Voici la formule
complète d’Emile Coué :
« Dites-vous bien maintenant que toutes
les paroles que je vais prononcer vont se fixer dans votre cerveau, s'y
imprimer, s'y graver, s'y incruster, qu'il faut qu'elles y restent toujours
fixées, imprimées, incrustées, et que, sans que vous le vouliez, sans que vous
le sachiez, d'une façon tout à fait inconsciente de votre part, votre organisme
et vous-même devrez y obéir.
Je vous dis d'abord que, tous
les jours, trois fois par jour, le matin, à midi, le soir, à l'heure des repas,
vous aurez faim, c'est-à-dire que vous éprouverez cette sensation agréable qui
fait penser et dire : 'Oh ! que je mangerais donc avec plaisir !' Vous mangerez
en effet avec plaisir et grand plaisir sans toutefois trop manger. Mais vous
aurez soin de mastiquer longtemps vos aliments de façon à les transformer en une
espèce de pâte molle que vous avalerez.
Dans ces conditions, vous
digérerez bien et vous ne ressentirez, ni dans l'estomac, ni dans l'intestin,
aucune gêne, aucun malaise, aucune douleur, de quelque nature que ce soit.
L'assimilation se fera bien, et votre organisme profitera de tous vos aliments
pour en faire du sang, du muscle, de la force, de l'énergie, de la vie, en un
mot.
Puisque vous aurez bien digéré,
la fonction intestinale s'accomplira normalement et tous les matins, en vous
levant, vous éprouverez le besoin d'évacuer et, sans avoir jamais besoin
d'employer aucun médicament, de recourir à un artifice quel qu'il soit, vous
obtiendrez un résultat normal et satisfaisant.
De plus, toutes les nuits, à
partir du moment où vous désirerez vous endormir jusqu'au moment où vous
désirerez vous éveiller le lendemain matin, vous dormirez d'un sommeil profond,
calme, tranquille, pendant lequel vous n'aurez pas de cauchemars, et au sortir
duquel vous serez tout à fait bien portant, tout à fait dispos.
D'un autre côté, s'il vous
arrive quelquefois d'être triste, d'être sombre, de vous faire de l'ennui, de
broyer du noir, à partir de maintenant il n'en sera plus ainsi, et au lieu
d'être triste, sombre, au lieu de vous faire du chagrin, de broyer du noir, vous
serez gai, bien gai, gai sans raison, c'est possible, mais gai tout de même,
comme il pouvait vous arriver d'être triste sans raison .
Je dirai plus : même si
vous avez des raisons vraies, des raisons réelles de vous faire de l'ennui et du
chagrin, vous ne vous en ferez pas.
S'il vous arrive parfois
d'avoir des mouvements d'impatience ou de colère, ces mouvements, vous ne les
aurez plus ; vous serez, au contraire, toujours patient, toujours maître de
vous-même, et les choses qui vous ennuyaient, vous agaçaient, vous irritaient,
vous laisseront dorénavant absolument indifférent et calme, très
calme.
Si quelquefois vous êtes
assailli, poursuivi, hanté par des idées mauvaises et malsaines pour vous, par
des craintes, des frayeurs, des phobies, des tentations, des rancunes, j'entends
que tout cela s'éloigne peu à peu des yeux de votre imagination et semble se
fondre, se perdre comme dans un nuage lointain où tout doit finir par
disparaître complètement. Comme un songe s'évanouit au réveil, ainsi
disparaîtront toutes ces vaines images.
J'ajoute que tous vos organes
fonctionnent bien ; le cœur bat normalement et la circulation du sang s'effectue
comme elle doit s'effectuer ; les poumons fonctionnent bien ; l'estomac,
l'intestin, le foie, la vésicule biliaire, les reins, la vessie, remplissent
normalement leurs fonctions. Si l'un d'entre eux fonctionne actuellement d'une
façon anormale, cette anomalie disparaît un peu chaque jour, de telle sorte que,
dans un temps peu éloigné, elle aura disparu complètement, et cet organe aura
repris sa fonction normale.
De plus, s'il existe quelques
lésions dans l'un d'eux, ses lésions se cicatrisent de jour en jour, et elles
seront rapidement guéries.
J'ajoute encore ceci, et c'est
une chose extrêmement importante : si, jusqu'à présent, vous avez éprouvé
vis-à-vis de vous-même une certaine défiance, je vous dis que cette défiance
disparaît peu à peu pour faire place, au contraire, à de la confiance en
vous-même, fondée sur cette force d'une puissance incalculable qui est en chacun
de nous. Et cette confiance est une chose absolument indispensable à tout être
humain.
Sans confiance en soi, on
n'arrive jamais à rien, avec de la confiance en soi, on peut arriver à tout
(dans le domaine des choses raisonnables, bien entendu). Vous prenez donc
confiance en vous, et la confiance vous donne la certitude que vous êtes capable
de faire non seulement bien, mais même très bien toutes les choses que vous
désirez faire, à la condition qu'elles soient raisonnables, toutes les choses
aussi qu'il est en votre devoir de faire.
Donc, lorsque vous désirerez
faire quelque chose de raisonnable, lorsque vous aurez à faire une chose qu'il
est de votre devoir de faire, pensez toujours que cette chose est facile. Que
les mots : difficile, impossible, je ne peux pas ; c'est plus fort que moi, je
ne peux pas m'empêcher de... disparaissent de votre vocabulaire, ils ne sont pas
français. Ce qui est français, c'est : c'est facile et je peux.
Si vous considérez la
chose comme facile, elle le devient pour vous alors qu'elle semblerait difficile
aux autres, et cette chose, vous la faites vite, vous la faites bien, vous la
faites aussi sans fatigue, parce que vous l'aurez faite sans effort. Tandis que
si vous l'aviez considérée comme difficile ou impossible, elle le serait devenue
pour vous, tout simplement parce que vous l'auriez considérée comme telle. (Ici
Coué suggérait que le suggestionneur introduise les suggestions spécifiques du
cas qu'il a à traiter.)
En somme, j'entends qu'à tous
points de vue, tant au point de vue physique qu'au point de vue moral, vous
jouissiez d'une excellente santé, d'une santé meilleure que celle dont vous avez
pu jouir jusqu'à présent. Maintenant, je vais compter jusqu'à 'trois' et quand
je dirai 'trois', vous ouvrirez les yeux et sortirez de l'état où vous êtes, et
vous en sortirez bien tranquillement ; en en sortant, vous ne serez pas
engourdi, pas fatigué le moins du monde, tout au contraire, vous vous sentirez
fort, vigoureux, alerte, dispos, plein de vie ; de plus, vous serez gai, bien
gai et bien portant sous tous rapports. Un, deux, trois. »
(Emile COUÉ, la Maîtrise de
soi-même, à lire dans notre bibliothèque)