, du sel marin non raffiné et des germes
de blé.
Les fruits oléagineux, les légumes verts, le cacao et le chocolat
contiennent également du magnésium en proportion élevée.
Le chocolat,
grâce à sa théobromine*, est, de plus, un excellent tonique du système nerveux
et du coeur.
Pris à dose modérée, il est, à cet égard, un adjuvant
précieux dans le développement de la volonté et il est particulièrement utile au
travailleur intellectuel.
et, par suite, de la décalcification
humorale.
Il peut contenir des quantités plus ou moins importantes des
téguments de la graine de cacao, de l'ocre rouge pour le colorer et des matières
amylacées dans le but de le rendre crémeux à la cuisson.
Ajoutons,
toujours en ce qui concerne le magnésium, que, de temps en temps, et tout
particulièrement dans les moments de dépression, d'aboulie, de fatigue
intellectuelle et physique, on pourra avoir recours au chlorure de magnésium
pharmaceutique.
L'iode, qu'il nous reste à examiner ici, se trouve dans
tous les tissus et est l'un des éléments essentiels de la thyroxine, hormone de
la glande thyroïde.
Cet organe contient de 2 à 6 mg
d'iode.
L'absence du métalloïde ou même sa présence en quantité trop
faible entraîne des troubles d'insuffisance thyroïdienne, surtout s'il s'agit de
sujets jeunes.
Ils sont alors atteints de crétinisme myxoedémateux qui
est caractérisé par un arrêt du développement intellectuel et une aboulie
pratiquement totale, d'où l'importance de l'iode dans la culture de la
volonté.
En certaines contrées granitiques de Suisse, où les eaux très
pures ne contiennent pas d'iode, le crétinisme myxoedémateux était autrefois
très fréquent.
Il a régressé aujourd'hui grâce à l'administration d'iode
aux enfants.
Cependant, pour assurer une alimentation correcte permettant
d'obtenir un équilibre physique et psychologique aussi convenable que possible,
il ne suffit pas de couvrir les dépenses énergétiques de l'organisme ainsi que
son besoin minimum en protéines et en sels minéraux.
La vitamine B1
assure la transmission de l'influx nerveux.
Il s'ensuit que dans
l'alimentation courante l'apport vitaminique B sera obtenu par la consommation
des aliments précités, contenant les vitamines en question, ainsi que par la
consommation de yaourt dont les bactéries produisent des quantités appréciables
de vitamines B dans le tube digestif.
Comme la pellagre était surtout
fréquente parmi les populations qui se nourrissaient presque exclusivement de
farine de mais, on crut d'abord qu'elle était déterminée par une substance
toxique existant dans la céréale, avariée ou non, mais l'on découvrit, par la
suite, qu'elle était due essentiellement à l'absence dans le maïs de vitamine
PP. Effectivement, on a vu des sujets pellagreux confinés à l'asile remis dans
la vie normale par l'administration de quelques milligrammes de cette substance,
le besoin quotidien normal étant de 16 mg.
Mais, en fait, bien que la
pellagre soit une avitaminose, elle est le plus souvent compliquée de troubles
secondaires dus à d'autres carences (protides et graisses) qui en rendent
l'étude étiologique* particulièrement difficile.
Toutefois, dans le cas
de perte de la mémoire, de confusion mentale avec idée de suicide, d'asthénie
générale accompagnée de maux de tête, il vaut mieux avoir recours à l'amide
nicotinique pharmaceutique.
Ce qui d'ailleurs n'exclut pas l'usage
d'aliments riches en vitamine PP.
soigneusement avant la cuisson pour
éliminer les nombreux produits chimiques dont elles sont habituellement
recouvertes.
Pour une raison analogue on éliminera les pommes de terre
qui ont verdi en cave et les pommes de terre germées, reconnaissables, après
cuisson, à leur goût sucré.
Les unes et les autres renferment un poison
redoutable: la solanine*.
2° La vitamine C'étant détruite par l'oxygène
de l'air, il ne faut pas éplucher les légumes ni râper les crudités longtemps à
l'avance.
Les métaux oxydables facilitant son oxydation, il convient,
dans la préparation des légumes, de se servir de couteaux et de râpes
inoxydables.
De même, la cuisson en milieu basique accélérant l'oxydation
de la vitamine C, il ne faut jamais ajouter du bicarbonate de soude aux
légumes.
En revanche, la vitamine se conservant en milieu acide,
l'assaisonnement des salades avec un filet de citron ou avec quelques gouttes
d'un bon vinaigre de vin est une pratique recommandable.
3° Les légumes
et les fruits perdant une partie importante de leur vitamine C'entre la
cueillette et leur utilisation, il faut, autant que possible, consommer des
aliments frais.
Les feuilles vertes (épinards, salades, choux, etc.)
flétries et jaunies ne renferment presque plus de vitamine C.
La perte
est également notable dans les fruits et dans les légumes conservés par
dessiccation ou salaison.
De même, au cours de l'hiver, la teneur de la
pomme de terre en vitamine C diminue progressivement et s'annule dès le mois de
février.
4° La proportion de vitamine détruite par la chaleur étant
d'autant plus grande que la cuisson est plus longue, il faut préférer les
cuissons rapides aux cuissons longues (mijotage).
A cet égard, les modes
culinaires usuels font perdre en moyenne la moitié de la vitamine C des
aliments.
En revanche, le froid la conserve, d'où l'intérêt des chambres
froides et des frigidaires pour garder les légumes et les fruits.
Notons
que certains aliments ne contiennent pas de vitamine C.
Ce sont l'amidon,
la fécule, les sucres purs, les farines, les extraits de viande, l'oeuf, les
graisses et les huiles végétales ou animales.
Les graines non germées et
la levure de bière n'en renferment que de faibles quantités.
La vitamine
E, qui est essentiellement la vitamine de la reproduction, ne joue pas un rôle
de premier plan dans l'exercice de la volonté.
Toutefois, à cet égard,
elle peut être utile dans quelques cas, et, en particulier, dans certains états
dépressifs d'origine sexuelle.
Il y a alors intérêt à en prendre une dose
suffisante, soit 20 mg environ, ce qui est facile à réaliser car elle est
particulièrement abondante dans le germe de blé et de maïs, dans le chou, la
laitue, le muscle de boeuf, le foie et le rognon de boeuf ou de veau.
On
la trouve aussi, mais en proportion moins grande, dans les huiles d'arachide,
d'olive et de noix, dans le beurre et le pain complet.
Les vitamines A et
K Signalons enfin les autres vitamines que nous n'avons pas encore examinées,
c'est-à-dire les vitamines A et K, qui, bien que moins intéressantes que les
précédentes en ce qui concerne notre propos, doivent être néanmoins mentionnées
car elles jouent un rôle important dans le maintien de l'équilibre organique,
et, de ce fait, peuvent agir indirectement sur notre état psychique et sur notre
volonté.
La vitamine A ou antixérophtalmique agit particulièrement sur le
système endocrinien et sur un certain nombre d'équilibres
métaboliques.
Sa carence entraîne une affection spéciale de l'oeil, la
xérophtalmie, caractérisée par une cécité due à la dessiccation et à des lésions
de la cornée.
On la trouve dans les légumes verts, les fruits, le foie et
le beurre d'été; les huiles de foie de poissons de mer, flétan ou morue par
exemple, en renferment des quantités considérables.
D'autre part, le
pigment rouge de la carotte, ou carotène, se transforme dans le foie en vitamine
A, à condition toutefois que l'organe ne soit pas atteint de lésions
graves.
On le terminera par une cuillerée à soupe de levure de bière, une
cuillerée à dessert de germes de blé ou une cuillerée à soupe de blé germé que
l'on mastiquera soigneusement.
En tout cas, on s'abstiendra de potages
dits «instantanés», les viandes en poudre qui les composent n'étant pas toujours
de première qualité, leurs farines pouvant être vieilles et leurs arômes étant
souvent chimiques.
Les graisses animales, génératrices de cholestérol,
les charcuteries, les sucreries en excès seront évitées.
Il est nutritif
parce qu'il entraîne des apports plus considérables d'oxygène et de matériaux
alimentaires; il est désintoxiquant car il accroît les combustions cellulaires
et facilite le fonctionnement de l'intestin, des teins et de la peau; il est
dynamogène parce qu'il stimule le système nerveux.
Bien entendu, les deux
formules se confondent souvent et il est assez artificiel de les
séparer.
Nous effectuerons néanmoins cette distinction et nous
n'examinerons ici que les exercices essentiellement destinés à développer
l'attention et la volonté.
Chaque mouvement, qui sera toujours effectué
lentement, comporte, en général, deux temps, un d'aller et un de retour à la
position de départ.
Lorsque le mouvement s'y prêtera, la respiration sera
rythmée avec les deux temps: on inspirera l'air pendant le premier temps et on
l'expirera au cours du second temps.
Troisième exercice: Extension et
flexion des avantbras dans un plan horizontal.
Le corps étant toujours
dans la position initiale, on élève les bras à la hauteur des épaules, les
coudes bien en arrière, les avant-bras en flexion complète sur les bras, les
doigts serrés, la paume de la main tournée en bas.
Dans le premier temps,
on étend les avant-bras latéralement sans bouger les bras, et, en même temps, on
inspire largement.
place, ce mouvement de flexion étant accompagné d'une
expiration complète.
Le corps étant parfaitement droit, on étend les bras
en avant et obliquement, les paumes étant appliquées l'une contre
l'autre.
Ensuite, les bras étant bien tendus, on les élève en décrivant
une circonférence, on les fait passer en arrière du tronc, on les abaisse et on
revient à la position de départ.
On recommence l'exercice, mais en sens
inverse.
Cinquième exercice: Flexion et extension des genoux.
Les
mains étant placées sur les hanches, avec épaules et coudes projetés en arrière,
on élève une cuisse le genou plié puis on fait une extension et une flexion de
la jambe.
On revient ensuite à la position debout et on pratique le même
mouvement avec l'autre jambe.
Sixième exercice: Circumduction des membres
inférieurs, mains à la nuque.
Les jambes et le tronc étant dans la
position initiale, on porte les bras en extension latérale et on place les mains
en haut et derrière la nuque, la paume en avant.
On efface les épaules et
on porte les coudes le plus possible en arrière, sans toutefois que la tête
cesse d'être bien droite.
Cette simple position exige un effort
considérable des muscles de l'épaule.
dehors et en arrière en faisant
parcourir au pied une circonférence aussi étendue que possible.
On
exécute ensuite ce mouvement avec l'autre pied.
Septième exercice :
Extension et flexion des genoux, mains aux hanches.
Au départ, on place
les mains sur les hanches et on s'élève sur la pointe des pieds.
Ensuite,
on exécute très lentement un mouvement de descente verticale du tronc, les
cuisses étant en abduction, c'est-à-dire écartées du plan médian du
corps.
Le tronc et la tête doivent conserver la ligne
verticale.
Enfin, dès que les talons ont été en contact avec la partie
postérieure des cuisses, on se relève lentement sur la pointe des
pieds.
On inspire profondément au cours de l'élévation du corps et on
expire pendant l'abaissement.
Cet exercice est relativement pénible,
l'équilibre et l'attitude droite étant assez difficiles à maintenir.
Il
faut veiller, et ceci exige beaucoup d'attention, à bien garder le corps droit,
à ne se pencher ni en avant, ni en arrière.
Huitième exercice:
Soulèvement et abaissement du corps sur les bras.
On s'étend face au
plancher en se soutenant sur la pointe des pieds réunis et sur la paume des
mains écartées l'une de l'autre à une distance un peu supérieure à celle des
épaules.
On fléchit les bras jusqu'à ce que le visage et l'abdomen
viennent presque au contact du sol, puis on se redresse en étendant les
bras.
On inspire profondément pendant le soulèvement et on expire pendant
la flexion.
En ce qui concerne le premier point de vue, la gymnastique
ventrale est souveraine dans les affections des organes abdominaux, spécialement
dans les états congestifs et les insuffisances fonctionnelles, dans les inerties
de cause musculaire ou nerveuse et dans les vices de position.
Après
s'être étendu sur le dos, on place une pile de gros livres ou un petit sac de
sable sur l'abdomen.
En relâchant, puis en contractant les muscles
abdominaux on anime la charge d'un mouvement de bas en haut et de haut en
bas.
Après s'être couché sur le dos, on soulève le tronc et les membres
inférieurs en position verticale, les reins étant calés avec les mains, les
coudes prenant appui à terre.
Les exercices physiques que nous venons de
décrire seront suivis ou même accompagnés d'exercices de respiration
profonde.
Lorsque l'expiration normale est achevée, on continue à rentrer
le ventre en contractant volontairement les muscles abdominaux et en abaissant
les côtes inférieures.
d'échappement des véhicules automobiles et
constituer des «ions lourds» particulièrement abondants dans l'atmosphère des
villes.
En plus de l'action des rayons ultraviolets solaires et des
rayons cosmiques qui constituent les facteurs essentiels de l'ionisation,
celle-ci peut être accessoirement produite par la radioactivité du sol, par les
effluves et les décharges électriques (éclairs) et par des processus de moindre
importance tels que 1 «effet Lenard», qui se manifeste lors de la pulvérisation
et la dispersion violente des gouttes d'eau, par exemple pendant les fortes
pluies, dans les cascades ou encore à la surface de la mer au cours du flux et
du reflux ou lorsque celle-ci est fortement agitée.
Le passage du vent
dans les aiguilles de pins est également un facteur
d'ionisation.
L'ionisation atmosphérique varie selon les saisons, la
pureté de l'air et les conditions météorologiques.
Or, à la suite des
travaux d'un grand nombre de chercheurs, et en particulier de physiciens et de
biologistes soviétiques tels que Sokolf, Vassiliev, Mink et surtout Tchijewsky,
il a été démontré que la salubrité de l'air et par conséquent d'un climat est en
grande partie déterminée par la proportion des ions négatifs lesquels exercent
une action stimulante sur les différents organes tout en suscitant une certaine
euphorie psychique.
En revanche, les ions positifs sont nettement
défavorables.
C'est ainsi qu'avant un orage, où la proportion d'ions
positifs est élevée, beaucoup de personnes, cependant normales, sont mal à
l'aise et se sentent nerveuses.
De leur côté, les malades atteints
d'angine de poitrine, les phtisiques, les asthmatiques voient leurs troubles
s'accentuer.
Ceux-ci disparaissent après l'orage par suite de
l'apparition d'ions négatifs produits par les effluves et les décharges
électriques entre la terre et les nuages.
une proportion trop élevée
d'ions positifs transportés par le vent.
L'accumulation au-dessus des
villes, et a fortiori audessus des vastes agglomérations industrielles, de
fumées et de gaz polluants, provoque une diminution d'ions négatifs et une
augmentation d'ions positifs.
Les fumées et les poussières sont en effet
attirées par les ions négatifs autour desquels elles s'agglomèrent en les
neutralisant et, d'autre part, elles forment écran aux rayons ultraviolets qui,
ainsi que nous l'avons signalé, sont producteurs d'ions.
De plus, les
combustions variées sont destructrices d'ions négatifs.
Enfin, d'après
Tchijewski et les Américains Iaglou, Winsor et Beckett, les malaises tels qu'une
certaine lassitude et des maux de tête, ressentis au bout de quelque temps par
des personnes occupant une salle non constamment aérée, ne résultent pas, comme
on pourrait le croire a priori, d'un défaut d'oxygène mais proviennent
essentiellement d'une augmentation des ions positifs et, corrélativement, d'une
diminution d'ions négatifs.
Ces mêmes auteurs ont également constaté que
des animaux (cobayes, lapins, chiens, pigeons) placés dans une atmosphère
totalement privée d'ions négatifs, les autres conditions biologiques étant
normales, meurent en moins de 8 jours.
Il est à remarquer qu'à
l'intérieur d'une voiture automobile le pourcentage d'ions négatifs est très
faible.
tient, en partie, à son atmosphère confinée et surtout à sa
structure métallique qui, par 1 «effet Faraday», neutralise très rapidement les
charges électriques.
D'après beaucoup de physiologistes, cette absence
presque totale d'ions négatifs explique le comportement et l'état pathologique
de certains conducteurs de voitures automobiles: agressivité importante, donc
troubles de la volonté, fatigue nerveuse anormale, baisse de l'acuité visuelle,
diminution des réflexes, amoindrissement de la vitalité, sentiment de
malaise.
Ainsi que nous l'avons indiqué, les ions négatifs exercent une
action stimulante sur les différents organes tout en suscitant une certaine
euphorie psychique.
En Outre, ils favorisent la défense de l'organisme
contre les virus et les bactéries.
Tout d'abord l'ionisation négative
produit une augmentation de l'oxygénation du sang.
En effet, et comme
nous l'avons précédemment signalé, les atomes d'oxygène s'ionisent beaucoup plus
facilement que les autres composants de l'air et, de ce fait, leur pouvoir de
pénétration s'en trouve accru.
De plus, le volume d'air inhalé est
augmenté par la présence des ions négatifs par suite de leur action sur le
système nerveux central qui agit sur les mouvements de la cage thoracique et sur
les muscles lisses des bronches.
D'autre part, d'après les travaux des
biologistes Benjamin, Brandt, Yaglou, Tchijewski, Vassilief et Choate, la
perméabilité des cellules pulmonaires est augmentée.
Il s'ensuit que
l'oxygénation générale de l'organisme et en particulier du cerveau s'en trouve
accrue, d'où une activité plus grande de cet organe.
En second lieu,
l'élimination des toxines est accélérée par cette augmentation de la
perméabilité des parois cellulaires pulmonaires que nous venons de
signaler.
Les ions négatifs régularisent également le fonctionnement des
systèmes nerveux central et végétatif ainsi que du système endOCrinien
(surrénales, hypophyse, thyroïde, gonades, etc.) et les conséquences de cette
action sont très étendues.
Elles intéressent en effet la plupart des
désordres organiques et psychiques au nombre desquels on peut citer, sur le plan
général, le sommeil, les maux de tête, la nervosité et, sur le plan médical,
l'asthme, les diverses allergies, l'hypertension et certaines
névroses.
Enfin, les ions négatifs protègent l'organisme contre les
poussières et les bactéries grâce à 3 mécanismes: par l'accroissement de
l'activité des cils vibratiles de la trachéeartère et des bronches qui jouent un
rôle de filtre naturel; par une action directe sur les virus et les bactéries
dont les ions négatifs inhibent leur développement en colonies et rendent
difficile leur pénétration à travers les parois des cellules; par une régulation
du système immunitaire de défense.
Expérimentant sur des animaux,
Tchijewsky a montré que l'air ionisé négativement accélère leur croissance,
améliore leur rendement en lait, en oeufs, en laine, stimule leur activité
sexuelle, les rend plus aptes à lutter contre les infections et facilite leur
guérison dans un assez grand nombre de maladies.
Il a également constaté
que chez les végétaux l'air ionisé négativement hâtait la germination des
semences et augmentait les récoltes.
Ces faits, ainsi que d'autres de ce
genre, ont conduit des thérapeutes à utiliser l'ionisation de l'air, et tout
spécialement l'inhalation d'ions négatifs dans le traitement de quelques
troubles pathologiques tels que l'hypertension, comme nous l'avons vu, l'asthme,
les bronchites chroniques, les sinusites, le rhume des foins et diverses
allergies, l'angine de poitrine, l'infarctus du myocarde, et ils ont obtenu des
améliorations sensibles de l'état de leurs malades.
Le tabac Ajoutons, en
ce qui concerne l'hygiène de la respiration, qu'il convient d'éviter le tabac
et, dans la mesure du possible, comme nous le voyons plus loin, l'air pollué des
grandes villes.
Trois facteurs principaux sont responsables de la
pollution atmosphérique des grandes villes: les microbes, les poussières et les
substances chimiques.
vers les hautes couches de l'atmosphère où elles
forment une sorte d'écran qui, dans la région parisienne, occupe un cercle de 18
km de rayon.
Mais, malheureusement, cet écran arrête les bienfaisants
rayons ultraviolets destructeurs de microbes et diminue la proportion d'ozone
qui est un gaz désinfectant.
En janvier par exemple il provoque une
diminution de l'ensoleillement de 33 % par rapport à la campagne
environnante.
En été, la différence est moins grande.
Mais la
pollution la plus importante de l'atmosphère des grandes villes est d'ordre
chimique.
Elle est due à des produits gazeux dont les uns sont toxiques
et d'autres cancérigènes.
Parmi les premiers on peut citer l'oxyde de
carbone, l'anhydride sulfurique, les vapeurs d'aldéhyde, le plomb tétraéthyle
et, parmi les seconds, les hydrocarbures, les produits arsenicaux et les
goudrons qui se pré-sentent à l'état d'aérosols.
Dans cette pollution, la
part de très loin prépondérante revient aux gaz émis par les pots d'échappement
des automobiles.
Dans une grande ville où circulent journellement 200.000
voitures et autres véhicules à moteur pendant les heures de pointe, et 20 000
environ dans les moments de moindre circulation, les quantités de gaz toxiques
versés en 24 heures atteignent les chiffres surprenants de 36 à 37 millions de
mètres cubes pour l'oxyde de carbone et de 525 à 526 millions de mètres cubes
pour les gaz divers.
Dans l'agglomération parisienne, le volume d'oxyde
de carbone produit en 24 heures par les véhicules à moteur atteint 50 millions
de mètres cubes, de sorte que la dose toxique est, dans certaines rues,
largement dépassée.
Au reste, des analyses de sang montrent qu'un
Parisien sur deux est profondément intoxiqué par l'oxyde de carbone.
Elle
produit un certain degré d'anémie ainsi que des troubles cérébraux (maux de
tête, tendance à somnoler, affaiblissement de la volonté et de la mémoire) et
elle prédispose au cancer pulmonaire.
Il convient donc d'éviter, dans la
mesure du possible, l'air empoisonné des grandes villes, ce qui, à vrai dire,
n'est pas toujours réalisable.
En tout cas, si l'on doit obligatoirement
vivre en ville, il est préférable d'habiter un appartement situé dans les zones
périphériques et à un étage élevé ou l'atmosphère est relativement peu
polluée.
De même, on habitera aussi loin que possible de certaines usines
qui déversent dans l'air des substances toxiques: du chlore ou ses sous-produits
(usines de blanchi-ment du papier ou de la cellulose); de l'hydrogène sulfuré
(usines de la viscose, forage et raffinage du gaz de Lacq, usines de raffinage
du pétrole, etc.); de l'anhydride sulfureux et de l'anhydride sulfurique (usines
de grillage des pyrites); des produits arsenicaux, de l'oxyde de carbone, des
benzopyrènes, du peroxyde d'azote, de l'ammoniac, du béryllium, du mercure, du
plomb et leurs sels, de la silice, des dérivés du phosphore, des bases alcalines
et alcalinoterreuses, des fluorures et des fluosilicates (usines diverses telles
que les usines d'engrais azotés, du béryllium, les cimenteries, les émailleries,
les aciéries, les fours à chaux, etc.).
L'eau, l'air et le soleil
Conjointement aux différents facteurs de bon équilibre organique et psychique
que nous venons d'examiner, l'eau, l'air et le rayonnement solaire sont de
merveilleux agents de santé physique et morale, à condition toutefois qu'ils
soient maniés judicieusement, prudemment et méthodiquement.
Sinon ils
peuvent être aussi des armes redoutables, d'où la nécessité de préciser leur
mode d'utilisation.
En hydrothérapie, l'eau est employée froide ou
chaude.
prolongé, auquel cas il produit une hypoesthésie locale,
c'est-à-dire une diminution de la sensibilité; le chaud agit dans un sens
diamétralement opposé.
L'application froide augmente la capacité
énergétique des muscles volontaires et la chaude la diminue : on a par exemple
constaté, à l'aide de l'ergographe* de Mosso, que le bain de piscine de 15
secondes à 10 °C accroît de 50 pour 100 la résistance des muscles à la
fatigue.
Mais c'est surtout sur l'appareil circulatoire que l'eau agit
d'une façon élective.
Dans les conditions normales, l'eau froide produit
une vasoconstriction puis une vasodilatation active réactionnelle donnant une
teinte rose vif à la peau, et, enfin, si l'action se prolonge, une
vasodilatation paralytique se manifestant par une teinte cyanotique des
téguments.
L'eau chaude, appliquée avec les intensités habituelles,
provoque une vasodilatation primitive.
Froide ou chaude, l'eau suscite
des modifications circulatoires vasomotrices réflexes à distance.
Ainsi,
le bain froid d'une main abaisse la température de l'autre main; pendant un bain
de siège froid, le volume des bras augmente par vasodilatation.
C'est,
d'autre part, un fait connu que l'application froide et courte (douche)
généralisée ou localisée à la nuque (moelle cervicale) produit un arrêt
respiratoire en inspiration forcée, correspondant à un sentiment de choc
angoissant, puis une accélération et une augmentation d'amplitude des mouvements
thoraciques.
En même temps, la capacité respiratoire augmente notablement
et, par conséquent, la ventilation pulmonaire.
Les applications d'eau
chaude agissent dans le sens opposé.
Ces phénomènes circulatoires et
respiratoires se répercutent sur la nutrition générale: la circulation est
activée dans l'intimité des tissus, le sang s'enrichit en oxygène, la
température superficielle s'élève, l'hématopoïèse, c'est-à-dire la formation des
globules du sang, s'accroît.
Enfin, l'eau agit comme excitant mécanique :
elle est cardiotonique et généralement hypertensive, tout particulièrement
lorsqu'elle est appliquée sous forte pression.
En même temps, l'eau
endurcit le corps, accroît sa résistance aux intempéries et aux infections,
aguerrit le caractère et provoque l'éclosion de sentiments euphoriques
favorables au développement de la volonté.
Si l'on est vigoureux, les
applications quotidiennes d'eau froide seront bienfaisantes.
Elles seront
par contre néfastes si l'on est débile, dévitalisé, nerveux.
La cure
solaire est également éminemment favorable si elle est conduite avec mesure et
opportunité.
L'équilibre du sujet, ses forces, sa résistance aux
infections, son état général se trouvent considérablement
renforcés.
L'ergostérol cutané est transformé en vitamine D.
De ce
fait, l'assimilation du calcium et du phosphore est facilitée et la
calcification du squelette assurée.
Même sans exercice très intense, les
muscles se développent, prennent des contours plus pleins, moins
heurtés.
La peau s'assainit, se colore d'une chaude patine, l'ensemble du
corps gagne en force, en beauté et en grâce.
Enfin, et ceci nous
intéresse particulièrement, le système nerveux sympathique se trouve stimulé, le
tonus intellectuel augmenté; une euphorie, un optimisme, une sensation générale
d'allègement, un sentiment de puissance, la joie de vivre s'emparent de
l'héliophile.
Le soleil, le grand animateur de toute vie terrestre, est,
en ce cas, un puissant facteur de santé et d'accroissement de la
volonté.
Un sommeil réparateur quotidien est un élément important dans le
maintien et le développement de la volonté.
Les personnes qui dorment mal
deviennent en effet très souvent plus ou moins asthéniques, c'est-à-dire perdent
progressivement une partie de leurs forces, et, de ce fait, exercent
difficilement leur volonté.
Signalons toutefois au passage que
l'asthénie, et, en particulier l'asthénie persistante, peut avoir beaucoup
d'autres causes que l'insomnie.
Elle peut provenir d'une descente
d'estomac, de digestions mauvaises, d'une tension artérielle basse, d'un trouble
endocrinien et tout spécialement d'une insuffisance surrénalienne, d'une
imprégnation tuberculeuse, d'une infection torpide généralement colibacillaire,
d'une déminéralisation, d'urémie (excès d'urée dans le sang), de glycémie, de
diabète, d'anémie (diminution du nombre de globules rouges), de leucémie
(augmentation du nombre de globules blancs), d'un début de cancer,
etc.
souffre provient de l'un ou de l'autre de ces troubles
pathologiques, il convient évidemment de suivre un traitement médical
approprié.
Le temps consacré au sommeil varie suivant l'âge et le
sexe.
Normalement, il doit être de 6 à 8 heures pour un homme adulte, de
7 à 9 heures pour les femmes, de 9 heures pour les jeunes gens au-dessus de 13
ans, de 10 heures environ pour les personnes âgées de plus de 65 ans et pour les
enfants au-dessous de 13 ans.
Toutefois, les besoins sont très variables
selon les individus.
Si, pour certains, 4 ou 5 heures sont suffisantes,
d'autres conservent à l'âge adulte leurs habitudes d'enfance et exigent 9 ou 10
heures de sommeil.
L'important est que l'on se sente frais et dispos au
réveil.
Au reste, le même individu n'a pas toujours besoin de la même
dose de sommeil; suivant les circonstances, il peut se contenter de 5 heures ou,
au contraire, trouver insuffisant un sommeil de 8 heures.
En tout cas,
les personnes faibles et anémiques ainsi que certains nerveux ont avantage à
prolonger les durées habituelles de sommeil.
phases plus courtes pendant
lesquelles il rêve ou au cours desquelles il mémorise les événements survenus au
cours de la journée.
Pendant cette forme de sommeil le sujet a souvent
certaines apparences de l'éveil: ses yeux bougent, il est parfois animé de
petits mouvements des doigts et de la main, mais il y a abolition du tonus
musculaire.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire a priori, cette
phase de sommeil, que l'on qualifie souvent de «paradoxale», est indispensable
pour la santé physique et psychique de l'individu.
ce sommeil,
apparaissent très fatigués comme s'ils n'avaient pas dormi.
De même, des
chiens, réveillés chaque fois qu'ils se trouvent dans cette phase de sommeil,
finissent par mourir d'épuisement bien qu'on les ait laissés dormir pendant les
phases de sommeil profond.
On a calculé qu'un homme de 70 ans a passé en
moyenne 43 ans à être éveillé, 22 ans à l'état de sommeil profond et 5 ans en
sommeil paradoxal.
Alors qu'avant 2 ans, un enfant dort 14 heures environ
dont 4 h 30 en phase de sommeil paradoxal, l'homme, après 50 ans, ne connaît
qu'une heure de sommeil paradoxal sur 7 heures de sommeil.
D'après le
professeur Scherrer de l'hôpital Pitié Salpetrière, il existe une période
intermédiaire assez courte entre les 2 formes de sommeil et c'est peut-être à ce
moment là que se déroulent les cauchemars des enfants.
Mais quelle que
soit la forme de sommeil envisagée, les statistiques révèlent que 50 pour 100
des gens dorment mal.
Une température supérieure donne une sensation
d'étouffement qui favorise l'insomnie.
Ils exercent sur le système
nerveux une action sédative marquée, calmante et soporifique.
Un excès
d'aliments azotés (viandes, oeufs, fromages) ou d'aliments fortement minéralisés
(légumes verts cuits à l'étuve ou dans très peu d'eau, soupes aux légumes trop
concentrées) prédispose à l'insomnie.
Quelquefois, au contraire, surtout
chez les hyper chlorhydriques, le repas du soir trop léger provoque une
sensation de vide gastrique ainsi que des tiraillements d'estomac qui empêchent
la venue du sommeil.
Au reste, c'est une excellente habitude d'aller à la
selle avant de se coucher, l'évacuation de l'intestin augmentant de 250 cm 2
environ la capacité pulmonaire.
Lait et mélasse apportent en effet à
l'organisme l'ion calcium Ca++ et la vitamine B6 éminemment sédatifs et
apaisants par l'équilibre humoral qu'ils contribuent à établir.
Le
sommeil étant en effet un impératif absolu, il vaut mieux le trouver à l'aide de
drogues que de courir en vain après lui.
On peut d'ailleurs de soi-même,
c'est-à-dire sans nécessairement consulter le médecin, utiliser des sédatifs
végétaux qui diminuent l'excitabilité cérébrale tout en étant pratiquement
inoffensifs.
Ils produisent un assoupissement rapide et procurent un
sommeil proche du sommeil naturel.
Ce sont, par exemple, l'anémone
pulsatile, l'aubépine, la ballote, la cynoglosse, le gui, le lotier, la mélisse,
la passiflore, le saule blanc (2).
Signalons enfin que la campagne, la
forêt, les régions de moyenne altitude et de lacs, la côte méditerranéenne,
surtout dans sa partie est, Grasse, Pau, Arcachon et leurs environs sont
particulièrement recommandés aux insomniaques.
En revanche, ils éviteront
la mer du Nord et la Manche dont les effets sont plutôt excitants.
Quant
à la haute montagne, elle leur est tout à fait contre-indiquée.
Une cure
thermale à Néris-les-Bains, Évaux-les-Bains ou Divonne-les-Bains exerce une
action bénéfique sur le système nerveux, et, de ce fait, favorise le sommeil,
surtout chez les insomniaques surmenés par une vie trop active.
La
psychologie nous enseigne et l'observation courante permet de le constater
facilement que toute émotion est indissolublement liée aux réactions musculaires
concomitantes, si étroitement même que si l'on enraye ces réactions, l'émotion
s'atténue considérablement ou peut disparaître complètement.
Et même,
pour beaucoup de psychologues, ce qui constitue l'émotion, ce n'est pas le fait
psychique suivi des effets physiologiques, ce sont, au contraire, les faits
physiologiques qui sont considérés comme cause, puis le fait psychique envisagé
comme effet.
Ma théorie, au contraire, est que les changements corporels
suivent immédiatement la perception du fait excitant et que le sentiment que
nous avons de ces changements, à mesure qu'ils se produisent, c'est
l'émotion.
impulsives; supprimez dans le chagrin les pleurs, les soupirs,
les sanglots, la suffocation, l'angoisse, que restera-t-il?
Un pur état
intellectuel, pâle, incolore et froid.
Pour d'autres psychologues,
également partisans de la théorie périphérique de l'émotion, les glandes à
sécrétion interne ou endocrines* exercent une influence capitale sur les
phénomènes affectifs.
Effectivement, toute émotion violente s'accompagne
d'une hypersécrétion d'adrénaline; l'hypertrophie de l'hypophyse se traduit par
de la dépression mélancolique, etc. Toutefois, s'il faut bien accorder aux
théories physiologiques que sentiments et émotions ne seraient rien sans leur
support corporel, il convient de remarquer qu'une idée, une contradiction, un
chagrin, la menace d'un danger peuvent, en tant qu'états intellectuels ou
représentatifs, provoquer tous les faits physiologiques énumérés par Théodule
Ribot, ce qui signifie que ce n'est pas toujours le physique ou le physiologique
qui influent sur le moral, mais que c'est aussi le moral qui exerce une action
sur le physiologique.
Ainsi, lorsqu'on dit que le coeur est «brisé» par
la douleur, cela répond à des phénomènes réels.
Le coeur a été
temporairement arrêté par une impression soudaine, d'où quelquefois la syncope
et des crises nerveuses.
Le «coeur gros» correspond à un prolongement de
la diastole qui fait éprouver dans la région précordiale un sentiment de
plénitude et de resserrement.
Le coeur qui palpite n'est pas seulement
une formule poétique, mais c'est aussi une réalité physiologique: les battements
sont rapides.
La locution populaire sur les émotions qui «font tourner le
sang» n'est pas aussi ridicule qu'il peut sembler de prime abord.
La
colère ou la peur provoquent souvent des altérations du liquide sanguin et des
humeurs en général.
La sécrétion urinaire fournit un gros contingent de
changements chimico-physiologiques (azoturie, oxalurie, phosphaturie, etc.) qui
coïncident avec certaines émotions telles que la crainte, la mélancolie,
l'irritabilité.
Chez les diabétiques, les fluctuations de l'état mental,
suscitées par des causes extérieures, font varier la quantité de sucre dans les
urines.
Enfin, comme nous le verrons dans le chapitre VIII, la
suggestion, l'idée de guérison, la représentation mentale de l'état de santé
peuvent agir efficacement et puissamment sur l'organisme, susciter des
modifications physiologiques importantes, favoriser l'oxydation des réserves
organiques, augmenter la thermogénèse, éliminer les toxines, activer les
sécrétions gastrique, pancréatique, hépatique et celles des glandes hormonales,
exalter la phagocytose, les réactions de défense, le pouvoir antixénique* du
terrain, accélérer les processus de cicatrisation.
Cette influence de
l'esprit sur l'organisme est telle qu'actuellement, dans les hôpitaux
américains, on n'expérimente les produits pharmaceutiques qu'après avoir éliminé
au préalable les sujets sensibles à la suggestion.
A cet effet, on
utilise des cachets, des tablettes, des suppositoires ne contenant aucune
substance active mais qui ont exactement la forme et la couleur des vrais
médicaments.
Ces faux médicaments ou «placebos» (de placere qui signifie
plaire) agissent dans 35 pour 100 des cas environ.
En France, le contrôle
par placebos a été appliqué par le docteur Pierre Soulié à l'hôpital
Lariboisière.
En expérimentant sur l'angine de poitrine l'action d'un
nouveau médicament, la diachromone, l'éminent cardiologue a constaté que 25 pour
100 des patients étaient améliorés par le seul fait de la suggestion.
De
son côté, le phtisiologue Albert Mathieu injecta du sérum physiologique (eau
salée) décoré du nom d «Antiphymose» à des tuberculeux hospitalisés en prenant
soin auparavant d'annoncer que ce sérum était une grande découverte.
On
nota, chaque jour, les résultats acquis, ils dépassèrent toutes les
espérances.
l'expectoration, des sueurs nocturnes, et même de certains
signes physiques et pulmonaires, le tout accompagné d'une augmentation de poids
allant de mille cinq cents grammes à deux ou trois kilos.
Rappelons aussi
que, déjà, Ignace de Loyola et Pascal n'ignoraient pas l'effet exercé par
l'attitude sur le sentiment et l'émotion lorsqu'ils recommandaient de se mettre
à genoux pour augmenter la foi religieuse.
Nous y parviendrons, d'une
part, grâce à des exercices d'harmonisation musculaire, et, en particulier,
grâce à des exercices d'attitude, à la maîtrise du visage, à la maîtrise du
regard, à la maîtrise de la parole, et, d'autre part, à l'aide d'exercices de
détente musculaire ou de relaxation.
Ensuite, on s'exercera à lire chez
soi un texte à haute voix et en articulant bien, et, enfin, on passera à des
improvisations oratoires, devant des chaises vides et une grande glace, qui
permettra de remarquer nos défauts de tenue tels que gestes disproportionnés ou,
au contraire, attitude trop rigide, tête trop penchée, ce qui fait que le regard
ne serait pas vu de l'interlocuteur ou du public.
L'enregistrement de ces
improvisations est recommandé: il conduit à déceler nos imperfections concernant
la prononciation, le débit et la qualité du discours.
Avant une entrevue
redoutée on peut, seul, chez soi, imaginer la scène.
On posera les
questions à un partenaire imaginaire, ou on lui répondra.
On articulera
énergiquement les mots qui ont le plus d'importance et on se les représentera
comme de vrais clous que l'on veut enfoncer dans un crâne très dur.
On
accompagnera les phrases de gestes précis mais très sobres pour appuyer nos
dires.
On n'apprendra pas ces phrases par coeur, sinon on risque de ne
pouvoir les placer dans la conversation; en effet, les arguments qui nous seront
opposés au cours de l'entretien ne seront que rarement ceux que l'on aura
prévus; alors le trac, qui ne manquerait pas de survenir, pourrait s'achever en
désarroi.
Ce qu'il faut préparer c'est, non la phrase, mais c'est l'idée,
et il faut laisser à l'improvisation le soin de s'accommoder des hasards de la
conversation.
réserves d'énergie et de combativité accumulées par
l'entraînement psychique.
D'abord artificielle et forcée, cette attitude
mentale finira, grâce à la répétition des efforts, par devenir l'expression
véridique et naturelle de la pensée; ce qui n'était que geste sera devenu
idée.
Le ton de la voix a aussi une certaine importance, et, dans les
exercices de phonétique, on distingue trois tons fondamentaux: le ton normal
haut, le ton normal intermédiaire et le ton normal bas.
Un ton très élevé
et très fort est celui des gens irritables.
Un ton élevé, un peu
au-dessus du ton normal haut, est souvent un ton affectueux.
Un ton
intermédiaire indique le calme de l'esprit et du coeur.
Un ton un peu
au-dessous de l'intermédiaire ajoute de la chaleur et du sérieux à une voix
tendre et aimante.
Un ton bas dans une voix forte indique la force de
caractère, la fermeté de l'esprit et du coeur et une disposition
dominante.
Un ton bas dans une voix douce est un signe de
gravité.
Des tons de chuchoterie indiquent une nature soupçonneuse,
sournoise et trompeuse.
D'après ces indications, on cherchera à modifier
sa voix si elle n'est pas sympathique et distincte.
On ne parlera pas
trop vite car la précipitation dans l'élocution entraîne, pour l'interlocuteur,
une certaine difficulté de compréhension, et, d'autre part, en parlant
lentement, on a le temps de choisir ses mots et ses phrases.
A un point
de vue différent, on fera son possible pour s'exprimer, sinon avec recherche, du
moins avec correction.
phrases courtes, sans images grandiloquentes, et,
d'un autre côté, l'on rayera de son vocabulaire les expressions triviales et
grossières.
Parler «voyou» conduit en effet, infailliblement, à penser
«voyou».
Même en présence de gens vulgaires, on gardera sa correction
verbale habituelle.
On peut avoir des moments de détente, de gaieté,
d'enfantine simplicité, mais sans verser dans la dégradation
verbale.
Enfin, on ne sera ni un contempteur ni un dénigreur, comme le
sont les esprits médiocres qui trouvent des défauts à tout le monde, et l'on
s'abstiendra de blesser, de choquer, de déplaire et de faire rire aux dépens
d'autrui.
Au problème de la culture de la parole se rattache étroitement
celui du bégaiement.
En règle générale, le bégaiement apparaît dans
l'enfance au moment de l'organisation du langage ou dans les années qui
suivent.
Il est parfois héréditaire ainsi que le montrent les
statistiques et les études des jumeaux univitellins*.
En outre, le sexe
joue un rôle important puisque 80 pour 100 des bègues sont du sexe
masculin.
Dans un assez grand nombre de cas, ce sont toujours les mêmes
consonnes qui provoquent la répétition ou l'arrêt; les voyelles, au contraire,
sont émises avec facilité.
La fonction respiratoire en soi est
généralement parfaite si le sujet ne parle pas; le trouble fonctionnel
n'apparaît que dans la respiration vocale.
En troisième lieu,
l'articulation des mots est souvent entravée par des contractions convulsives
inopportunes des muscles des lèvres, de la langue, des élévateurs et des
abaisseurs de la mâchoire inférieure.
Il résulte de ces considérations
qu'il peut exister un bégaiement cérébral lorsque le cerveau éprouve des
difficultés à élaborer convenablement une phrase et un bégaiement musculaire
quand les appareils pulmonaire et vocal répondent imparfaitement aux ordres qui
leur parviennent cependant correctement.
agit, parle, écrit avec son
hémisphère cérébral droit, seul essentiellement actif, alors que le droitier
agit avec son hémisphère gauche, seul véritablement actif également.
En
obligeant un enfant gaucher à utiliser son bras droit, on détermine chez lui des
troubles psychiques parmi lesquels le bégaiement est l'un des plus
fréquents.
Le bégaiement peut apparaître aussi chez l'enfant qui vit dans
un foyer où les parents ne s'entendent pas.
Dans sa volonté de plaire
tantôt à son père, tantôt à sa mère, il se sent pénétré d'angoisse et cette
situation peut conduire au bégaiement.
Le bégaiement est susceptible
aussi de survenir chez l'enfant timide qui vit à l'écart de ses camarades et qui
a peur de se confier.
De son désir de s'extérioriser et de la crainte
qu'il éprouve à le faire, naît, entre ces deux états, le
bégaiement.
Enfin, mais le cas est rare, le jeune bégayeur peut être un
simulateur qui désire attirer sur lui l'attention de ses parents et qui finit,
par habitude, à ne plus pouvoir parler autrement.
Pour combattre
l'infirmité, la médecine classique utilise un certain nombre de médicaments dont
quelques-uns sont relativement efficaces.
Si le cerveau est en cause,
elle prescrit l'ionisation calcique, l'acide glutamique, la thiamine,
l'amphétamine, la caféine, etc.
Contre le bégaiement musculaire, elle
emploie des «décontractants».
Enfin, l'adrénaline à petite dose donne
parfois de bons résultats.
Mais la rééducation des bègues est
certainement aussi utile et probablement même plus importante que le traitement
médicamenteux.
Elle peut être accomplie par le malade
lui-même.
C'est une question de volonté et de persévérance.
Il est
connu que Démosthène s'entraîna, pour vaincre son infirmité, à discourir au bord
de la mer, la bouche pleine de cailloux.
Il s'efforçait de parler assez
fort pour couvrir le bruit des vagues.
Et il devint ainsi le plus grand
orateur de l'antiquité.
Lorsqu'on est bègue, il convient, en premier
lieu, de déterminer si l'on est un gaucher contrarié.
A cet effet, il
faut chercher à se souvenir si l'on avait tendance, étant enfant, à utiliser la
main gauche plutôt que la droite.
Il faut voir également si, dans le cas
de réflexes spontanés, la main gauche est plus prompte que la droite.
On
peut aussi utiliser le test du docteur Garde.
On prononce une phrase, et,
en même temps, on trace avec la main droite une ligne qui comporte autant de
boucles qu'il y a de syllabes.
Si le tracé est incorrect, il est
vraisemblable que l'on était primitivement gaucher.
En revanche, le tracé
fait avec la main gauche est à peu près normal.
Il suffit alors de
redevenir franchement gaucher pour voir le trouble s'atténuer
progressivement.
Ensuite, et quelle que soit l'origine du bégaiement
(gaucher contrarié, choc émotif, complexe d'infériorité devant certaines
personnes, etc.), on procédera aux exercices de prononciation que nous avons
décrits dans le paragraphe précédent (prononciation de voyelles, de consonnes,
improvisations oratoires), on s'efforcera de penser lentement, et on emploiera
l'autosuggestion sous une forme passive et sous une forme active selon la
méthode que nous exposons en détail dans les chapitres V et VIII.
La
méthode d'autosuggestion active, qui complète la précédente, consiste à imaginer
aussi objectivement que possible le personnage que l'on désire devenir,
c'est-à-dire ne bégayant plus, puis à l'extérioriser à la manière des
comédiens.
La seconde méthode, purement éducative, part de la notion
qu'un effort mental persistant, exigeant une attention soutenue, empêche le
bégayeur de s'écouter, donc de s'auto inhiber par crainte de ses défauts
d'élocution.
Avec un tel entraînement, non seulement tous les patients
ont réussi à perdre leur fâcheuse habitude, mais des guérisons complètes ont été
enregistrées après 2 à 4 semaines de traitement.
Sans nul doute c'était
le matin que je m'en tirais le mieux lorsque le corps et l'esprit étaient frais
et dispos.
Si le mot est récent et a fait fortune, l'exercice qu'il
désigne, connu autrefois sous le nom de détente musculaire ou encore
d'isolement, est ancien.
S'exercer à détendre ses muscles à l'instant
même où on le désire, c'est s'habituer à prendre le dessus de ses émotions car
en faisant cesser l'affolement musculaire on fait automatiquement disparaître le
trouble psychique.
La relaxation comporte deux temps, l'un de
décontraction musculaire, l'autre de détente mentale, celui-ci généralement
négligé et cependant très important.
Alors, au bout de quelques minutes,
les bruits du dehors sont faiblement perçus, les membres semblent engourdis, la
sensibilité est atténuée.
Je prends goût à tout ce que je fais.
Je
me sens courageux, énergique, enthousiaste; mes occupations m'apparaissent
faciles.
Le travail me distrait, m'intéresse et m'attire.
Bien
entendu, d'autres formules peuvent être employées.
Mais, quelle que soit
la formule utilisée, il est nécessaire, avant de la répéter, de se placer, comme
nous l'avons indiqué, dans un état de relaxation et de passivité aussi complet
que possible pour que l'inconscient s'imprègne uniquement de la notion suggérée
et afin que ne viennent pas se mêler à ce concept des éléments psychologiques
indésirables, tels que l'analyse et la discussion, qui pourraient introduire des
idées parasites ou même antagonistes.
Le soir, immédiatement avant de
s'endormir, la pratique de cette forme d'autosuggestion est spécialement
recommandée car l'inconscient, bien imprégné de l'idée suggérée, poursuit son
oeuvre au cours du sommeil.
Notons que la répétition fait la force d'une
suggestion et qu'il vaut mieux s'autosuggestionner deux fois chaque jour, le
matin et le soir par exemple, à raison de 10 minutes par séance, plutôt qu'une
fois tous les deux jours avec une séance de 40 minutes.
A cette méthode
d'autosuggestion, qui compte uniquement sur l'inconscient pour développer une
faculté psychique, s'oppose, dans une certaine mesure, la méthode que nous avons
qualifiée d «active».
Elle consiste, comme nous l'avons indiqué à propos
du bégaiement, à imaginer aussi objectivement que possible le personnage que
l'on désire devenir et à le faire vivre en soi à la manière des
comédiens.
un rôle, et, ici, à jouer le rôle d'une personne pourvue d'une
forte volonté.
A cet effet, il faut d'abord rompre avec le passé, oublier
les amoindrissements, les déboires, les échecs qui, en diverses circonstances,
ont été causés par une volonté imparfaite.
Ensuite, dans la vie courante,
par exemple au cours d'une démarche délicate, d'un examen, se figurer
l'attitude, le comportement, la façon de s'exprimer de l'homme pourvu d'une
forte volonté.
Enfin, prendre cette attitude, cette manière d'agir, de
parler ou d'écrire, cette assurance de l'homme qui, à aucun moment, ne doute de
sa volonté.
Autrement dit, avant même d'avoir acquis une volonté ferme,
il faut en adopter les signes extérieurs.
Bientôt un pli d'habitude est
créé, et, corrélativement, un état psychologique.
En résumé, il faut
oublier ses imperfections volitives actuelles, ne penser qu'à sa personnalité
nouvelle et l'extérioriser en toutes circonstances.
Semez une habitude et
vous récoltez un caractère.
Semez un caractère et vous récoltez une
destinée.
Cette méthode sera utilement complétée par des exercices
d'autosuggestion faisant appel au conscient et non à l'inconscient comme dans la
technique d'Émile Coué.
Ma volonté est très forte et de plus en plus
puissante.
Je veux imiter l'exemple de ceux qui parviennent à atteindre
le but qu'ils se sont fixé.
Je persévérerai car je sais, avec certitude,
que la volonté bien entraînée parvient à ses fins lorsqu'elle est tendue vers un
but juste et honorable.
Debout, prêt à l'action, mon regard est plus
assuré, ma parole plus chaude, plus vibrante, plus convaincante, ma démarche
plus ferme.
Je veux de toutes mes forces, de toutes les puissances qui
sommeillent en moi.
Je sais qu'il n'est pas de tâche qu'un homme
volontaire ne puisse accomplir lorsqu'il l'a acceptée.
Plein d'une
ambition légitime, je veux avancer dans mon travail aussi bien que dans mon
perfectionnement intellectuel et moral.
Je ne livrerai rien au hasard et
le succès auquel j'espère ne dépend que de moimême.
Ma volonté est de
plus en plus puissante.
La méthode d'autosuggestion que nous venons de
donner est utilement complétée par l'autosuggestion graphique qui est basée sur
les principes de la graphologie.
La graphologie, on le sait, est une
science et un art fondés sur l'étude des modifications apportées
involontairement à l'écriture par les impulsions inconscientes du
scripteur.
-- Écriture inégale dans les dimensions, la forme, la
direction des lettres, des mots et des lignes; écriture légère; lettres séparées
dans les mots.
-- Écriture sobre, modérément inclinée, sans grands
mouvements; lignes peu montantes, pas trop inégales; parfois lignes montantes
suivies d'autres qui tendent vers l'horizontale.
A ces indices
graphologiques on peut ajouter ceux-ci d'un genre un peu différent: Marge de
droite large : activité et énergie psychique médiocres.
Les idées sont
absolues mais peu fixes.
Les accents mis à leur place et formés
régulièrement indiquent, surtout s'ils sont petits, de l'ordre et de la
méthode.
S'ils sont grands et peu appuyés, ils annoncent une imagination
vive et même poétique.
S'ils sont contournés et plus ou moins bizarres,
ils signalent un désir d'ostentation et de singularité qui n'est pas toujours de
bon goût.
Plus encore que les points et les accents, la ponctuation est
utile dans les écrits car elle permet de distinguer les phrases ou les membres
de phrases.
Tout signe de ponctuation, virgule ou autre signe, marque un
repos de l'esprit, un temps d'arrêt plus ou moins long, une idée qui est finie
ou suspendue et qu'on sépare par un signe de celle qui suit.
Il y a,
entre les idées, des différences, des distances inégales mais réelles et ce sont
précisément ces différences, ces distances que les divers signes de ponctuation
ont pour objet de marquer.
On peut admettre, avec un haut degré de
probabilité, que si la ponctuation manque c'est que le scripteur est inattentif
ou que, se comprenant lui-même, il se soucie peu de ceux qui le
liront.
En revanche, si les différents signes de ponctuation sont bien à
leur place, c'est que le scripteur est ordonné et méthodique.
Ces
quelques notions de graphologie étant données, il convient d'ajouter cette
particularité, bien mise en lumière par Crépieux-Jamin, qu'un signe pris
isolément n'a pas de valeur absolue.
Il ne prend sa signification réelle
que s'il se relie à une qualité identique dominante dans le graphisme.
En
outre, il peut changer de signification selon les caractéristiques générales
rencontrées dans l'écriture.
Ainsi, un enroulement dans une écriture
délicate ou supérieure pourra signifier désir de bien faire, et, au contraire,
vanité ou prétention, dans une écriture commune ou discordante.
certaine
mesure, sa vigueur, sa santé et son tempérament, est relativement peu importante
en ce qui concerne le but que nous nous proposons d'atteindre ici.
Il
consiste, en effet, à accroître notre volonté, et, en général, à faire naître en
nous les facultés qui nous font défaut, en introduisant dans notre écriture les
signes des qualités correspondantes.
Nous subirons ainsi une
autosuggestion puissante étant donné sa répétition, et, en outre, du fait de
notre application pour exécuter l'exercice, notre attention, qui est une faculté
primordiale, se développera parallèlement.
Il est certain qu'à la longue
nous récolterons les fruits d'une telle rééducation.
Signalons à ce
propos que Foch, alors qu'il était lieutenant, découvrit l'influence de la
calligraphie et s'imposa une discipline d'expression graphique qui lui permit de
maîtriser son caractère.
En ce qui concerne plus spécialement notre
dessein, c'est-à-dire l'accroissement de notre volonté, nous nous appliquerons
tout d'abord à tracer convenablement la lettre t.
Ensuite, lorsque son
écriture correcte se fera automatiquement, nous passerons aux points, aux
accents, à la ponctuation, à la hauteur des lettres, et, enfin, à la direction
des lignes et à l'ordonnance générale de nos écrits.
Bien entendu, tout
en faisant entrer dans notre écriture les signes des qualités à acquérir, nous
éliminerons de celleci les indices des défauts à combattre et à faire
disparaître.
Comme nous l'avons précisé dans le premier chapitre du
livre, la volonté peut être définie comme étant le pouvoir de se déterminer à
action.
Vouloir c'est, après avoir conçu un but, délibérer, se décider,
agir.
Le point de départ de la délibération est l'idée d'un acte que nous
jugeons possible.
Plus il est difficile et important, plus les réflexions
qu'il provoque en notre esprit se compliquent et se prolongent.
Celles-ci
suscitent, en général, des désirs, des aversions, des émotions
diverses.
La décision est l'étape principale de l'acte
volontaire.
En effet, bien des personnes délibèrent en quelque sorte
indéfiniment sans arriver à se déterminer, c'est-à-dire, en somme, sans parvenir
à vouloir.
L'exécution est l'acte proprement dit; il représente l'effet
extérieur et final de la volonté.
Il réalise ce qu'il a décidé de faire
en dépit de toutes les difficultés et il n'accepte pas la défaite comme si elle
était inscrite dans le livre du destin.
En l'occurrence, la culture de la
volonté comporte en elle-même sa récompense, en ce sens qu'elle permet d'obtenir
un équilibre physique et psychique qui constitue, pour une existence même
effacée, un atout incomparable.
Non seulement la réflexion conçoit le
but, détermine les moyens de surmonter, de briser ou de tourner les obstacles,
mais elle produit aussi en l'âme des élans affectifs précieux quand on sait les
utiliser.
Elle est, de plus, la grande libératrice puisqu'elle nous
permet de résister au bouillonnement des sentiments, des passions, des idées qui
se ruent sans ordre vers la lumière de la conscience.
Sans doute, on
rencontre assez souvent de ces «intellectuels» dont l'intelligence trop subtile,
trop méditative ou trop raisonneuse condamne à l'irrésolution.
Pour
l'homme volontaire, ou pour l'homme qui désire accroître son énergie, les
obstacles qui se présentent constituent la matière de son action, l'occasion lui
permettant de combattre l'adversité et de développer ainsi sa
volonté.
Enfin, les échecs sont pour lui des enseignements.
A la
base de toute vie active, il faut placer l'espoir qu'il convient de fortifier
sans cesse; c'est de lui que dépend en grande partie la réussite.
L'homme
de caractère doit non seulement s'entraîner à surmonter les difficultés
extérieures, mais il doit vaincre aussi, s'il y a lieu, ses ennemis intérieurs
parmi lesquels on peut citer ses complexes, ses manies, ses sentiments et ses
passions indésirables.
Les complexes Hesnard définit le complexe comme
étant «un système de pensée, fortement chargé d'émotion, inclus dans la sphère
inconsciente de l'esprit à la manière d'un corps étranger à la personnalité et
qui aimante, à son insu, certaines activités du sujet dites
complexuelles».
Quant à Juliette Favez-Boutonier, elle voit dans le
complexe «un mélange d'attitudes affectives contradictoires dont le sujet ne
peut se détacher sans compromettre sa personnalité même».
névroses et
même, parfois, sous la forme de troubles mentaux plus graves.
Ils sont
multiples et il ne saurait être question de les passer tous ici en
revue.
Examinons-en seulement quelquesuns à titre
d'exemples.
Certaines personnes souffrent parfois d'une façon exagérée
d'une légère disgrâce physique telle que obésité, maigreur, petitesse, ou, au
contraire, taille trop grande, nez trop fort, verrue mal placée, couperose,
etc.
Pour se débarrasser de l'obsession qui résulte de ces complexes
d'origine physique on remarquera d'abord qu'une disgrâce corporelle n'a pas
empêché quelques grands hommes d'accomplir une brillante destinée et que, par
conséquent, il peut, dans une certaine mesure, en être de même pour
soi.
Tel fut le cas de Napoléon Ier dont la taille était au-dessous de la
normale, de Scarron qui était difforme, de Cicéron qui portait une petite
protubérance sur le nez, de Danton dont le visage était ravagé par la variole,
de Beethoven qui, bien que sourd, composa la musique que l'on sait.
En
second lieu, il faut s'efforcer de ne pas paraître tenir compte de sa disgrâce,
d'être naturel vis-à-vis des autres.
Et ainsi s'estomperont
progressivement puis disparaîtront définitivement ces complexes d'infériorité
dus à une imperfection physique.
Un autre complexe d'infériorité, qui est
très répandu, est essentiellement d'ordre psychique et son origine est presque
toujours éducative et tout particulièrement parentale.
Étant enfant, on
n'a cessé d'être comparé soit à un frère, soit à une soeur, soit à un camarade
plus doués et réussissant mieux.
A l'école on n'a pas toujours été parmi
les premiers.
On est alors devenu progressivement timide et hésitant, on
a douté de soi-même et l'on a fini par souffrir d'un complexe d'inhibition qui
nous poursuit toute la vie et fait échec à nos projets, à nos résolutions, à
notre carrière.
Cet état n'a pas, bien entendu, des limites bien
tranchées, car il est des circonstances où les gens les plus normaux doutent
d'eux-mêmes, mais c'est là un doute épisodique, tel celui de ces musiciens qui,
conscients de la tâche qu'ils assument, ne sauraient interpréter sans quelque
émotion et avec un sentiment d'infériorité relative les oeuvres des
maîtres.
En outre, le doute de soi-même est parfois justifié,
partiellement tout ou moins, par la conscience de certaines
lacunes.
C'est la permanence, l'ubiquité du complexe d'infériorité qui
impriment au syndrome son caractère quelque peu
pathologique.
Cliniquement, si l'on peut s'exprimer ainsi, le complexe
d'infériorité parcourt toutes les étapes qui séparent la timidité* simple de
l'inhibition absolue, capable de paralyser toute initiative.
Le complexe
de supériorité s'oppose, en quelque sorte, au complexe d'infériorité.
La
personne qui en est atteinte est persuadée qu'elle est supérieure aux autres et
aucun échec, si grave soit-il, n'ébranlera sa conviction.
En
l'occurrence, elle accusera les circonstances défavorables, le parti pris ou le
destin.
Comme le précédent, il a souvent une origine parentale et
éducative.
Le complexe de culpabilité est une sorte d'hyperesthésie* de
la conscience morale.
Le sujet qui en souffre est scrupuleux à l'excès et
passe au crible chacune de ses pensées, chacun de ses actes avec la crainte d'y
trouver une occasion de chute dans le domaine de la moralité.
résulte un
sentiment pénible d'accusation intérieure, de remords, de culpabilité, et, cet
examen de conscience, à tout moment renouvelé, constitue un obstacle
insurmontable lorsqu'il s'agit de prendre une décision importante.
Les
complexes sexuels, qu'il ne faut pas confondre avec les déviations sexuelles qui
comportent une base organique en relation avec des sécrétions glandulaires
perturbées, surviennent chez des êtres normalement constitués au point de vue
physiologique; capables, en particulier, de procréer.
Mais leur esprit a
eu à subir, à l'aube de leur existence, un choc ayant trait aux relations
sexuelles concernant dans la plupart des cas leur père ou leur mère.
Les
manies*, qui sont des habitudes quelquefois bizarres, sont généralement moins
graves que les complexes.
Ibsen a appelé «revenants» tous les penchants
plus ou moins héréditaires, toutes les mauvaises habitudes qui nous poussent au
mal.
Nous nous appliquerons aussi à contrôler nos pensées, car une
impulsion, une tentation, tin sentiment, soumis à une forte attention, à un
examen sévère, à une sérieuse analyse, perdent considérablement de leur
force.
Plus on se rend compte de la cause de vains désirs, moins on est
porté à les satisfaire.
Habitués à observer nos pensées, nos sentiments,
nos émotions, nous les jugerons, les disciplinerons, les dominerons et nous
pourrons même les utiliser comme de bons agents de notre perfectionnement
moral.
Corrélativement, la répression constante de nos impulsions
inutiles, de nos sentiments médiocres ou mauvais, de nos passions indésirables
fortifiera au plus haut point notre volonté.
L'éducation de la volonté
est complétée par la création d'habitudes qui la fortifient et l'imposent à
l'imagination, au jugement et au raisonnement.
Passez trente jours de
suite sans lire, à faire tout autre chose, et vous saurez ce qui vous
arrivera.
Restez couché dix jours, puis levez-vous et essayez de faire
une longue route, et vous verrez comme vos jambes seront fortes.
Une fois
pour toutes, si vous voulez prendre l'habitude d'une chose, faites cette chose;
si vous n'en voulez pas prendre l'habitude, ne la faites pas et habituez-vous à
faire quoi que ce soit plutôt qu'elle.
Il en est de même pour l'âme:
lorsque vous vous emportez, sachez que ce n'est pas là le seul mal qui vous
arrive, mais que vous augmentez en même temps votre disposition à la colère;
c'est du bois que vous mettez dans le feu.
En règle générale, nous
exécuterons régulièrement et minutieusement le programme de vie et de travail
que nous nous serons établi après mûre réflexion et les retouches
indispensables.
travailler, se reposer aux mêmes heures, sans tomber bien
entendu dans la manie, débrouiller virement une tâche un peu compliquée,
préparer chaque soir les éléments du travail du lendemain, effectuer
immédiatement ce qui doit être fait, qu'il s'agisse de répondre au courrier, de
découper un article que l'on veut conserver, de prendre des notes, de remettre
en place un objet que Fort vient d'utiliser, etc., et, par-dessus tout, suivre
scrupuleusement le précepte des Anciens: age quod agis, c'est-à-dire être
attentif, bien faire tout ce que l'on fait, sans laisser-aller ni sabotage, en
un mot être consciencieux, en évitant toutefois la maladie du scrupule qui
anémie la volonté, voilà, dans la vie courante, d'excellentes habitudes qu'il
convient de contracter.
Bien que s'exerçant dans le domaine des petites
choses elles rendent apte à conduire de grandes entreprises.
Agir, pour
l'étudiant en philosophie, par exemple, c'est se lever à sept heures et lire
avec une pénétrante attention un chapitre de Leibnitz ou de Descartes; c'est
prendre des notes, les repasser, les apprendre de tout coeur; c'est chercher les
matériaux d'une dissertation, ordonner son plan général puis le plan de chaque
paragraphe; c'est méditer, chercher, raturer...
Agir, c'est accomplir
mille menues actions...
C'est l'élève qui, malgré sa répugnance, s'oblige
à se lever afin d'aller chercher un mot dans le dictionnaire, qui achève sa
tâche malgré le désir de paresser, qui termine la lecture d'une page
ennuyeuse...
Nous devons même rechercher les occasions de remporter de
ces petites victoires.
mouvement de révolte: aussitôt, levez-vous,
contraignezvous à aller vivement et joyeusement où l'on vous
appelle.
Après le cours, un ami veut vous entraîner, le temps est très
beau: vivement, rentrez travailler!
La devanture de ce libraire vous
attire à l'heure où vous rentrez: passez de l'autre côté de la rue et marchez
rapidement.
C'est par de tels «crucifiements» que vous vous habituerez à
triompher de vos penchants, à être actif partout et toujours.
C'est par
ces mille actions, insignifiantes en apparence, que se trempe le
vouloir.
On peut aussi, pour cette unique raison qu'on préférerait ne pas
les faire, c'est-à-dire à titre d'épreuves, s'imposer d'autres exercices de
volonté tels que tendre la main, ainsi que nous l'avons déjà dit, à une personne
qui nous est antipathique, exécuter une chose déplaisante, s'abstenir, si l'on
est fumeur, de fumer pendant un laps de temps déterminé, etc.
En outre,
la plupart de nos actions quotidiennes monotones: soins du ménage, nettoyages,
bricolages, corvées de toutes sortes, doivent être repensées en vue de les
rendre bénéfiques à la fois pour le corps et pour l'esprit.
Et pourquoi
tous ces petits efforts de volonté sont-ils importants?
C'est parce
qu'aucun d'eux n'est perdu.
Chacun rend les actes suivants plus faciles;
chacun apporte sa quotepart à la formation de bonnes habitudes: l'habitude de
faire attention, l'habitude de se mettre vivement au travail, l'habitude de ne
pas tenir compte de la sollicitation de certains désirs, etc.
Mais il est
un autre résultat extrêmement important de l'action.
Comme nous venons de
le dire, «être inactif, se confiner dans un repos stérile ou dans une retraite
égoïste, c'est, en quelque sorte, s'arrêter de vivre, c'est aller à l'encontre
de la loi naturelle qui exige de tout ce qui vit un effort persévérant et une
lutte incessante pour le progrès».
Qu'il s'agisse de besognes ou de
travaux matériels, de productions artistiques ou de travaux intellectuels,
l'effort conduit avec soin et attention apporte toujours sa récompense dans le
progrès individuel.
En face de la douleur, l'homme de caractère ne
tombera pas dans l'erreur des pessimistes qui prétendent que la vie n'est qu'une
longue et vaine souffrance et ne cherchera pas à atteindre la sérénité inhumaine
des yogis qui, pour libérer leur esprit du plan de la matière et de la
sensation, s'imposent d'inutiles souffrances et de dures privations.
Il
lui reconnaîtra son véritable rôle qui est, en quelque sorte, celui d'un
baromètre intérieur.
Elle est, en effet, un avertissement et comme un
signal qui retentit dans notre conscience dès que la conservation de notre être
est menacée, dès que notre activité est arrêtée ou détournée de sa
voie.
Bien plus, elle nous induit souvent en erreur sur le vrai siège du
mal et les exemples abondent de fausses localisations : une démangeaison du nez
est due à des vers intestinaux, une céphalalgie à un état morbide de l'estomac,
une douleur de l'épaule droite à une maladie du foie, etc.
lamenter trop
ouvertement, car les cris et les gémissements ne réparent pas
l'irréparable.
Enfin, au terme d'une vie bien remplie, tout en
considérant la mort «comme une fonction de la nature» (Marc Aurèle), l'homme de
caractère l'attendra avec courage, résignation et sérénité.
Ainsi que le
fit, par exemple, l'empereur Antonin le Pieux qui, à l'agonie, le front baigné
des sueurs de la mort, répondit simplement au chef de ses gardiens qui lui
demandait le mot de passe: «égalité d'âme», et il mourut.
» «Parce que
j'ai aimé la vie dit Rabindranath Tagore, je sais que j'aimerai tout autant la
mort.
Au reste, pour le philosophe, cet ami de tout inconnu, la mort
offre encore l'attrait de quelque chose à connaître, car, c'est, après la
naissance, la nouveauté la plus mystérieuse de la vie individuelle.
Il ne
suffit pas, pour demeurer en bonne santé et pour guérir en cas de maladie, de
suivre une hygiène convenable et d'utiliser, à bon escient, une médication
adéquate, mais il faut aussi, comme l'a montré d'une façon lumineuse l'école
psychanalytique moderne, bien penser et bien agir.
Cette intrusion de
l'esprit dans le domaine somatique n'avait d'ailleurs pas échappé depuis
longtemps à maints observateurs.
C'est ainsi que vers 1280 Arnaud de
Villeneuve avait coutume de dire qu'il faut, pour donner aux malades le sursaut
de vitalité qui peut les faire se rattacher à la vie, exciter en eux les
passions qui sont les plus fortes de leur caractère: l'amour maternel chez une
femme qui va quitter ses enfants, l'ambition chez l'homme en place, la cupidité
chez l'avare si cette passion est assez puissante pour lui faire oublier sa
douleur.
Au XVIle siècle, Malebranche connaissait parfaitement le rôle de
la pensée dans l'apparition de certains troubles physiologiques lorsqu'il
raconte l'histoire d'un personnage qui, voyant faire une saignée au pied de sa
maîtresse, ressentit subitement à la même partie de son corps une vive douleur
qui persista pendant plusieurs jours.
A la fin du XVIIIe siècle, Maine de
Biran, de Beauchêne et quelques autres philosophes décrivent également des faits
analogues.
A peu près à la même époque, les commissaires de l'Académie,
chargés d'examiner les malades de Mesmer que le thaumaturge allemand prétendait
guérir par le magnétisme, attribuent à «l'imagination» les phénomènes
observés.
Puis, après les expériences et les travaux de Braid et d'un
certain nombre d'hypnotiseurs, le docteur Liebault de Nancy montre, vers 1860,
que les idées suggérées peuvent non seulement produire des effets inhibiteurs,
atténuer ou faire disparaître la sensibilité, mais lutter avec avantage contre
les maladies corporelles: fièvres, anémies, tuberculoses, etc. Ensuite, ce sont,
à la Salpetrière, les fameuses expériences du professeur Charcot avec les
hystériques, expériences plus théâtrales que médicales mais qui ont le mérite
d'indiquer la voie dans laquelle devait s'engager plus tard la psychanalyse de
Freud et la médecine dite psychosomatique.
Immédiatement après les
travaux de Charcot, et, par conséquent, avant les théories psychosomatiques, le
professeur Bernheim de la Faculté de Nancy tente d'expliquer le mécanisme des
guérisons obtenues par l'action de la pensée.
C'est la restauration
fonctionnelle qui amène la restauration organique.
restitue ainsi aux
tissus fibro-séreux leur souplesse, à la synovie son onctuosité, à la
circulation capillaire son activité et agit efficacement pour améliorer ou
guérir l'arthropathie*.
Et, de fait, Bernheim obtint par l'emploi de la
suggestion un grand nombre de guérisons.
Les unes s'appliquent à des
troubles névropathiques comme les paralysies hystériques et l'anorexie*
nerveuse, mais d'autres se rapportent à des maladies nettement organiques:
myélites* diverses, troubles digestifs d'origine glandulaire, verrues,
etc.
Il utilise également la suggestion dans les accouchements et dans
les petites opérations.
Les vues de Bernheim sont alors universellement
adoptées et la thérapeutique suggestive remporte d'innombrables
succès.
Néanmoins, elle est peu à peu abandonnée et remplacée par la
psychothérapie rationnelle et moralisatrice qui atteint les centres supérieurs,
la conscience normale, alors que la suggestion s'adresse aux centres inférieurs,
à la subconscience.
Mais la méthode ne se développe guère.
Elle
apparaît en effet comme un compromis entre la médecine, la psychologie, la
morale et la littérature.
Elle répugne à l'esprit dit «scientifique», et,
chose plus grave, elle est souvent d'un rendement médiocre : bien des malades
n'en retirent aucun profit.
autre chose qu'une suggestion faite par le
malade lui-même sur sa propre personne.
Enfin, les conflits affectifs,
refoulés dans l'inconscient, peuvent créer des troubles fonctionnels qui, à la
longue, sont capables de se fixer en altérations organiques.
Ainsi,
l'hypertension artérielle se rencontre souvent chez les individus repliés sur
eux-mêmes; ils ont une agressivité constamment refoulée qui, cependant, éclate
parfois sous forme d'accès de colère; ils sont rancuniers mais déguisent leurs
ressentiments sous des dehors de gentillesse et de soumission.
Le conflit
latent qui existe entre leur être véritable et le rôle qu'ils sont obligés de
jouer crée un état de tension permanent qui provoque une sécrétion d'adrénaline
laquelle entraîne, par l'intermédiaire du système nerveux sympathique, une
constriction des muscles lisses des parois artérielles, génératrice de
l'hypertension.
L'étude psychologique des malades porteurs d'ulcère a
montré en effet, chez quelques-uns d'entre eux, l'existence d'un conflit entre
leur amour-propre et le désir inconscient de rester dans une situation infantile
de soumission et de passivité.
La tendance aux rhumes ou aux laryngites,
et, fait un peu inattendu, la propension à subir des accidents sont aussi,
d'après des travaux récents de psychanalystes, des syndromes
psychosomatiques.
La psychanalyse de ces sujets indique que les accidents
qu'ils semblent subir sont en réalité des actes inconsciemment
intentionnels.
métabolisme, de sorte que dans le domaine de la guérison
les possibilités de la psychanalyse apparaissent assez vastes.
Avant
d'exposer notre méthode permettant de guérir par l'action de la pensée et de la
volonté, examinons les troubles pathologiques justifiables de cette
thérapeutique, et, pour démontrer sa validité, recherchons les mécanismes
psycho-physiologiques probables amenant la guérison.
Elles constituent le
terme de transition entre les manifestations que nous venons d'examiner, à peu
près dépourvues d'élément somatique solide, et les maladies proprement
organiques.
à son propre cas, est basée sur la détermination des facteurs
affectifs particuliers agissant dans chaque trouble pathologique, et, aussi, sur
la connaissance des mécanismes physiologiques dans le genre de ceux que nous
avons donnés à propos de l'hypertension artérielle, de l'ulcère, etc., par
lesquels les facteurs affectifs interviennent dans le processus de la
maladie.
Le premier soin du psychothérapeute est donc de faire un
diagnostic psychosomatique.
Il comprend, d'une part, un diagnostic
somatique ordinaire, et, d'autre part, la détermination psychiatrique complète
des facteurs de la personnalité, la nature du facteur psychologique causal, et,
si possible, la date de son immixtion dans la vie du sujet.
Afin de
reconstituer parfaitement l'histoire de la maladie, le psychanalyste accorde
généralement une attention toute spéciale, d'un côté, à la succession
chronologique de l'évolution des symptômes, et, de l'autre, aux situations
extérieures de la vie et aux états affectifs du malade.
Il constate alors
très souvent que les premiers symptômes somatiques, parfois fugaces,
apparaissent dans l'enfance ou dans l'adolescence lorsqu'un état affectif n'a pu
être résolu par le sujet.
Ils peuvent disparaître en surface pendant un
temps plus ou moins long pour réapparaître toutes les fois que les mêmes
situations affectives, créatrices d'un conflit interne, se
renouvellent.
Enfin, le trouble somatique peut s'installer
définitivement, passer à l'état chronique, avec paroxysme dans les états
conflictuels.
Les soins donnés aux malades consistent d'abord en
traitements locaux, allopathiques, homéopathiques ou autres, essentiellement
symptomatiques et destinés à soulager plutôt qu'à guérir, et, ensuite, en une
action psychothérapeutique profonde qui s'attaque aux facteurs affectifs
fondamentaux.
conflictuelle primitive afin de l'en
libérer.
Parfois, d'ailleurs, ce rappel, surtout s'il est un peu brusqué,
aggrave les symptômes somatiques, et, d'autre part, la disparition des troubles
physiologiques est capable de faire surgir des manifestations névrotiques
nouvelles, par un phénomène de substitution, sorte de curieuse alternance que
les homéopathes connaissent bien et qu'ils désignent sous le nom de métastase,
qu'il ne faut pas confondre, bien entendu, avec la métastase
cancérigène.
Quoi qu'il en soit, le remède psychanalytique consiste à
amener à la conscience les fantômes de l'inconscient toujours avides de
réalisations.
A mesure que les mirages et les épouvantails deviennent
compréhensibles, les troubles physiologiques, selon les psychanalystes, se
feraient progressivement de plus en plus rares.
Sans vouloir critiquer en
quelques mots la méthode psychanalytique disons toutefois que ce procédé
d'analyse nous paraît sujet à des causes d'erreurs.
La suggestion
inconsciente du médecin peut intervenir à tout instant, en particulier par la
nature des questions posées, de sorte que celui-ci recevra des malades les
réponses qu'il désire in petto obtenir.
Ainsi pourront s'échafauder
d'extraordinaires complexes qui seront le reflet des idées préconçues du
thérapeute.
Cela est si vrai qu'il arrive fréquemment que deux médecins,
étudiant successivement le même malade, découvrent des complexes
différents.
D'autre part, si, comme le veulent les psychanalystes, les
complexes sexuels jouent vraiment un rôle important dans la genèse des névroses
et de certains troubles psychosomatiques, on a souvent l'impression, à la
lecture de quelques psychanalyses, que l'obsédé sexuel est, non pas le malade,
mais le médecin.
La méthode prête encore plus fortement à discussion
lorsqu'elle prétend que le seul fait d'amener à la conscience les complexes
pathogènes refoulés produit une décharge affective et la
guérison.
Effectivement, comme nous l'avons précédemment signalé, cela
peut se produire.
On comprendra, dans ces conditions, que la mise en
lumière d'un complexe quelconque, vrai ou fictif, puisse produire la guérison si
le médecin a préalablement suggéré, implicitement ou explicitement, qu'il doit
en être ainsi.
Quant à la guérison elle-même, elle est le fait de
processus qui comportent à la fois des mécanismes psychologiques comme dans le
cas des affections purement névropathiques et des mécanismes physiologiques dans
le genre de ceux que nous allons maintenant examiner.
Demandons-nous
maintenant si des maladies nettement organiques peuvent aussi guérir par la
suggestion.
Quelques considérations relatives à la constitution du
système nerveux et à son fonctionnement dans le cas particulier qui nous
intéresse vont nous permettre de répondre à cette question.
notre moyen
d'information par excellence, et il nous permet, d'un autre côté, par
l'innervation des muscles striés dits «volontaires», d'agir au-dehors.
Il
est donc essentiellement tourné vers le monde extérieur, vers la connaissance et
l'action.
Le système nerveux végétatif quant à lui est constitué du
système sympathique, comprenant essentiellement deux grandes chaînes nerveuses
longeant la colonne vertébrale, et du système parasympathique.
Chaque
chaîne du système sympathique est interrompue par des renflements que l'on
appelle les «ganglions sympathiques» et qui sont au nombre de 23, soit 23 x 2
ganglions pour les deux chaînes.
Ces nerfs présentent sur leur trajet des
enchevêtrements de filets nerveux ou plexus dans lesquels on trouve des
ganglions secondaires enfouis parfois dans l'épaisseur des organes.
Il
est intéressant de savoir ici s'il existe des corrélations neuroendocriniennes
et tout particulièrement des relations directes ou indirectes entre l'encéphale
et les glandes endocrines, celles-ci conditionnant, pour une large part, l'état
de santé et celui de maladie.
L'observation et l'expérience montrent en
effet que le diabète insipide, la glycosurie émotionnelle, l'hypertension
artérielle, les troubles psychiques de la menstruation, certaines formes
d'artériosclérose, et, en général, la plupart des maladies dites
«psychosomatiques» sont dus, pour une grande partie, à une excitation
émotionnelle des endocrines.
A cet égard, dans la pathologie courante, la
novocaïne a bouleversé bien des dogmes en nous montrant l'effacement presque
immédiat de mouvements pathologiques dont le substratum anatomique ne faisait
aucun doute autrefois.
Elle ne présente aucune contre-indication, elle
peut être employée seule ou en même temps que n'importe quel traitement médical
et elle s'applique indifféremment aux troubles névropathiques, aux affections
psychosomatiques et aux maladies nettement organiques.
En outre, avantage
appréciable, elle n'exige pas l'intervention d'un tiers comme c'est le cas dans
les traitements par la psychanalyse, l'hypnotisme, la sophrologie et par les
différentes méthodes de suggestion.
Il convient tout d'abord, à titre
préventif, de ne pas penser à la maladie.
Redouter une maladie déterminée
conduit à exagérer les sensations douloureuses et à les interpréter dans le sens
de cette affection, ce qui peut fausser les diagnostics.
En outre, il est
certain que la crainte des maladies, y compris les maladies microbiennes, met
l'organisme en un état d'infériorité qui favorise leur apparition.
Dans
le même ordre d'idées, le pessimisme, la tristesse, l'inquiétude, la méfiance,
la jalousie sont défavorables à la santé.
En revanche, la volonté, le
courage, la confiance en soi, l'optimisme raisonné, toutes vertus qu'il est
possible de développer, ainsi que nous le montrons dans cet ouvrage, favorisent
certainement l'équilibre vital.
Ambroise Paré n'avait-il pas constaté que
les soldats victorieux guérissaient plus rapidement de leurs blessures que les
soldats des armées vaincues.
Développer ces qualités «euphoriques» et
rejeter les pensées déprimantes, c'est donc, sans doute, acquérir plus de
virilité morale, mais c'est aussi gagner plus de résistance
physique.
Outre ces moyens généraux et indirects, nous vous recommandons,
afin d'affermir votre santé, de répéter la formule suivante trois ou quatre fois
par semaine, le soir avant de vous endormir et après un exercice de
relaxation.
Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en
mieux.
Je dors chaque nuit parfaitement et je m'éveille bien
reposé.
J'ai de l'appétit, je mange posément et ma digestion s'accomplit
normalement.
Je suis de plus en plus résistant, de plus en plus
fort.
Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en
mieux.
Supposons maintenant que, brusquement terrassé, vous êtes en proie
à de vives souffrances.
Vous attendez le médecin avec une certaine
inquiétude.
Des images menaçantes, telles que l'idée d'une aggravation de
votre état ou même celle d'une issue fatale, envahissent votre
esprit.
Refusez leur audience, chassez-les dès qu'elles apparaissent et
dites-vous bien que les symptômes qui vous affectent ne sont que l'expression
d'une réaction de défense de l'organisme et qu'en l'occurrence celui-ci mobilise
intelligemment ses forces pour rétablir un équilibre momentanément
rompu.
Priez, s'il y a lieu, votre entourage de vous laisser en paix, de
ne pas s'agiter autour de vous.
Essayez de vous assoupir, car le sommeil
laisse au système nerveux végétatif l'entière disposition des énergies
organiques.
Vous pouvez d'autre part, en toutes circonstances, et quelle
que soit son acuité, atténuer ou même faire disparaître plus ou moins
complètement le symptôme douleur.
» Cette sorte de mantra* agit comme un
véritable anesthésique à condition toutefois de redire la phrase un grand nombre
de fois et de ne pas poser trop tôt cette question: «Est-ce que ma souffrance
disparaît vraiment?
Lorsqu'ils ont une origine névropathique ou
psychosomatique, leur guérison par la suggestion peut être obtenue rapidement et
parfois instantanément.
Quand ils sont nettement organiques, il convient
de s'armer de patience car le traitement suggestif doit être poursuivi pendant
longtemps.
Néanmoins, mais à condition de l'appliquer avec la plus grande
confiance, et, comme nous venons de le dire, avec persévérance, il accomplit
parfois de véritables guérisons et réussit là où des traitements médicamenteux
ont échoué.
Tout en la répétant, ayez en arrière-plan cette pensée que
votre inconscient oeuvrera au cours de la nuit dans le sens de la guérison par
le truchement du système nerveux végétatif et des glandes hormonales.
2°
Le matin, au lever, utilisez pleinement vos facultés conscientes, votre volonté,
et placez-vous en quelque sorte dans une situation de révolte vis-à-vis de votre
état pathologique.
Remplacez-les par des sentiments de joie, d'optimisme
et de confiance.
Schultz connue généralement sous le nom de «training
autogène».
Elle permet au malade de réaliser, selon l'expression du
professeur Schultz, un «revirement de lui-même en allant de l'extérieur vers
l'intérieur» de telle sorte qu'il soit capable de commander les fonctions et les
organes ordinairement indépendants de la volonté.
Les premiers exercices,
qui sont analogues aux exercices de relaxation que nous avons précédemment
décrits, sont des exercices de décontraction musculaire.
Au bout d'une
quinzaine de jours d'entraînement, la sensation de pesanteur, qui se manifeste
dans le bras sur lequel s'exerce l'attention, se généralise, par transfert
psychologique, à l'ensemble des membres.
La sensation de chaleur se
manifeste le plus souvent assez rapidement, et, contrairement à ce que l'on
pourrait penser, elle n'est pas subjective.
Cette phase du training
autogène rappelle le «Tumo» tibétain qui est une discipline combinant la plus
sévère concentration avec l'autosuggestion et la gymnastique
respiratoire.
soit par nous-même, soit par nos ascendants, à l'encontre
des lois de la vie.
Il convient, par conséquent, après toute guérison
(quel que soit d'ailleurs le facteur qui l'a provoquée) de tendre vers une vie
saine, et, en particulier, comme nous l'avons conseillé dans notre ouvrage,
Longue Vie, de supprimer les erreurs diététiques qui sont à l'origine d'un grand
nombre de maux.
En tout cas, il ne faut pas tomber dans l'erreur de
certains thaumaturges ou de quelques sectes guérisseuses qui prétendent que
l'esprit peut tout, que la maladie est une erreur, que le bien et la santé sont
les seules réalités et qu'il suffit de nier le mal pour le voir
disparaître.
En fait, l'homme est à la fois corps et esprit et s'il est
vrai que la pensée et la volonté peuvent agir sur l'organisme, il n'en demeure
pas moins que celui-ci est une réalité dont il faut tenir
compte.
Admettre le contraire équivaut à prétendre, ce qui est une pure
absurdité, que les pires erreurs de régime et d'hygiène peuvent être poursuivies
sans risque et qu'une simple disposition d'esprit permet de braver impunément
les lois de la physiologie.
Les conseils que nous donnons dans la plupart
des chapitres de ce livre sont aussi bien destinés aux étudiants qu'aux autres
personnes.
En revanche, les directives que nous proposons dans ce
chapitre se rapportent plus spécialement à l'exercice de la volonté dans le
travail intellectuel.
Si on les suit rigoureusement, elles sont propres à
augmenter les chances de succès dans les examens et dans les concours.
Il
faut avant tout que l'élève, l'étudiant ou tout autre travailleur intellectuel
sache en toute certitude, et nous l'avons déjà souligné, que nul effort n'est
perdu.
Grâce au travail assidu, heure par heure, jour par jour, la
mémoire s'organise et se développe, l'attention devient plus prompte et plus
aiguë, le jugement s'affine, les bonnes habitudes s'installent et se
fortifient.
· habitudes d'ordre rigoureux, de classement, d'expérience,
de finesse, de perspicacité pour attaquer les difficultés.
Faculté, lui
permettront de devenir un homme compétent, ensuite un homme de talent et
peut-être enfin un novateur ou un maître qu'on écoute.
Mais, pour
parvenir aisément et rapidement à ce terme, il faut savoir
travailler.
Comment travailler Notons d'abord qu'avant d'entreprendre un
travail intellectuel quelconque, et ceci est vrai également pour une tâche
nouvelle, il est indispensable d'y penser à l'avance, par exemple la veille du
jour ou on l'exécutera, et d'en imaginer avec précision les différentes phases,
c'est-à-dire la façon dont on le réalisera.
Au point de vue matériel, on
rassemblera préalablement les notes, les livres, les documents, les objets
nécessaires afin que tout l'effort soit utilisé à réfléchir, à apprendre, à
rédiger, à exécuter.
Lorsque le départ est donné, il faut démarrer
vigoureusement et oeuvrer «fidèlement, exactement, persévéramment» (Nicole), ne
jamais s'énerver, surtout si l'on a beaucoup à faire.
conduire par ordre
ses pensées en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à
connaître pour monter peu à peu, comme par degrés, jusqu'à la connaissance des
plus composés.
Ainsi que nous l'avons indiqué dans le chapitre VII, ne
rien laisser dans l'ombre, faire scrupuleusement et à fond tout ce que l'on fait
afin de n'y pas revenir, est également un principe qu'il faut appliquer avec la
plus grande rigueur dans le travail intellectuel.
De plus, il laisse à
l'esprit une impression pénible, éminemment nuisible à la bonne réalisation de
ce que l'on entreprend ensuite.
C'est un poids lourd que l'on traîne avec
soi.
Il faut aussi, dans les études, et, en général, dans
l'accomplissement de toute oeuvre, rechercher constamment les voies les plus
simples, les plus directes et les suivre sans précipitation ni
nervosité.
En l'occurrence comme le recommande le proverbe, il est bon de
se «hâter lentement».
Ce calme de l'esprit est généralement obtenu
lorsqu'on s'est libéré de toute ambition de mauvais aloi, lorsqu'on s'est dégagé
du désir d'arriver rapidement et à tout prix, lorsqu'on s'est affranchi de la
hantise des examens et des concours.
«Tuons l'ambition, mais travaillons
comme travaillent ceux qui sont ambitieux» enseigne cet intéressant petit livre:
La lumière sur le sentier, inspiré des doctrines hindoues, c'est-à-dire oeuvrons
pour l'amour du travail comme le font généralement les grands artistes et les
grands savants.
Ce faisant, nous aurons l'esprit en paix et la qualité de
notre ouvrage s'en ressentira.
Nous serons d'ailleurs à tout moment
récompensé par les joies de la découverte, par ce sentiment de plénitude que
l'on éprouve lorsqu'on acquiert de nouvelles connaissances, par une certaine
impression de puissance issue de l'action menée à bien.
L'observation
courante montre que le cerveau est constamment en activité.
quand nous
«ne pensons à rien», des images, des idées se succèdent en notre esprit à la
faveur d'associations parfois bizarres.
Ce déroulement continuel ne
fatiguant pas, il convient de l'utiliser.
Pour les matières sujettes à
des modifications fréquentes, telles que les sciences et certaines techniques,
la dernière édition s'impose.
Voici encore quelques conseils qu'il est
utile de suivre et que nous avons développés dans notre ouvrage consacré au
développement de la mémoire: Avoir toujours sous la main cet instrument
indispensable qu'est le dictionnaire.
Ce sont, entre autres, le
surmenage, et, corrélativement, l'emploi d'excitants psychiques, l'isolement
moral en Faculté, l'influence néfaste de certains camarades, et, dans un ordre
de considérations complètement différentes, des précédentes, l'usage exagéré du
sport.
Le surmenage est certainement l'un des maux majeurs de notre
temps.
En outre, les inquiétudes quand on prépare des examens et surtout
des concours, les émotions, les déceptions et parfois l'envie peuvent être
également des causes de fatigue intellectuelle.
Elles provoquent une
série de chocs psychologiques dont chacun forme ce que l'on appelle un
«stress».
Cette sorte d'agression libère, par le truchement des glandes à
sécrétion interne et en particulier par la mise en jeu du système
surrénalo-hypophysaire, des substances hormonales, perturbatrices de l'équilibre
neuromusculaire, lesquelles, à la longue, finissent par créer des troubles
psychiques, psychosomatiques et même somatiques.
Sans doute, on peut
demander aux neuroleptiques, appelés, dans le langage courant, «tranquilli |