|
Voici le résumé du livre fait par le logiciel "Summarizer"
Jetez un coup d'oeil avant de télécharger pour voir, en le feuilletant, s'il y a des choses qui vous intéressent.
Concepts:
malades, corps, vie, souffrance, visage,
lumière, maladie, toutefois, seulement, couleurs, douleur, espace, Reine,
plaies, enfants.
Énoncés:
Le monde regorge de guérisseurs de toutes
sortes, mi-médecins, mi-médiums, mi-savants.
Beaucoup dépassent les
conclusions scientifiques et peuvent prétendre à la définition qu'Oscar Wilde
donnait du poète : "Celui qui répond à des questions non encore
posées".
demandai-je aux deux policiers entrés chez moi à sept heures du
matin pour m'intimer l'ordre de les suivre.
Je ne pouvais me souvenir
d'aucune peccadille susceptible d'attirer l'attention de la
police.
Craintif de nature, indifférent à ce qui n'était pas ma vie
intérieure, soucieux de ne m'attirer de démêlés avec quiconque, je mettais
soigneusement des oeillères chaque matin.
Ma seule préoccupation était de
satisfaire tout le monde en m'intégrant au schéma que la société m'avait fixé
une fois pour toutes.
C'est vous qui vous expliquerez tout à l'heure,
quand on vous interrogera.
Dites-moi au moins de quoi il
s'agit.
Nous marchions dans les rues, paisibles à cette heure, moi entre
eux, comme des camarades qui reviendraient d'une nuit bien employée.
Je
remarquai, dans le ciel étonnamment clair, des branches dépouillées qui s'y
gravaient en profondeur, surpris de m'attacher aux arbres et à la lumière alors
qu'il semblait être question de ma liberté.
Regardez au moins qui vous
arrêtez, dis-je à mes compagnons.
Je suis la crème des citoyens,
incapable de discuter un règlement.
- Tous des petits saints, grommela
mon bonhomme de droite, et il n'y a pas pire.
Au moins, avec les vrais
bandits on sait à quoi s'en tenir.
T'en fais pas, éructa son copain de
gauche.
Est-ce que le mouton noir sait qu'il est noir?
J'entendais
l'écho de ces judicieuses paroles quand nous arrivâmes au but.
C'était
une longue pièce grise tapissée de dossiers.
Derrière un bureau gris, un
homme était installé qui me parut incolore.
- Alors me dit-il d'une voix
sifflante, après avoir pris contact avec les deux policiers, il paraît que vous
ne savez même pas de quoi il s'agit?
Pas du tout, dis-je, mais vous allez
me l'apprendre.
Foutez-le au ballon, ça lui rafraîchira la
mémoire.
On me délesta de ma cravate, de ma ceinture, de mes lacets -- et
de mes objets personnels.
Gestes rudes, paroles humiliantes, rancoeurs
glaireuses, fade odeur de crasse dans le relent d'infamie, la cellule c'était
tout cela.
"Cela" incompréhensible, inadmissible, méconnaissable dans une
existence comme la mienne.
Assis à croupetons sur l'inconfortable
tabouret - on m'avait prévenu qu'il était interdit de s'étendre avant la nuit -
la tête entre les mains, je m'efforçais de jauger l'imbécillité de cette affaire
et le gâchis qu'elle apporterait à mon emploi du temps.
Après quoi, dans
le silence hostile, je voulus penser.
Je crus que l'exaspération était la
grande coupable et me ridait la cervelle.
Si je me trouvais incapable de
penser, c'était parce que j'avais pris l'habitude de laisser l'environnement
penser à ma place.
L'environnement, autrement dit l'événement, les désirs
et les habitudes.
En dehors de ce cercle que restait-il?
Ni
espace, ni temps, pas même moi.
Quelque chose d'autre avait pensé à ma
place.
Le monde se dissolvant contre les murs de ma cellule, je me
trouvais tout à coup disponible pour un quelconque devenir.
J'avais donc
cheminé jusqu'à ce jour dans un couloir étroit qui me rassurait parce que je
m'appuyais tantôt à un mur tantôt à l'autre.
Ces murailles je les
concevais comme des soutiens.
Et me voilà soudain transporté sur une
surface plane et obscure, comme un aveugle qui n'a jamais imaginé le vaste
ciel.
Les heures se chevauchant à toute lenteur me laissaient
désemparé.
Je les réduisais à une hypertrophie du présent.
Enfin,
vers le soir, la porte s'ouvrit, violemment lancée par un gardien.
Deux
autres gardiens entrèrent, traînant par les bras un homme évanoui, si grand et
si fort qu'ils eurent de la peine à le hisser sur le bat-flanc face au
mien.
Il s'est drôlement fait arranger, dit le gardien-chef.
S'il
passe l'arme à gauche, appelez!
Vous n'aurez qu'à cogner à la
porte.
Les paupières enflées faisaient auvent au-dessus des yeux fermés
et des crispations nerveuses déformaient ce visage comme des tics.
Cette
opacité devenait tangible: c'était sa souffrance qui se matérialisait et
m'atteignait.
J'avais déjà connu cette identification avec la souffrance
d'un autre être.
Mais alors, terrassé par ma douleur personnelle, j'avais
été deux fois vaincu.
Mon front éprouva la quintessence de la déchirure
en sensation si aiguë que j'en perdis conscience.
C'était bien cela: le
contact avec le divin par la lutte contre le mal, la conception du partage
humain enfin simplifiée, une moitié de l'humanité consumant de sa compassion la
désolation de l'autre moitié, la délivrant de sa douleur et lui offrant ses
forces...
Tout cela se passe de façon absolument involontaire mais comme
dans une bourrasque de sentiment, de disponibilité, de liberté, de puissance, de
divinité" (Nietzsche).
Grâce à ce livre je sus que je ne me trompais pas,
que ma journée d'hier, sordide et révoltante, avait été une
naissance.
Moi je l'envisage comme un infini.
On reparlera du
phare quand il dominera la mer et balaiera l'espace de sa lumière pour guider
les naufragés.
Je la connais, n'en doute pas.
Je suis même
convaincu que celui qui a, comme toi, une fois au moins dans sa vie et par
n'importe quel moyen, arraché et combattu sur lui-même la souffrance d'autrui,
celuilà a franchi des limites.
Il est né à un autre monde.
- Voilà
ce que je voulais t'entendre dire.
J'ai ton affaire, me dit mon ami,
quelques jours plus tard.
Une de mes malades doit être amputée des mains
la semaine prochaine.
C'est une petite jeune fille de dix-huit ans,
atteinte d'une gangrène dont nous ne venons pas à bout.
Tu penses bien
que tout a été essayé.
sauf ce qui n'est pas officiel, bien
entendu.
La petite a maintenant sur les mains quatorze excoriations qui
vont jusqu'à l'os.
Etant données nos relations, cela restera
discret.
Je ne vois plus d'autre remède.
C'est toi, médecin des
hôpitaux, qui me lances dans cette aventure?
Tu sais pourtant que
j'ignore tout, absolument tout du domaine médical.
Je ne m'y suis jamais
attaqué, même par curiosité.
Si c'est aussi grave que tu le
dis!...
Comment veux-tu que je m'y prenne?
Tu as du fluide dans
les mains.
Je n'ai jamais prétendu avoir du fluide.
Mais quand tu
as soigné ton bonhomme...
Je n'ai pas "soigné mon bonhomme", comme tu
dis.
J'ai eu terriblement pitié de lui et...
...Et l'esprit
frittant l'acte, tu as inconsciemment accumulé l'énergie qui pouvait se
substituer à la sienne.
Il est donc superflu d'employer les grands mots:
fluide, magnétisme.
On ne t'en demande pas tant.
N'as-tu pas pitié
de cette petite qui se prépare une vie atroce?
Fais pour elle ce que tu
as fait pour le bonhomme, c'est-à-dire ce que tu pourras.
devenu un phare
n'ose plus allumer sa lanterne.
Je vais donc préciser: cette jeune fille
souffre d'une carence vitale.
Toi tu as de la vie à
revendre.
Puisque tu sais irradier, dirige simplement ton irradiation sur
les parties des chairs où le sang ne circule plus.
Ce n'est pas sorcier
il me semble.
Insuffle-lui des forces vives et ne t'occupe pas de savoir
quel nom elles portent.
Etant donnés la jeunesse de cette petite et son
désir de vivre, tu verras que ces forces s'activeront en elle comme s'active une
greffe sur un organe sain.
- J'ai parfaitement compris mais je ne vois
pas comment agir sur une circulation sanguine dont j'ignore tout.
Qui te
parle de circulation sanguine et de documentation?
Dieu, que nous serions
heureux, nous, les docteurs, si les guérisseurs n'essayaient pas de
comprendre!
Depuis vingt ans que je m'évertue à résoudre les problèmes de
la maladie, chaque jour me remet devant une nouvelle énigme.
Non, ce que
je veux de toi, c'est profiter de ta bienheureuse ignorance qui laisse libre
cours à l'intuition et libère l'instinct.
J'ai l'intention, comme tu peux
l'imaginer, de surveiller quotidiennement ton travail, sans toutefois
intervenir.
Pour l'instant, il s'agit seulement de revigorer un courant
vital déficient afin d'en rétablir l'équilibre.
Je sais ce que je dis:
phare ou lanterne, c'est une affaire entre toi et toi.
Un fluide donné
s'accorde ou ne s'accorde pas avec un tempérament donné.
C'est la même
histoire qu'avec le sang, sauf que, pour les fluides nous n'avons pas encore mis
au point les procédés de préhension et de vérification.
Nous nous
connaissions depuis nos vingt ans et j'avais toujours éprouvé pour lui tant de
l'admiration que du respect car il était à la fois excellent médecin et
savant.
En tant que médecin il n'avait jamais pu s'habituer comme le font
tant d'autres, à considérer sans malaise la souffrance de ses malades.
Le
docteur vous a amenée ici, lui dis-je, pour que j'essaie sur vous un
traitement.., un peu spécial.
Pourtant, à bien observer, il me semblait
vaguement que des courants légers s'établissaient déjà entre mes mains et les
mains malades.
Sans doute étais-je victime de la fixation de l'effort,
cette fixation qui renvoyait mon désir comme un miroir.
Elle était d'une
qualité à la fois sereine et légère, constructive surtout.
Et je sus,
comme si on me l'avait crié, qu'elle devenait l'ennemie de la terrible gangrène,
et qu'elle m'avait imbibé pour que j'arrive à vaincre ce mal.
Des
picotements, m'envahissant les doigts, gagnèrent mes coudes sous forme
d'élancements.
On ne pouvait mieux exprimer ni plus simplement la
sensation d'union par le sang que donne la communication des
fluides.
physiques comme biologiques, les combinaisons mathématiques,
musicales, etc.?
Il était logique qu'après le violent assaut de la
maladie, le corps tout entier, entrevoyant un espoir de guérison, se fût appuyé
sur son désespoir pour jeter l'appel de détresse.
Ceci devait m'amener à
comprendre plus tard que, si les enfants et les animaux sont facilement
guérissables, c'est parce qu'ils projettent d'instinct un appel à l'aide que ne
freinent ni les faux principes ni les idées préconçues.
Humble et direct,
leur appel n'est entaché d'aucune méfiance.
Il y eut encore pour ma
malade neuf séances consécutives, faites d'autant d'espérance que de
déception.
De fait, à l'endroit des infections profondes, la peau
présentait de légères déchirures.
Alors je projetai avec force sur ces
ouvertures un fluide, non plus en pluie mais en rayons qui pénétraient
profondément.
Ces rayons vibrèrent comme les cordes d'un
instrument.
Aussitôt, les doigts malades, demeurés presque inertes jusque
là, émirent à leur tour des vibrations: lentes et lourdes au début, presque
incontrôlables, mais s'activant peu à peu.
Je regardai ma malade, plus
blême que jamais, les dents serrées, crispée pour lutter contre
l'évanouissement.
Je vous en prie, continuez, continuez!
Pas des
mains, de tout le corps.
Comme si une fièvre brûlante me
creusait.
Je ne me rends pas compte pourquoi.
Je sais seulement
que c'est un bon mal.
Afin d'alléger mon action, je soulevai mes mains
au-dessus des siennes, sans toutefois déplacer la direction des rayons.
A
ma grande surprise, le pus monta des plaies et s'écoula le long des
doigts.
En augmentant ou diminuant la puissance des rayons, je m'assurai
que je n'étais pas victime d'une hallucination.
Les plaies se vidaient
par aspiration de fluide.
Je ne sais comment se définit la
beauté.
rien au monde ne me paraissait plus beau que ce fluide que
j'épongeais avec de la ouate.
Quand mon ami vint ce jour-là, il nous
trouva dans un délire de joie.
Elle montra ses deux mains nues où ne
subsistaient que quelques traînées jaunes.
J'ai envie de danser,
fit-elle, les yeux brillants.
Moi aussi, bien que je n'aie plus
l'âge.
Nous allons fêter cette victoire, je vais chercher du
champagne.
Ce n'est encore qu'un début de victoire.
J'ai néanmoins
l'impression qu'une fois les plaies complètement vidées, elles se cicatriseront
vite.
Ce traitement, pourtant parfaitement réussi, puisqu'il n'y eut pas
de rechute, me laissa songeur.
Le résultat que j'avais obtenu au premier
essai, sur le blessé de la prison, je l'avais compris.
C'était clair:
l'excès de souffrance de mon compagnon, multiplié par nos conditions un peu
spéciales d'immobilisation, de limitation d'espace, d'isolement dans lesquels
nous nous trouvions, avait déclenché en moi une révolte intérieure, un désir de
combattre, de vaincre à tout prix.
D'où l'instinct avait dégagé le
procédé d'échange: "Tu souffres, tu es vaincu, je prends ta souffrance comme on
prend dans la bataille la place d'un camarade blessé, je m'attribue ton mal, je
me bats pour toi et pour moi, après quoi je rejette ton mal qui ne m'était pas
destiné".
Dans ce cas particulier, ma responsabilité avait donc joué par
voie de décision.
Ce que j'avais réalisé, j'en pouvais aligner les motifs
un par un.
Tandis que, dans la guérison de la gangrène, il n'y avait eu
aucun apport volontaire de ma part: ni physique, ni moral, ni
psychique.
Tout au contraire, je luttais contre la répulsion et le désir
de fuir.
Compte tenu de la pitié que l'on éprouve forcément pour un être
jeune atteint en plein épanouissement, je n'avais réussi à susciter en moi
qu'une concession de principe.
Donc, le contact psychique ayant été nul,
il me fallait reconnaître que le seul fluide de mes mains, indépendamment de
tout autre apport, avait fait évoluer la maladie.
Autrement dit, la peau
avait réactivé la peau.
Ce qui m'ouvrait un nouvel horizon: le semblable
vitalisant son semblable par recours à la similitude.
Ainsi la peau
malade pouvait dire à une peau saine: "Donne-moi ta vitalité", et lui en tracer
le chemin.
La peau saine fournissait alors une émission d'énergie dont
l'autre s'emparait.
Les déductions auxquelles tu te livres, pourraient
être pour toi une source de fortune.
Puisque la peau agit par projection
directe sur la peau, ce ne te serait qu'un jeu de régénérer les peaux marquées
par les soucis quotidiens.
Quelques minutes de traitement de temps à
autre et furie la vieillesse avec ses rides.
- Je t'avoue avoir déjà fait
quelques expériences de ce genre par curiosité.
Je souriais à Reine qui
se prodiguait, allant de l'un à l'autre, offrant des
rafraîchissements.
Mais, en la regardant mieux, quelque chose me gêna
dans son visage, comme une fausse sonorité intérieure.
J'avais déjà
entendu parler, sans m'y intéresser vraiment, de cette étrange manifestation, à
peu de chose près de même nature que l'aura, qu'on appelle le "masque
agissant".
Il varie selon l'état psychique de l'être dont il représente
l'avenir proche.
De même que le son va moins vite que la lumière et que
le tonnerre vient après l'éclair, quand nous amorçons une réalisation dans notre
existence, c'est après-coup.
Chez les inconscients, les inertes, les
brutes, le masque restait identique au visage, collé en épaisseur à la
chair.
J'étais si bouleversé que rien ne me vint à l'esprit, à dire ou à
faire.
Je donnerais volontiers ma vie pour elle, dis-je.
Tiens-moi
au courant de la moindre fluctuation.
Une fois rentré chez moi, je fis ce
que les présences étrangères m'avaient empêché de faire.
Je pris
mentalement Reine dans mes bras et l'embrassai avec force comme lorsqu'elle
était petite.
Puis je la remis sur son lit d'hôpital et m'efforçai de
considérer son état objectivement.
Son corps physique inanimé se
dissolvait dans ma mémoire mais je distinguais parfaitement son corps subtil,
tout élan et transparence, l'innocence même.
Ma méditation fit de Reine
un cristal de résonance traversé par une douceur fluide au goût d'illimité,
s'évaporant, se diluant, puis resserrant le contact.
Je sus par là que
l'énergie émise par mon affection pour Reine avait touché en elle un centre
correspondant.
Je lui dis alors, en toute intensité: "Vis de ma vie,
petite bien- aimée, et que mon souffle soit ton souffle".
Puis je tombai
dans un sommeil sans fond.
Je sortis de ce mystérieux sommeil dans un
état d'épuisement total, comme si l'on m'avait vidé moi-même de mon
sang.
J'eus à peine la force d'atteindre le téléphone.
Je te
rappellerai tout à l'heure.
Elle a eu de nouvelles hémoptysies,
extrêmement violentes.
Je ne l'ai pas quittée une
seconde.
L'hémoptysie se déclenche au moindre
mouvement.
Immobilise-la mais sans qu'elle en éprouve d'angoisse car elle
se débattrait.
Emmène-là dans le monde auquel tu crois.
Puisque
Reine avait senti mon affection, puisqu'elle était déjà sortie du coma sur mes
supplications, c'est qu'elle entendait le langage de ma pensée.
Je fixai
mon attention sur sa pensée jusqu'à ce que je sentisse un déclic extrêmement
léger prouvant que nous changions de terrain.
Alors je dessinai
mentalement dans son lit la forme exacte de son corps, en suivant étroitement
ses contours.
Puis je creusai la place de ce corps comme font les enfants
qui jouent au sable.
Reine se tenait donc insérée en quelque sorte à
cette place et entourée d'un relief.
Je lui expliquai en pensée que, si
elle sortait de ce relief, ou si, même, elle se mouvait à l'intérieur, cela me
ferait perdre le combat pour sa vie.
Je lui ris jurer mentalement qu'elle
garderait une immobilité de statue.
Je recommençai le soir suivant, de
façon moins stricte.
Le subconscient de Reine, s'étant pénétré de
l'importance de l'immobilité, obéirait de lui-même.
La troisième nuit
s'écoula également sans encombre.
Reine et moi étions parfaitement
accordés l'un à l'autre.
Le danger imminent est conjuré, me dit mon ami
au téléphone.
Néanmoins elle a encore beaucoup de peine à
respirer.
Dès quelle sera transportable je l'enverrai en sana.
Ne
me laisse pas partir, supplia-t-elle en s'accrochant à ma main.
Je ne
veux pas être loin de vous tous.
Tu n'as qu'à me guérir ici.
Il
est affolé et ne veut que ce que veulent les docteurs.
Je ne partirai
pas, je te le jure.
Ou sinon, j'irai plus mal exprès.
Aucun
raisonnement ne prévalut contre cette obstination.
Donne-moi seulement
trois semaines pour sortir Reine de ce mauvais pas.
Mais, jusque là, ne
parle plus de déplacement.
Si elle n'est pas guérie dans trois semaines à
partir d'aujourd'hui, je n'insisterai pas.
Il est jaloux et se méfie de
toi comme de la peste.
Dis-lui que Reine a choisi d'emblée.
C'est
à elle de décider de sa propre vie.
Je les distinguais bien mieux que sur
les radios car, moi, je les voyais tels qu'ils étaient, avec leur
couleur.
Pendant des heures et des heures, mettant mentalement mes
poumons dans le thorax de Reine, je respirai lentement, avec mille précautions,
pour éviter la douleur, dosant soigneusement la légèreté d'entrée de
l'air.
Pour la revitalisation, je projetais sur Reine le fluide
s'échappant de mes mains tendues, paumes en avant, à hauteur de sa
poitrine.
Enfin, un matin, je sentis que les bords de la caverne
devenaient vivants.
Je ne sais combien d'autres plaies il y eut ainsi à
reboucher mais je terminai tout juste quand arriva le jour fatidique marquant la
fin des trois semaines.
J'embrassai Reine et me tins sur le pas de la
porte tandis qu'elle descendait l'escalier au bras de son père.
Et je
pensais, avec une ambitieuse envie, à cet homme dont j'avais lu les souvenirs,
qui, ne parvenant plus à soulager en particulier tous ceux qui venaient le
supplier, les groupait et les guérissait en bloc.
Donc la souffrance
était bien une entité presque indépendante de l'individu qu'elle
gouvernait.
Je me trouvais, par l'effet de cette "intolérable douleur",
devant un seuil dont elle était le gardien.
En effleurant mon cerveau
douloureux, cette pensée fit jaillir une timide étincelle qui brilla l'espace
d'un quantième de seconde, vite éteinte par un élancement aigu.
Il
devenait évident qu'un signal de départ avait été donné.
J'aspirai l'air
aussi profondément que je pus afin de dégager ma pensée des brumes.
L'air
n'entrait pas dans mes poumons.
C'était autre chose, c'était la lueur de
cette nuit.
En sentir le contact, quoi qu'il dût m'en coûter.
Je
ne pouvais plus vivre sans cela: mon désir irraisonné tournait à
l'hypnose.
Au temps du bonheur vécu, la chère voix si tendre me disait le
soir: "Viens!
Ne nous privons pas de cette merveille".
Et nous
nous étendions côte à côte sur la terrasse, nos mains s'étreignant dans le
silence, cependant qu'au-dessus de nous la Voie Lactée étendait son
vertige.
Le son de cette voix retrouvée me galvanisa.
Je ne sus
plus qui j'étais ni le nom de ma maladie.
Me tournant à grand peine, je
me laissai glisser au bas de mon lit.
Puis je rampai jusqu'à la
terrasse.
Un incoercible désir s'étant substitué à la douleur, la
paralysie de mon côté gauche ne faisait plus partie de mon corps.
Comme
le juge procède à la reconstitution du crime, il me fallait reconstituer le
bonheur perdu.
Ayant atteint la terrasse, je parvins à m'y mettre à
genoux en m'accrochant à la rambarde.
Cela me força seulement à me rendre
compte que ma tête, à cause des fractures cervicales, demeurait baissée, menton
vissé contre ma poitrine comme par des écrous.
Regarder les étoiles était
hors de question.
Je devais, en toute bonne foi, m'avouer
vaincu.
Alors je m'écroulai par terre, anéanti, dans la pose forcée des
prosternations, visage au sol sur lequel tombaient mes larmes.
A chacun
des sanglots qui me secouaient une lame me transperçait.
Masse informe,
engloutie par le malheur, qu'avais-je donc cherché, espéré qui m'eût sauvé de ce
déchirement?
J'étais le mollusque dont un enfant inconscient sépare les
membres et qui n'est plus que rétraction.
Faites, oh faites que je puisse
lever la tête vers les étoiles et voir le ciel!
Délivrez-moi pour que je
boive sa lumière!
Mon corps devint une transparence qui se mua en
légèreté.
Je me redressai lentement et fus debout comme si un fer de
lance me maintenait rigide.
Malgré ses blessures, mon cou l'entraîna en
arrière.
Ce visage, je sus qu'en dépit de sa détresse il ne reflétait
plus que l'ineffable douceur de la grâce.
Le temps qui passait rejoignait
l'aube.
Qu'il se prolonge, ce temps béni, jusqu'à mon dernier
souffle.
Différentes, les forces de la terre
m'investissaient.
J'étais un noeud de ces forces.
Et ce fut en
traversant d'un pas assuré la région surnaturelle que je retournai m'étendre
dans mon lit.
Entourée de lumière, l'action, quelle qu'elle soit, devient
pierre précieuse.
Or, la lumière m'avait projeté dans son illimité et
transformé en centre d'éclatement.
Elle serait la réponse à toutes les
interrogations, la guérison de toutes les blessures.
Comment n'avais-je
jamais pensé à cela?
Comment ne l'avais-je pas compris, n'en avais-je pas
tenu compte?
La lumière prodiguait ses richesses et je ne savais pas que
c'étaient des richesses parce que je n'avais jamais eu l'occasion d'écouter son
langage.
C'était elle l'immensité à découvrir.
L'itinéraire était
tracé : la même route que précédemment.
Les ondes lumineuses pouvaient se
projeter au même titre que les ondes magnétiques et elles étaient
inépuisables.
Mais ce qui me bouleversait, moi, c'était de me dire que la
pensée pouvait les diriger.
J'obtins des résultats pour des malades
habitant à des centaines de kilomètres, qui ne m'avaient jamais vu et ne
savaient pas qu'ils étaient traités, bien qu'en général je me russe interdit
quelque action que ce fût sans l'accord complet du malade - le malade sain
d'esprit bien entendu.
Elle devait rester sensible toute ma vie, prête à
se réveiller au moindre choc.., ou à la moindre pensée.
Lumières et
couleurs ont sur tout être une influence prépondérante de vie et de
mort.
Le Rayon Mental Thérapeutique, auquel nous vous proposons de vous
initier aujourd'hui, fait partie d'une des sciences les plus antiques du monde:
la Science Solaire, réservée autrefois aux seuls initiés.
Les sages, qui
la possédaient et la maniaient, se montraient particulièrement habiles dans
l'art sacré de prévenir la souffrance et de guérir la maladie.
Acceptons
le fait que la lumière soit "le principe régissant toutes nos
activités".
Nous pouvons nous servir de la lumière spirituelle au même
titre que la lumière matérielle, (si l'on peut toutefois oser employer ce mot de
"matériel" pour une pareille conquête).
Un travail très simple va vous
l'apprendre.
Toutefois, deux conceptions de la lumière devront être mises
au point avant que débute le travail.
Ce travail auquel nous nous
référons ici est le travail sur soi.
Après quoi, vous seront enseignées
les prémices du travail sur les autres, celui qui régénère et
guérit.
Nous aurons donc divers résultats à obtenir en utilisant la
puissance de la lumière.
Or, il est évident que se servir d'un élément
implique le fait de posséder les instruments adéquats à l'objectif
poursuivi.
On distingue deux catégories de lumière: la lumière
phénoménale, telle que nous la concevons, dans la vie courante, et la lumière
nouméale qui serait, en principe, virtuelle et porteuse de
l'Esprit.
C'est cette lumière que, palier par palier, nous allons
analyser clairement afin de parvenir à nous l'agréger.
Dites-vous donc
que vous commencez une nouvelle vie qui vous enrichira et vous ouvrira tout
grand, non seulement un seuil, mais un ciel tout entier.
Pour commencer
il sera préférable d'être dehors, au grand air.
Mais, si vous ne pouvez
faire autrement, restez chez vous dans une pièce bien éclairée.
Quand
nous parlons d'éclairage c'est toujours, bien entendu, celui de la lumière
solaire.
Ce qu'il vous faut pour le moment c'est observer, puis ressentir
ce qui va se passer.
Ne vous agitez pas, ni physiquement, ni
mentalement.
Il vous suffira d'y penser et de l'appeler.
Elle
commencera par baigner votre visage, elle traversera vos cheveux, puis elle
s'efforcera d'adhérer à votre corps à travers les tissus de
protection.
Vous aurez l'impression de l'absorber tandis qu'elle-même
vous absorbera.
Quand vous sentirez que vous êtes en parfait accord avec
elle, il vous faudra apprendre à la délimiter.
Ce n'est qu'une illusion
car les ondes lumineuses peuvent, en réalité, se superposer, s'étendre et se
mêler.
C'est un univers en perpétuelle création.
Mais nous n'en
sommes pas encore là.
Vous avez déjà ressenti la lumière sur votre
corps.
Mas ne respirez pas distraitement comme vous avez l'habitude de le
faire, car, le plus souvent, vous respirez autour de la lumière.
Vous
voilà déjà au point où vous pouvez l'aspirer carrément, devenir propriétaire à
part entière de la lumière qui vous baigne.
En aspirant profondément,
fixez votre pensée sur le fait que vous intégrez de la lumière et pas seulement
de l'air.
Pour l'instant elle est transparente et vous rares figure de
simple postulant.
Certaines personnes ont besoin de plusieurs jours
d'exercices pour se rendre compte de ce qui leur arrive.
Pour d'autres,
c'est plus simple.
Grâce à cette prise de conscience, certains
parviennent tout de suite à mettre au point l'utilisation pratique.
Cela
dépend uniquement de leur forme d'intellect.
pouvons garantir, c'est que
les aspirations profondes, jointes à une méticuleuse observation du résultat
provoqué, susciteront en vous une euphorie qui vous fera peut-être soupçonner
une ivresse.
Après cet exercice, vous devez sentir la lumière agissante
jusqu'au bout de vos doigts.
Voici que se dégagent des vibrations
inattendues.
C'est une espèce d'électricité qui parcourt votre
corps.
Voilà le moment de créer et recréer volontairement cette
impression qui, lorsque vous en aurez pris l'habitude, deviendra votre
instrument indispensable.
Vous avez donc pris conscience de la lumière en
vous.
Maintenant vous allez lui rendre la liberté de se manifester par
ondes lumineuses.
Il est nécessaire de vous préciser que, dans la lumière
polarisée, les ondes lumineuses s'établissent en sens progressif.
Les
sons et les couleurs sont des instruments de précision bien que vous les maniez
encore inconsciemment comme l'enfant à qui on a donné un crayon pour la première
fois.
Mais, là, ce sont des instruments de précision que nous ne pouvons
manier utilement que sous le contrôle de la pensée.
Et la pensée, pour
ordonner juste doit remplir deux obligations: hauteur et
concentration.
Elle n'atteindra seulement alors son équilibre, qui est
l'intériorisation absolue, une nécessité menant l'autre.
La pensée est
alors la fibre conductrice.
Passons à la réalisation des exercices :
adjugeons-nous le bleu d'abord: le bleu d'un ciel pur.
Ce langage,
commençons à le déchiffrer directement sur le malade.
Accepter autour de
soi cette lumière invincible aide à monter et à planer sans qu'il soit toutefois
nécessaire d'abandonner ses responsabilités.
Une fois rétablies autour du
malade les vibrations qu'il souhaite, sa souffrance disparaît.
Tout
d'abord, par voie d'observation aiguë et continue, détectez quel rayonnement est
celui de ce malade, et la catégorie de lumière qu'il appelle, même
inconsciemment.
Les glandes sont de couleurs diverses, tirant en général
sur un rose, qui vade comme un arc-en-ciel suivant les réactions du
malade.
Le ventre est la partie extrêmement délicate qui pose des
problèmes.
Car, bien que considéré comme des organes moins nobles, plus
négligeables, les intestins constituent en réalité un piège sérieux pour
l'équilibre du corps.
Tant de traitements l'ont déçus, tant d'idées
nouvelles se sont projetées dans son univers sans obtenir de
résultats...
Il nous servira à sortir du corps du malade l'organe atteint
sans que le malade s'en aperçoive, comme fait le chirurgien, à traiter cet
organe hors du corps, à le revigorer ainsi que la place où il était, qu'il faut
vivifier à toutes fins utiles, puis à replacer cet organe à la place qu'il
occupait.
J'ai regroupé dans cette annexe les notes éparses des "Secrets
de l'énergie" qui éclaireront le chemin du chercheur sur le
"comment".
Mais le don de soi s'explique-t-il?
Ce serait une
condition essentielle, pour bien concevoir l'étatlumière et en façonner mes
connaissances, de devenir moi-même lumière et rien que cela.
Des
exercices s'imposeraient, je ne savais pas encore lesquels mais je comptais sur
mon ardent désir d'être initié à cette science pour que se présentent
d'eux-mêmes les problèmes avec la solution dont découlerait plus tard une
méthode accessible à tous.
L'atmosphère préparatoire devrait être sans
conteste, le SILENCE: super-état de transmission.
Non pas le silence
suppression du bruit - puisque le bruit s'évanouit dès qu'on s'en abstrait -
mais cet impalpable mouvement de lames de fond qui vous entraîne au-delà de
votre propre pensée.
De prime abord ce mouvement prend l'aspect d'un
recul, pourtant on sort de ce vide en enrichissement, le corps pénétré d'une
étrange clarté sans délimitation.
Pénétration lumineuse est l'expression
la plus proche de cette connaissance fastueuse.
L'extraordinaire silence
se révèle bientôt comme l'agent de liaison entre matière et
non-matière.
On n'entend rien, on ne voit rien, on n'éprouve rien,
pourtant on est comblé, approfondi, transmuté.
Et nous en arrivons à la
pensée s'exprimant sans pensée, comme une ouverture sur la vie de
l'âme.
A la suite de quoi, l'émerveillement devenant actif s'assimile à
l'esprit comme la lumière au corps: lumière agissante, dirigée, inspirée en même
temps qu'humanisée.
L'esprit emprunte à la lumière sa légèreté et sa
force, l'une et l'autre comme l'une dans l'autre traversant la matière et la
sculptant.
captivité des pesanteurs si conformes à celle de la
souffrance.
Ce que j'appelais la "lumière du silence" exigeait, pour se
manifester autrement qu'en impondérable, l'apport intégral de la personnalité,
une volonté déterminée, l'offre totale du moi.
Pour tout dire: le contrat
d'association irrémissible.
Si toutes ces conditions n'étaient pas
remplies, la couleur appelée ne produirait qu'une impression diffuse.
Le
diffus ne pouvait avoir droit de cité, sauf dans des circonstances très
secondaires.
Une profonde concentration s'imposait pour maintenir liées
entre elles les impressions fugaces - la concentration jouant un rôle
disciplinaire.
C'est grâce à elle qu'on pourrait assigner, dans
l'immensité d'état qu'offrait la lumière, une fixation concrète au rayon
coloré.
-oOo-Je ne saurais compter les jours et les nuits d'attente
stérile.
Jusqu'au jour où, réalisant que l'avenir était complètement
bouché, je me dis que je faisais fausse route et décidai de faire appel au
passé.
Comment étais-je parvenu à traiter la douleur d'autrui?
Par
voie d'intégration, sous une forme ou une autre.
Comme il y avait
similitude entre la douleur et les ténèbres, j'emploierais le même procédé pour
atteindre la lumière, qui était joie et guérison.
Je me laisserais couler
dans les ténèbres jusqu'à dissolution.
Sans doute fut-ce pour avoir
mentalement opté pour cette décision qu'un soir, m'endormant, hanté comme
d'habitude par mon problème, je me sentis glisser dans l'épaisseur ouatée d'une
lumière blanche.
Du centre de gravité que je représentais à mon insu
partirent des rayons de couleurs multiples qui se décomposèrent, ondulèrent et
s'entremêlèrent pour se diviser à nouveau.
Comme toujours la découverte
se réalisait en dehors du chercheur.
J'eus pour première préoccupation de
faire pénétrer en moi cette lumière qui m'hospitalisait.
Elle se forma en
éventail, transparent d'abord puis d'une éclatante splendeur.
Je répétai
plusieurs fois de suite cette expérience lumineuse.
suscitait, de les
adapter à une thérapeutique mentale.
Un nouvel exercice me fut suggéré,
qui avait pour but de développer mes capacités dans ce domaine.
Dès le
réveil, je projetais une fusée mentale aussi loin et aussi haut que
possible.
Puis, l'effort m'ayant épuisé, je me laissais aller,
complètement décontracté, l'esprit vide.
Je sentais alors une retombée
d'étincelles piqueter mon corps en joyeux aiguillons.
Et cela déclenchait
en moi le regain immédiat d'action.
A reprendre cette gymnastique tous
les matins, il arriva qu'au bout de quelques semaines d'entraînement mon corps
et mon esprit s'étaient sensibilisés à tel point qu'ils détectaient d'office la
moindre radiation, la plus petite luminosité émises par un autre corps ou un
autre esprit.
A quoi s'ajoutait la capacité instinctive d'en décoder le
langage.
Si j'évoquais un être en réaction colorée, sa réaction physique
ou mentale me revenait instantanément comme la fleur envoie sa couleur au regard
qui la découvre.
L'intérêt de cette réaction est que cela me permettait
de déceler tant ce qui affectait un individu que ce dont il était
menacé.
Et cela par simple altération de teintes.
Le problème
majeur demeurait, qui était d'établir une méthode de travail et d'en énumérer
les règles.
Projeter un rayon coloré dans une direction donnée, selon une
vitesse précise et la densité adaptée au cas particulier, je m'en sentais
capable maintenant.
Un effort de pensée soutenu par la décision
intérieure me suffisait amplement.
En voici le processus: il fallait
évoquer le malade en question, soit en corps physique si je le connaissais, soit
dans son corps subtil - ce qui, étant donné mon tempérament, m'était plus
agréable - et le soumettre à de légers picotements de couleurs diverses, tout en
observant attentivement ses réactions successives pour chaque
couleur.
Sitôt que l'un de ces attouchements me paraissait bien
accueilli, il arrivait même que la couleur fût immédiatement maintenue en place
par l'instinct de conservation du malade - je décantais cette couleur de son
environnement et j'en assurais un contact continu avec le point de souffrance ou
la lésion.
Ceci sans me départir une seconde de l'observation la plus
attentive.
Car c'était l'observation minutieuse du détail inattendu qui
garantissait la réussite.
de longue haleine, il me fallait préparer le
terrain.
La préparation du terrain est aussi nécessaire que le labour
avant les semailles.
Si le travail préparatoire a bien été exécuté, le
malade n'aura plus besoin d'une tierce personne.
|